CHAPITRE II. — LES GUERRES COSAQUES
Privé de soncoadjateur, Sielawa confia le gouvernement du diocèse métropolitain à Kolenda^ Fuyantdevantles Moscovites, qui avaient brûlé ses deux cathédrales deVilna et de Nowogrodek, il se faisait traîner de village en village, pour trouver un abri ;et, quand il se croyait en sûreté, rapproche de Tennemi le forçait à reprendre le lendemain sa course. Il était arrivé à, Tykocin, en Podlachie, à Textrême limite de son diocèse^ lorsque la mort mitenfin un terme à ses souffrances (1655) '.
L'évoque de Wlodimir, Joseph Bakowiecki, avait devancé le métropolite dans la tombe. Dans ses derniers jours, il avait eu la douleur de voir piller le magnifique trésor de sa cathédrale. Sielawa lui avait donné pour successeur Jean-Michel Pociey. petit-fils du métropolite Hypace. En même temps, Tarchevéque André Zloty Kwasniewski, chassé de Smolensk, prenait Tadministration de l'Église de Pinsk ; mais ces deux prélats étaient dans leurs diocèses comme en pays ennemi, toujours poursuivis, toujours exposés à la mort.
Le vaillant évêque de Przemysl, Athanase Krupecki, avait enfin reçu la récompense de plus de quarante années de travaux. En mourant, il avait eu au moins la consolation de laisser son bâton pastoral à un homme de son choix, Procope Chmielewski. L'évêque schismatique Winnicki parvint cependant k s'emparer momentanément de tout le diocèse, et même de réglise où le corps d' Athanase Krupecki attendait la sépulture. Il fit jeter à la hâte ces restes vénérables dans un cer« cueil; et, comme la bière se trouva trop petite, on brisa les membres du vétéran de TUnion, pour les y faire entrer.
Dieu se chargea de rendre à la dépouille du saint évéque les honneurs que les hommes lui refusaient. A quelque temps de là, cette église fut entièrement consumée par un incendie. Le tombeau de Krupecki resta seul intact. Chmielewski parvint plus tard à rebâtir cette église ; et souvent on y entendit des concerts angéliques, au-dessus du sépulcre du défenseur de rUnion. Un jour même de TEpiphanie, devant une nombreuse assistance, ces chants célestes couvrirent complètement la voix des clercs, pendant le saint sacrifice ^
1. Theiner, Monum. Polon., t. III, p. 489. Susza, Delaboribus Unilorum, p. 336.