‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 216 sur 316 · CHAPITRE in. — LA RUTHÉNiE PACIFIÉB · texte numérisé non relu

CHAPITRE in. — LA RUTHÉNiE PACIFIÉB

dîtioQ et des éclaircissements qu'un Ruthène pouvait seul donner, et sans lesquels certains documents primîtirs resteraient incompris.

Alexandre VII accepta Thommage du livre de Susza. « Josac phat, disait Tauteur dans sa dédicace, en jouant sur les « armoiries du Pontife ', a obtenu de la pieuse bienveillance de « votre illustre prédécesseur Urbain VIII de paraître éclatant cf de lumière, parmi les rangs des bienheureux. Pour deman- « der du secours, il lève de nouveau le cœur et les yeux vers c le roc sacré de Pierre, vers le siège de Votre Sainteté, vers « vos montagnes et vers la lumière d'une puissance éternelle « qui les fait resplendir. Il appelle la couronne sacrée que « votre bienveillance peut lui décerner, Téclat entier de la « gloire des saints. Du haut du ciel, il vous présente lui même « ce modeste ouvrage, et tenant ainsi d'une main l'exemple « de sa vie, de l'autre le mérite de son martyre, il unit ses m instances à celles de tout le vaste royaume de Pologne et de ic la Ruthénie uniate, et vous demande les honneurs de la 8 canonisation '. »

Mélétius Smotrycki ne peut être séparé de Josaphat. La gloire du martyr de l'Union n'est pas complète, quand on n'a pas raconté le prodige de grâce qu'il accomplit par la conversion de son assassin. Pour compléter son œuvre, Susza fit paraître, en 1666, la Vie de Smotrycki; et, par un sentiment de reconnaissance envers Urbain VIII, bienfaiteur signalé de l'Église ruthène, il dédia son nouvel ouvrage au neveu de ce Pontife, le cardinal François Barberini ^. Les archives de la Propagande et les bibliothèques du château Saint-Ange fournirent à Tévêque de Chelm les matériaux de son travail, composé uniquement sur quelques relations de Rutski, Y Apologie de Smotrycki et ses lettres à Urbain VIII. Pour ce livre et même pour la Vie de Josaphit, on peut regretter que Susza

f . La famille Chigi, i laquelle appartenait Alexandre VII, porte sur son ^cuBson sept collines surmontées d'une étoile resplendissante.

S2. Susza, 1. cit. Epist. dedicaL

3. Sauluset Paulus Ruthena Unionis sanguine Beaii Josaphat tram for» .^t%iM^tu$y sive Meleiius Smotriscius archiepiscopus Hierapolitanus^archiman- '^riia Dermanensis ord. S. Basilii Magnij per Jacobum Susza, episcopum pb^lmensem et Belzensem cum S. R E. unitum ejusdem ordiuis. ex ^xi Chris in lucem prolatus. Romee, ex typographia Varesii, mdclxvi.

«AIMT JOSAPHAT. — T. II. 27

SAINT JOSAPHAT. — LIVRE VIll

ait écrit loin de la Ruthéaie, où il eût certainement renconti des pièces que Rome ne pouvait lui fournir. Mais si l'on regretter des lacunes et des imperfections dans ce donbl travail, la critique la plus méticuleuse n*y trouvera rien à n prendre sous le rapport de l'exactitude et de la bonne foi Susza restera toujours au premier rang parmi les écrivaii qui se sont occupés de Thisloire de l'Union.

La publication de ces deux ouvrages ne produisit pas too Teffel que Fauteur pouvait en espérer, et la cause de canoû galion ne fut pas sérieusement reprise. Le grand obstacle étail le manque de ressources. Douze années de guerres atroces avaient enlevé à la Pologne près du tiers de sa population, en fait d'or et d'argent, des sommes incalculables. A pan trouvait on quelques villes ou quelques châteaux qui eussent échappé au pillage des Cosaques, des Moscovites, des Tartam des Transylvaniens, et, par-dessus tout, des Suédois, les phu grands ravageurs de l'époque. Aujourd'hui encore, quand oi rencontre de vieilles ruines en Pologne, le paysan vous dit prei^que toujours qu'elles datent des guerres suédoises. richesse et la puissance de la nation reçurent à cette époque un c!Oup dont elles ne se relevèrent jamais. L'Etat était écmi par une dette énorme, qu'il fallait payer à l'armée ; et lei particuliers rassemblaient à grand'peine quelques débris d» leur ancienne fortune. Personne ne pouvait fournir les somm» nécessaires pour une canonisation.

Cependant Dieu faisait toujours éclater la puissance de sot martyr. Les miracles n'avaient pas cessé durant les pérégriBi» tîons de Kolendaà travers la Pologne, et de nombreux pèlerini venaient visiter lessaintesreliquesdansleurasilemomentané.Ei 1667, la retraite des Moscovites rouvrit à Kolendala route de Po» lockJifîtremonter les diverses piècesdela châsse de saintJosiphat, et partitde Suprasl pour ramener le Saint dansson église. Lr séjour du martyr de l'Union avait été un bienfait pour le monastère qui lui avait servi d'abri; et Kolenda venait d^ moûlrer un courage digne du héros dont il était le gardien. Li palatin de Vilna, Chodkiewicz. patron de l'archimaudrie dfr Suprasl, l'avait conférée au métropolite, mais avec l'intentiot de s'approprier une partie de la dotation de ce monastère. Kolenda protesta énergiquement contre cette iniquité. Chodkiewicz ne tint pas compte de ses réclamations, et continiia

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