‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 217 sur 316 · CHAPITRE UI. — LA RUTHÉNIK PACIFIÉE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI. — LA RUTHÉNIK PACIFIÉE

•d'administrer les domaines de Suprasl comme un mattre qui n'avait aucun souci du Jendemain. Le métropolite protesta de nouveau. Le patron lui répondait par des menaces. Enfin un jour^ outré de colère et pris de vin, Chodkiewicz donne Tordre & un de ses satellites d arracher au métropolite l'abandon de «es droits ou de lui couper la tête.

Kolenda était dans sa chambre, au milieu de ses religieux désarmés» quand le sicaire entra, le sabre à la main. Sommé de -choisir entre l'abandon de ses droits ou la mort, le métropolite, fléchit le genou et présenta la tête : « Frappe^ dit-il à Tassassin : « mon sang fécondera le patrimoine du Christ > . Cette intrépidité fit tomber le sabre des mains du soldat. Il s'enfuit tout tremblant vers son maître, qui, couvert lui-même de confusion, vint se jeter aux pieds de Kolenda pour lui demander pardon, et lui remit immédiatement tous les domaines de Suprasl.

Kolenda avait le droit de dire « qu'il avait acquis ce monas- « tère au prix de son sang ». Il en retint le gouvernement durant toute sa vie et s'y construisit un palais, où il résida souvent «et eut l'honneur de recevoir le roi Jean-Casimir. Suprasl , n^étant qu'à vingt-cinq lieues de Varsovie, devint comme un poste d'observation, d'où le métropolite surveillait tout ce qui se faisait à la Cour et dans les Diètes, pour ou contre l'Union. Quand il mourut (1674), il choisit sa sépulture dans cette église qu'il avait su défendre et embellir. Il y avait fait déposer le corps d'Antoine Sielawa. On le plaça lui-même à côté de son vénérable prédécesseur ^

Pour se rendre de Suprasl à Polock, Kolenda devait traverser toute la Lithuanie et une partie de laRuthénie-Blanche. Ce voyage fut une marche triomphale. Malgré le séjour prolongé des Moscovites et les invasions cosaques, toutes les contrées que le métropolite devait traverser étaient fidèles à TUnion. Les schismatiques y possédaient à peine soixante-dix églises^ tandis que les Uniates comptaient les leurs par milliers ^ et la

i. Theiner, Monum, Polon. t. III, p. 595. Relatlo metropolitœ Kolenda rgd S, C. de Propag. Fid, an. 1671. — '^Susza, De lahorih. Unit., tp. Haraliewicz» Ann, Ecc. Ruth, p. 3S8. — Rosa autumnalis, ap. Szymanski, t. II, p. 152.— Kulczynski, Specim. Ecc. Ruth, p. 1.33.

2. Ce chiffre de 70 est celui donné en 1671 par Kolenda lui-même. De 1661 à 1671, la proportion n'a pas dû sensiblement varier. Theiner., t. III, p. 601. Relatio oit

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persécution n'avait fait qu'affermir le peuple dans sa foi. n I accourut en foule pour rendre hommage à son premier pastes, 1 et surtout aux restes du martyr, qui avait conquis la Lithnuii I ruthène k rÉglise romaine. Le métropolite ne voyageail pl« I comme un fugitif, contraint de cacher soigneusement sonlrf- 1 sor. Il montrait au contraire les insignes de sa dignité, elal clergé nombreux suivait avec lui le char sur lequel reposât bl châsse de saint Josaphat. Tous les villages étaient en fêle s© I le passage du pieux cortège. Partout on avait fait quelqaesl préparatifs pour honorer le martyr de l'Union. 1

Sur la route, le pieux cortège rencontra Zyrowice. Il fil uoe I halte dans ce monastère que Josaphat avait fondé, devant cette I image de Marie à laquelle il avait rendu son ancienne gîoîie.1

Vilna avait préparé un véritable triomphe à son ancien B^l Ire. Le 2 février de cette même année, la capitale de la Lithuaùi'l avait reçu dans ses murs le corps de saint Casimir, reslitiil j parKolenda, elle roi Jean-Casimir avait assisté en personne II cette fête. La translation de saint Josaphat ne fut pas mo«| solennelle. Plus de cent mille étrangers étaient accourus poorfl assister. Hors de la ville, près de la porte de Troki, on awll dressé sur une éminence une de ces tentes, couvertes d'or elèlj broderies, qui servaient aux grands seigneurs dans leurs voj»l ges. Le corps de Josaphat y fut déposé sur un trône élinceWl de lumières, et y reçut les hommages du clergé des différeaM églises de Vilna, qui vint célébrer Toffice divin dans ce subi tuaire improvisé. Les chants sacrés ne furent pas même iiit*l rompus durant la nuit. Des soldats, postés autour de la lenlM allumèrent de grands feux de joie, et leurs trompettes iwp| quaientpar de joyeuses fanfares toutes les heures de la veiM

sacrée. ■

Le dimanche 25 septembre, les saintes reliques furent inlrt^i duites dans la ville. Le métropolite Kolenda et tous ses aM fragants, cinq évoques du rite latin, les magistrats et l^ les dignitaires de la Lilhuanie assistaient à cette fête. Un <4ir| magnifique avait été préparé pour recevoir le corps de JosiJ phat. Kolenda y fit atteler six chevaux vigoureux, qui avueAj traîné ce précieux fardeau durant la guerre. Ils avaient été M peine, il était juste qu'ils fussent à Thonneur ; mais, à la gnfi«| surprise du métropolite, ils se cabrèrent et refusèrent d'avaM cer. On leur substitua des chevaux plus doux apparlenaal 11

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