CHAPITRE m. — LÀ RUTBÉNIE PAGiFlÉK
eût dit une fête de famille, donnée au plus vénéré des pères par des enfants qui avaient pleuré longtemps son absence ^
Dès que Josaphat eut repris possession de sa chapelle dans Téglise cathédrale de Sainte-Sophie, rafQuence des pèlerins recommença autour de son tombeau. Au mois de mars 1068, le métropolite Kolenda annonçait déjà, à la Congrégation de la Propagande, que le saint thaumaturge faisait de plus en plus éclater sa puissance, et répandait des grâces abondantes de conversion sur les schismatiques et les autres brebis errantes de son ancien troupeau. « Il mérite, ajoutait le pré- « lat, d'être inscrit au catalogue des saints, par la grâce de « Sa Sainteté, ainsi que nous l'avons demandé humblement « à tant de reprises '. »
On lui répondait de Rome, Tannée suivante, que le Pape Clément IX était tout disposé à accorder cette laveur, et le secrétaire de la Congrégation s'engageait « à ne manquer « aucune occasion de lui remettre cette affaire en mémoire. « Je sais, disait-il, le bien qui doit en résulter par la conquête a d'un grand nombre d'àmes en Ruthénie, où la mémoire « de ce grand serviteur de Dieu, déjà si glorieuse et si véné- « rée, recevra un bien plus grand accroissement, lorsqu'il
< sera élevé sur la terre aux honneurs dont il jouit au
< ciel >.
Le cardinal Marcel de Sainte- Croix, protecteur de Ruthénie, assurait de son côté Kolenda qu'il c coopérerait de toutes ses « forces à une action aussi sainte, que de montrer à la terre
1. Le métropolite Kolenda a raconté lui-même en grand détail cette translation des restes de saint Josaphat dans une relation adressée à la Propagande en 1671, ap. Theiner, Monum. Polon.y t. III, p. 595. — Cet événement eut une telle importance aux yeux des contemporains, qu'on en publia plusieurs récits en latin et en polonais. Nous en avons trouvé trois dans le seul manuscrit de Szymanski. Le plus important a pour titre : Rosa autumnalis cœlo manibus schismaticorum inserta^ Dun» aquis irrigata^ in terris gratum spargens odorem^ sive B. Josaphat Kuncewicius archiepiscopus Polocensis^ episcopus Vitebscensis et Mscislavien» sis Ord, D, Basilii Âf. redux Polociam ad sedem suam triumpho celebri Vilnae in Urbe M. Ducatus Lithuanim honoratus, per Benedictum MickniewicZf Ordinis ejusdem presbyterum reprasentatus , Vilnœ,1661.
2. LUterse Gabriel. Kolenda ad S. Congr, dePropag. Fide, 2 mart. 1668, ap. Szymanski, t. II, p. 330. — Relatio ejusd,, ap. Theiner, Afoni/m. Poton , t. III, p. 595.
Saint josaphat. — litre viii
« une partie de la gloire dont jouissait au ciel l'admirable d « très saint, martyr Josaphat ^ »
En 1670, ces promesses n'avaient encore produit anfiit résultat, lorsque le cardinal Emile Altieri parvînt au souvei^fi ] pontificat, sous le nom de Clément X. A la DouvelLe de ^ 1 1 élévation, les deux infatigables promoteurs du culte de saiul Josaphat, Kolenda et Tévêque de Ghelm, Susza, espérèrent euEin le succès. Emile Altieri avait été autrefois assesseur m\ la nonciature de Pologne, sou^.Lancelotti. En celte qualité,} il avait été pour aiijisi dijpe témoin oculaire du martyr* ét\ Josaphat et des prodiges qui suivirent. Il avait transmis i] Rome les première^ instances faites pour obleoir la béalifichl tioQ et annoncé les promesses, par lesquelles Urbain ^11] répondit à ces prières. Il devait donc s'intéresser à une ca»J qui lui rappelait les travaux de sa jeuoessa. Aussi, Kolenda çt Susza apprirent que ^o^ préparait à Rome iwl canonisation, ils écrivirent au l^ap^, pour demander que Jo«si-| pbal fût inscrit d^ns cette ^plen^ité au cnlalague des saiii1s>j
4j Le grand-duché, de Lithuanie, disaienL ils Joint ses p ■ aux nôtres ; c'est sous la prqtecjLion du nom de Jos a qu'une grande armée de .Moscovites a été vaiocue daiisl (f pays. La Samogitiq et.les provinces yoistaes de Prusse dLi iK Livonie VOUS adressent également leurs supplications.! « roi de Suède d'une part, l'électeur de Brandebourg de Ta * hérétiques tous les deux, les avaient subjuguées, et d u sainte foi catholique y était ébranlée. Tout à.coup^ Tenii a commença à être troublé et à craindre, lorsqu'au eu n i u ne le menaçait ; les catholiques, au contraire, quoique a eus, se sentirent remplis de joie ; et, reprenant leurs t et leurs forces, comme en un seul jour et sans le a d'aucune armée,, ils taiUèren,t ep pièces leurs puie « adversaires. Après ce triomphe^ comme on admirait ImU
1. Litterœ de Canonizatione B. Josaphat Martyris an. 1665, ap, manski, p. 377. Les rois de Pologne jouissaient c^imme les autres rams catholiques du droit de présenter des prélats pour les honneurB^ cardinalat ; mais ils n'en usaient que très raremeut en faveur de propres sujets, les dusceptibilités nationales s'oITensant de» prérfi| attachées à cette suprême dignité de TÉglise. Marcel de 5aatm4 Ho main de naissance, avait été porté au cardinalat par le roi Je Casimir.