CHAPITRE m. — LA RUTHÉNIE PACIFIÉS
science des prêtres latins était souvent bien large, quand il s^agissait de l'Union I Par bonheur, le nonce apostolique Nerli apprit ce qui se tramait et vint exprimer au vice-chancelier la honte qu'il éprouvait d'un pareil crime^ commis par un ecclésiastique. Il lui peignit avec horreur le ravage qu'allait faire ce loup introduit dans un diocèse acquis à 1 Église par le sang de saint Josaphat. Le vice-chancelier arrêta Texpédition du diplôme ; mais Tambitieux schismatique réussit mieux pli» tard à la chancellerie du grand-duché de Lithuanie; et le nonce apostolique, le métropolite et Tévéque de Vitebsk durent unir leurs efforts pour faire annuler le privilège, qu'il avait obtenu par d'indignes moyens ^
Rappelons encore que, sous le règne de Michel Wisniowiecki, la république polonaise reconnut de nouveau ses obligations envers le saint martyr de l'Union. En signe de reconnaissancet elle attribua à la cathédrale de Polock les villages appelés Sudzilowicze, dans le palatinat de cette ville. L'acte. de donation, rendu par le roi à la prière de la Diète, constatait les grands miracles qui rendaient glorieux le tombeau de saint Josaphat et les grâces particulières que le martyr de TUnioii obtenait aux deux peuples polonais et lithuanien >.
L'année 1674 vit couronner Jean III Sobieski. Nous n'avons pas à raconter ici comment il acheva l'œuvre que la confiance de Dieu et de l'Eglise avait confiée à sa nation, et arrêta pour toujours les invasions des Turcs. La reconnaissance des peuples a placé Sobieski à côté deà Godefroy de Bouillon, des Charlemagne, de ces héros dont la gloire fait partie du patrimoine de toute la famille chrétienne, et il suffit de prononcer son nom pour rappeler ses exploits. Parmi les faits de ce règne, il en est un que l'incrédulité du xviiie siècle a blâmé, que le négligent scepticisme du xix' n'a pas toujours pris la peine d'apercevoir, et qu'un historien catholique doit relever, aa contraire, comme une des gloires principales de Sobieski '. Ce