‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 213 sur 316 · CHAPITRB II. — LES GUERRES COSAQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRB II. — LES GUERRES COSAQUES

avaient marché à rennemi sous la protection de saint Josapbat, •«t s'étaient saluées par aon nom sous le feu des MoscoTÎtea.

Sapieha et Gzarniecki n'hésitèrent pas à renvoyer au saint martyr de rUnion tous les honneurs de la journée, et ils exprimèrent cette persuasion dans le rapport qu'ils adressèrent au roi sur la bataille. Un colonel de l'armée victorieuse vint à Varsovie pour apporter les drapeaux de l'ennemi. Jean-Casimir le reçut dans le Sénat et lui fit lire publiquement la lettre des généraux. Cet ofBcier était schismatique. Ce détail fut remarqué et fit dire que, pour donner un nouvel éclat à la gloire du champion de son Église, Dieu avait voulu faire publier ses louanges parla bouche d'un ennemi. Le roi et la Diète asso- 'Cièrent leurs actions de grâces à celles des généraux ; et il fut arrêté que des instances seraient faites, au nom des trois ordres, pour la canonisation de l'archevêque de Polock ^

Deux autres victoires complétèrent ce triomphe et firent rétrograder les Moscovites vers Smolensk. En même temps,rarmée •de la couronne, dont l'un des principaux chefs était Jean Sobieski, taillait en pièces les 100,000 combattants que le général moscovite Sheremetiev dirigeait en Ukraine, et le 17 octobre, à Gudnow, imposait à une partie des Cosaques une dure •capitulation '.

Lamème année, Polock fut le théâtre d'un événement que nous ne devons pas laisser en oubli. La cathédrale de cette ville possédait une image de la sainte Vierge très vénérée par toute la population ruthène. On disait qu'elle avait été apportée d'Ëdesse, et que saint Alexis l'avait honorée dans cette ville. «Ouelle que fût la valeur de cette tradition, il était certain que

1* Stina, Cursus vitœ S. Josaphat, miracul. iOO. De laboribus unitarum^ ioc. dt. p. 846. — Stebelski, Chronotogion, p. 311. — Rolenda et Sasza font alluflion à ce Cait dans une lettre collective qu^ils adressaient à Clément X,ie 1*' janvier 1671, pour demander la canonisation de S. Josaphut. Ap. Theiner, Monum, Polon, t. JII, p. 591.

2. Theiner, Matium, de AuMte^p. 19. On remarqua, comme nn signe de la protection divine, une énorme disproportion entre les pertes des Cosaques et celles des Polonais dans ces guerres. On estimait à un million et demi le Uiombre des schismatiques qui avaient péri, a Le diable, disaient- « ils eux-mêmes, avait menacé de détruire les Lac?is par cette guerre ; et « Toilà qu'au lieu des Laehs, il a anéanti les Ruthènes x. I>arow8ki, S. J. Bellum Moscoviticum et Cosaticum (1647-1660). God. ms., communiqué par le P. Martinow.

saint Josaphat avait une grande dévotion envers cette sainte image^ et qu'il la regardait comme le palladium de sa ville épi^ copale. Maître de Polock, le czar Alexis s'était emparé de ce\U madone vénérable, et, malgré les murmures du peuple, ii l'avait emportée à Moscou, pour la placer dans l'église di Kremlin ; mais en 1660, les habitants de Polock apprirent qi^ le grand-duc leur renvoyait la sainte image parée de joyaoi magnifiques. L'évéque moscovite, qui s'était emparé de U cathédrale, se rendit k une lieue de la ville avec tout sa clergé, pour recevoir ce précieux dépôt, et le rapporta i Sainte- Sophie, au milieu de la joie du peuple.

Des récits merveilleux circulaient parmi cette populatioi toujours dévouée à l'Union et à saint Josaphat. On racontai que la Madone s'était détachée, une nuit, de la muraille a le czar l'avait suspendue, et qu'elle s'était transportée d elle même à l'autre extrémité de Téglise. Le lendemain, le czar l fit reporter à sa première place. Elle la quitta de nouTeau; et comme le prince s'obstinait à l'y remettre encore, la Mados^ sortit de l'église et vint se poser sous le vestibule. La méa nuit, la sainte Vierge apparut au czar et l'avertit de ne p.i tourmenter plus longtemps sa sainte image et de la renvoy* à Polock, s'il ne voulait pas être frappé de mort. Alexis aval obéi à cet ordre, et les habitants de Polock, en voyant Ici patronne revenir au milieu d'eux, conçurent l'espoir d prochaine délivrance du joug de létranger et des schtsm tiques ^

La Pologne eût pu se délivrer promptement de son derav ennemi ; mais elle ne sut profiter ni de ses victoires, ni de faveurs divines. Le sol n'était pas encore débarrassé des arméa étrangères, et les discordes civiles recommençaient avec furear Laguerre n'était poussée avec quelquevigueur contre laMosoofi que dans les moments de répil laissés par ces dissensions. De deux côtés, on était las d'une lutte sans fin, lorsqu'une nouveH révolution survint en Ukraine et détermina la paix. Les Cosa ques étaient fatigués de la domination moscovite et prévoyaiea que leczarles maintiendrait sous un joug de fer, dès qaHln'aU' rait plus besoin de leurs services contre la Pologne. Pour con server leur indépendance, ils massacrèrent lesenvoyésd*Alexi^

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