‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 209 sur 316 · CHAPITRE n. — LES GUElkASS COSAQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — LES GUElkASS COSAQUES

Us comblent Kolenda de marques de respect et lui donnent une forte escorte^ pour le conduire auprès de Charles-GustaTe.

L'archevêque, ainsi protégé, franchit tous les passages dangereux, et les saintes reliques, dont il était le dépositaire, sont gardées par ces soldats hérétiques qui devaient, selon toute apparence, les profaner et les détruire. Avant d'arriver att quartier général de Charles-Gustave, Kolenda parvint à se débarrasser de son escorte, en disant qu'il n'avait plus besoin de guides, étant si près du roi ; et quand les Suédois se furent éloignés, il tourna bride du côté de la Samogilie, otL la noblesse s'était soulevée pour la défense de Jean-Casimir. Ces généreux efforts n'avaient pas été couronnés de succès ; el, à ce moment, les confédérés étaient complètement découragés en voyant les Suédois partout victorieux. A. l'arrivée des reliques de saint Josaphat dans la province, on remarqua un revirement soudain de fortune. Sans aucun encouragement extérieur, les Polonais reprirent les armes; l'ennemi, sûr de lui-même jusqu'à cette heure, parut subitement déconcerté, et la province fut bientôt débarrassée de sa présence.

Ce séjour en Samogitie ne fut qu'une étape du périlleux ▼oyage de Kolenda. Contraint bientôt de reprendre sa course, il erra à travers la Pologne, changeantfréquemment d'abri. La forteresse de Zamosc lui prêta pendant quelque temps un asile ; une autre fois, il rencontra sous Varsovie l'armée de Jean-Ca* simir^ au milieu de laquelle il fut reçu avec acclamation, à cause du saint dépôt qu'il amenait avec lui. Cette vie errante et pleine de périls dura près de six années.

La Pologne devait succomber sous les coups de tant d'ennemis ; deux ou trois forteresses à peine tenaient encore pour le roi légitime, lorsque tout à coup de Tune d'elles, la plus petite de toutes, partit le signal du salut Dans le Palatinat de Kalisz, à quelques lieues de la frontière polonaise du côté de la Silésie, on aperçoit au-dessus de la Wartha, sur une colline appelée Jasna-Gora (Clairmont) une église, surmontée d'une haute tour. Depuis Tan 1382 on vénérait dans ce lieu une image de la sainte Vierge, peinte, dit-on, par saint Luc, qui porte sur la joue la trace de deux plaies sanglantes, ouvertes, raconte la tradition, par le sabre des hussites. Des moines pauliniens desservaient ce sanctuaire déjà célèbre dans toute la Pologne sous le nom de Notre-Dame-de-Czenstochowa. Une petite

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ville s'était formée autour de leur monastère ; Sigismond lll ei Ladislas IV Favaient fortifiée; et le prieur était à la fois chef df lit double garnison spirituelle et militaire de la citadelle de Marie, « prxfeciusprxsidii militaris et spiriiualis arcû Czm <r tochowanss >.

Vers la fin de Tété de 1656, huit mille Suédois parurent devant la place avec une formidable artillerie. Laforteressecoih hnaitâi peine quatre cents hommes en état de porter les armes; mais le prieur, Augustin Kordecki, était un héros. Appuyés» la protection de Marie, il veut sauver Tun des derniers boa levards de la Pologne. Pendant plus de cinq mois il tient télé ù l'ennemi, et sans interrompre un seul jour Tofflee divin et k service du sanctuaire, il prend avec ses moines la plus rode part de la défense. Le 8 septembre, pendant que les assiég» cijïèbrent la fête de la Nativité de la sainte Vierge, les Suédois tancent 300 obus contre la forteresse. Kordecki leur répoiî t^u ajoutant une procession du Saint-Sacrement aux solennités ^accoutumées en ce jour; et quand Tennemi donne l'assaiitl i;i citadelle, il fait monter sur la tour les chantres de Tégiise, i\\il entonnent une hymne à la sainte Vierge pour appeler te b^^cours du ciel et animer les combattants. Un iustanl, les juoines eux-mêmes parlent de capituler. Kordecki relève tes courage en leur montrant que le salut de la Pologne déped de leur résistance. Vaincus par un moine et une poignée df soldats, les Suédois durent lever le siège, en apprenant que h fortune tournait contre leur roi .

L'héroïsme des défenseurs de Czenstochowa avait réveillé te st^ntiment national et religieux dans Tâme de quelques sa* f;peurs, qui se confédérèrent à Tyszovsrec, pour ladéfensede la foi catholique, des lois et de la liberté de la Pologne. Le roi. aidé d'un secours d'argent venu de France, rentra dans te luyaume à la tète d'une petite armée ; et, préludant à la guerre par un acte de réparation, le l**" avril 1656, il consacrait daas la cathédrale de Léopol sa personne et son royaume à la très sainte Vierge Marie. « Comme je vois parfaitement, disait-il ei " «adressant à la Mère de Dieu, que les fléaux de la peste, de a la guerre et tant d'autres maux, qui affligent mon royaume y- depuis sept ans , ont été envoyés par un juste jugement de

votre Fils, a cause de l'oppression des gens du peuple, je - promets et je fais vœu de prendre, avec tous les ordres de

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