‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 220 sur 316 · CHAPITRE ni. — LA RUTHÉNIE PAaFIÉE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni. — LA RUTHÉNIE PAaFIÉE

« Yention manifeste de la providence de Dieu, voili. que Ton (f apprend que le corps du bienheureux Josaphat avait été « apporté secrètement dans cette contrée. Les citoyens, pleins « de reconnaissance, lui ont attribué celte glorieuse victoire. « Toute la Ruthénie vous oflfre, Très Saint-Père, ses hum- « blés supplications pour cet apôtre généreux, mort sainte- « ment au service de TUnion. Voyez, Très Saint-Père, les lar-

• mes de FËglise uniate et le sang qu'elle a versé en très a grande abondance, pendant que le schisme épuisait toutes ses « forces pour la détacher de la sainte foi catholique. Durant « plus de vingt années, il n'apas cessé ses machinations impies

• contre le royaume de Pologne. Qu'étaient les Cosaques, les « Tartares, les Suédois, les Brandebourgeois, les Yalaques, les « Transylvains, les Moscovites et nos autres ennemis, sinon les €c instruments du schisme?

a Au milieu de Thorrible fracas de toutes ces armes, un cri « retentissait partout : « Où sont les Uniates? » et ni les me- « naces, ni les prières, ni les tourments ne pouvaient les détaxe cher de la sainte Eglise Romaine. Combien des nôtres ne 4c sont-ils pas morts de faim ,en Siévérie ? Combien n'ont pas « péri parles flammes en Lithuanie? combien n'ont pas expiré m dans mille tortures en Ruthénie ? et que n^ont pas souffert « jusqu'à ce moment les prélats uniates, dans la Wolhynîe ? « Regardez, Très-Saint- Père, le misérable état de la sainte « Union, de la foi catholique, que la cruauté de Thérésie et la c perfidie du schisme veulent déraciner. En glorifiant le bien- « heureux Josaphat, ce champion infatigable du siège aposto- « lique, que vos prédécesseurs ont promis de recevoir au n< >mbre « des saints, vous donnerez à notrepatrieun secours nouveau. ,• Elle devra en retourà Votre Sainteté une reconnaissance éter- < nelle, que nous ne saurons jamais exprimer dignement ^ »

Cette suppliqiie éloquente resta encore sans résultat. Epuisés par leurs derniers malheurs, les Uniates n'avaient pas d'argent pour couvrir les frais de la canonisation ; et ils ne pouvaient tirer aucun secours ni de l'Etat, ni de la noblesse, ruinés par tant d'années de guerre. Dès 167:2, Kolenda, découragé, écrivait à la Propagande: i J'ai demandé non pas une fois, mais mille

1. Theiner, Monum. Polon.^ t. III, p. 591. Cette lettre, signée en corn' mun par Kolenda et Susza, est datée de Suprasl, le 31 janvier 1671.

a fois, une chose assurément très facile, et en même temps « très glorieuse pour toute TUnion. Puisque nous ne poavaai c pas supporter les dépenses qu'entraînerait lacanonisatioofe ft bienheureux martyr Josaphat, ne pourrait-on pas lui donai M une messeet un office? Sa Saintetéconsolerait au moins cettt ti pauvre Union désolée, si elle voulait expédier un bref coaoé' <£ dant un culte extérieur dans tout Tunivers au bienhenreQ ^^ martyr Josaphat.

« Au nom de Dieu ! quel est donc Tobstacle qui peut emph ft cher Notre Très-Saint- Père, sous les yeux duquel le biento^ <c reux martyr a été mis à mort, de lui accorder cette glan CI pour la joie éternelle des Uniates, et la confusion des sc&ift i< matiques, et peut-être pour la future humiliation des Turcs ^t Qui sait s'il ne leur arriverait pas comme aux Moscofit^ K qui ont vu périr à plusieurs reprises plus de treoie mille a leurs, lorsque le saint martyr a été invoqué contre en « Plaisç à Dieu que notre demande, la plus utile que ronpossi a faire pour TUnion, soit enfin exaucée*. »

La concession que Kolenda sollicitait eût équivalu à canonisation formelle ; et plusieurs saints illustres ont été plad par cette voie dans les dyp tiques deTÉglise *. Cette faveur fut pas accordée. ClémentX inscrivit, en 1673, septbienheurei au catalogue des saints ; Josaphat ne fut pas du nombre. Die lui faisait attendre son triomphe, pour le rendre plus éclatai Ce dernier échec lassa la persévérance des avocats du martyr. Les instances pour sa canonisation furent suspeodui 6t nous ne croyons pas qu'elles aient été reprises avant pontificat de N. S. P. le Pape Pie IX.

Pendant que saint Josaphatrégnait paisiblement danssaa son au milieu de son peuple,autour de lui « la terre était habili « et se reposait ».La guerre grondait encore souvent sur la frci tière méridionale ; les Turcs etlesTartares pénétraient jusqtf cœur du pays, et les dissensions intestines étaient raremel suspendues ; mais la Pologne était tellement accoutumée à épreuves, qu'elle n'en tenait plus compte ; et, tout en combè

1. Gabriel. Kolenda epist. ad S. Congr» de Prop, Fide, Supraslii, 2S 1672, ap. Szymanski, t. II, p. 376.

2. Tels sont, par exemple, saint Grégoire VU, sainte Gertrude la Gntf^ saint Norbert, etc. Sur cette canonisation dite équipollentef v. Bened. Stl De Serv. Dei canonis, 1. I, c. XLX.

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