CHAPITRE U. — LES GUKRRES COSAQUES
« royaume, aussitôt que la paix sera coocluef les mesure» « nécessaires pour que le peuple de mon royaume soit débar- « rassé de l'oppression et de toute charge injuste ^ i
L'étoile de Charles-Gustave pâlit aussitôt ; non seulement tous les seigneurs polonais ralliés à sa cause le quittent Tun après lautre, mais Bogdan Chmielnicki et le czar hésitent à continuer la guerre. Le l*' juillet 1655, Jean-Casimir rentre dans Varsovie. Charles-Gustave propose alors le partage de la Pologne à tous ses alliés de la veille. Le palatin de Transylvanie, Rakoczy, et Télecteur Frédéric-Guillaume, le vassal félon, acceptent seuls. Jean-Casimir est encore une fois chassé de sa capitale ; mais,*à ce moment, les Moscovites se jettent sur les provinces suédoises de la Baltique. Le czar Alexis voulait loucher à la mer et conquérir des ports, pour communiquer librement avec l'Occident. Cette heureuse diversion dégage d'uû côté la Pologne. La Hollande et TEmpire se déclarent pour elle, et le Danemark envahit la Suède. Jean-Casimir, reconnaissant dans ces succès inespérés Tintervenlion de Marie, vint en rendre grâces à Notre-Dame-de-Czenstochowa et lui décerna le titre de reine de Pologne, qu'elle porte toujours depuis deux siècles.
En juillet 1657, deux ans, presque jour pour jour, après son injuste et victorieuse agression, Charles-Gustave quitte pour la dernière fois Varsovie, et court à marches forcées au secours de ses Etats. Son allié Rakoczy fuit eu môme temps vers le midi et est écrasé par les troupes polonaises et par les Tartares ; et la Pologne, prenant à son tour TofiFensive, attaque les Suédois en Livonie, en Poméranie, et envoie bientôt l'élite de ses troupes au secours du Danemark, envahi par Charles- Gustave.
La paix ne fut conclue entre les deux couronnes qu'en 1660 ; mais, dès 1658, le roi de Suède ne possédait plus une seule de ses conquêtes en Pologne. Parle traité dOliva, Jean-Casimir renonça au titre de roi de Suède, qu'il portait comme son père et son frère Ladislas, et abandonna ses droits sur la Livonie et TEsthonie, provinces que son ennemi possédait du reste depuis longtemps. 11 perdait peu, et la Suède gagnait moins encore.
1. Rudawski, Ristorianun Poloniœ libin IX, régnante Joanne-Casimiro. Varsoviœ, 1735, p. 241.
SAINT JOSAPHAT. — LIVRE VIlJ
t^Ipuisée par des entreprises au-dessus de ses Torces, elle allait I déctiner rapidement; et, en affaiblissant la Fologne, elle sëMi I Cité k elle-même Tappui de la seule puissance qui pût raiderl 1 défendre ses proTinees de la Baltique contre les convoitisef «k 1 la Moscovie. 1
En 1658, le traité de Velav avait débarrassé la Pologne émà autre ennemi moins puissant, maisplus redoutable pour VunÊ nir. L'électeur de Brandebourg avait consenti à la paÎ3t scmÊÊM c-onditjonde la rupture du lien de vassalité, qui le soumellM à la Pologne comme duc de Prusse. Cette concession, peu impâiJ tante en apparence, était la consécratioQdé6nitive de TodiMa attentai commis au xvi« siècle contre TÉglise et Tordre TeuM nique, pour constituer le premier noyau de ce qui est deTefiu le royaume de Prusse. M
Les rois de Pologne avaient eu le tort de s'en rendre ccnqfl ces et de légitimer cette spoliation. La maison de BrandebaÏM se préparait à leur payer sa dette de rocoonaîssance, en ptdifl quant le partage de leurs Ëtats. ■
Une autre iniquité fut commise, dans Tespérance d'aehëa la paix avec les Cosaques. BogdanChmielniekî était mort (1€S1V| laissauL son autorité partagée entre son fils Georges elundem lieutenants, Jean Wyhowski. Celui-ci, las du Joug des Moscm vîtes, traita avec Jean-Casimir, qui le reconnut comnie heliuil des Cosaques. Wykowski paya cette faveur par une victoire sirl les Moscovites (17 juillet 1658) ; puis il imposa à la Pologne U traité que BogdanChmielnicki lui-même n'aurait pas pu obt^^J
En vertu des pactes d'Hadziacz, conclus le 16 septembre têSiil aux deux nations polonaise et lithuanienne, qui formaient lil République, venait s'adjoindre un troisième membre^ la natMij ruthène ; son territoire serait composé des palatinats de KîewJ Braclawet Czernikow. Elle aurait un chancelier, un maréehall un trésorier, un tribunal suprême, une université, coiniii#llH deux autres nations polonaise et lithuanienne. Sa religion Mh ta Teligion grecque ancienne ^ dont le métropolite et les évèqiJ seraient admis au sénat : le métropolite, après rarchevèqneM Léopol ; les évêques, après les évêques latins de leur eircov» criptioD. I
Les Cosaques daignaient admettre les nobles latins à poJ séder alternativement avec eux les dignités sénatoriales *!f ] Braclaw et de Czernikow ; mais celles de Kiew seraient pos»^|