‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 224 sur 316 · CHAPITRE Ul. — LA RUTHÉNIE PACIFIÉE · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ul. — LA RUTHÉNIE PACIFIÉE

lanski, fît abjuration et prêta obéissance entre les mains dn métropolite Zochowski ; maiscette conversion fut tenue secrète, afin de laisser au néophyte le temps de ramener peu à peu son troupeau dans le sein de 1 Ëglise catholique. Il fallait user de prudence à cause de la confrérie stauropigienne, dont la résistance était toujours redoutable.

Vingt-trois ans s*écouIèrent avant que ce projet vînt k maturité. Sobieski était déjà mort, lorsque Tévéque de Léopol se déclara ouvertement Uniate. Il s'appliqua aussitôt avec un zèle admirable à la conversion de ses ouailles. Le plus intime ami du roi défunt, Thelman Stanislas Jablonowski, seconda les efforts de Szumlanski, et l'autorité de ce seigneur, aussi illustre que puissant, contint la confrérie, prête à commencer la guerre contre Févéque. Depuis que Oédéon Balaban et le prince Constantin Ostrogski avaient poussé de Léopol leur premier cri de guerre contre TÉglise romaine, cette ville était pour les schismatiques comme une place de sûreté que les Uniates n'avaient jamais pu leur enlever. La prise de cette antique forteresse de l'erreur présageait un triomphe complet de TUnion. Déjà la Ruthénie méridionale avait été, avant la mort du roi, le théâtre de conversions éclatantes K

Les esprits semblaient tellement apaisés dans cette contrée, qu^en 1680 on essaya une conférence entre les Uniates et les schismatiques, avec quelque espoir de négocier entre euv un rapprochement défînitif. L'assemblée fut tenue à Lublin en présence de commissaires délégués par le roi. Le métropolite Zochowski y assista avec ses suffragants et toute l'élite du clergé uniate. Mais les schismatiques firent avorter les négociations an moment où elles paraissaient en voie de réussir '.

Cet échec ne découragea pas Sobieski. Il donna pour évèque auic schismatiques de Przemysl un de ses familiers, Innocent "Winnicki, qu'il savait résolu à rentrer dans le sein de l'Église calholique.Ce prélat fit en effet une abjuration secrète en 1681, et irav9,ilia dès lors à gagner la confiance de son troupeaut pays, et presque toute la population revint au sein de TËglise

1. Theincr, Monum, Polon, t. III, p. 650, 677, et t. IV, p. 10, 13 sqq. a. Theiner, Mon, Pol. t. llf, p. 675. — Kulciynski, Specim, Ecc. Ruth, p. i36. — Le métropolite Zochowski publia une relation de cette conférence, dans laquelle il inséra la lettre de saint Josaphatà Léon Sapieha» nédite jusqu'alors.

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pour le ramener, à sa suite, au véritable bercail. En 1631. i] pouvait s'avouer ouvertement uniate. Trois mille nobles et d^* paysans par centaines de mille revinrent, avec lui» à la comn^ nion de TËglise romaine, et la funeste division que lapoliliiu* de Ladislas IV avait créée dans le diocèse de Pnemysi U . enfin détruite. Bientôt, en eflfet, Tévéque uniale de Prieïnjii, Jean MaJachowski, fut transféré au siège de Chelm ; et le Pap* confia son troupeau à Winnicki, qui devint le pasteur légiliit de tous les Ruthènes de la contrée*.

La perte la plus sensible que TËglise unîate eût Taile daa^li Ruthénie méridionale avait été celle de Tévéché de Luet. Sobieski et Zochowski n'eurent pas la joie de rattacher cei> grande église àTunité catholique, mais tout semble iDdtq'jer qu'ils préparèrent ce dernier triomphe de la vérité sur Terrear Léon Zalenski, successeur de Zochowski sur le siège iiiélJOfi> litain (1694), reçut en i702rabjuratioD deTévêque schi^mafi:* de Luck, Denis Zabokrzycki. Ce prélat comptait cinq miU* églises paroissiales soumises à son autorité. Après sa convprslt^, il n'y eut plus un seul évéque schisniatique en Pologne i* siège de Mscislaw, créé par Ladislas IV, n'avait plus de tilalair*^

A la mAme époque, l'Ukraine fut en partie conquise i I nion. Depuis la paix d'Andruszow, le pays de frontière anii été encore le théâtre de fréquents soulèvements. Il fallol employer de nouveau le fer et le feu pour con tenir la populatiDâ turbulente de cette contrée. Redoutant, d'une part Je jon? sévère de la Moscovie, cherchant, d'une autre, un point dap pui contre la Pologne, les Cosaques voulurent se donner à k Turquie ; mais, après les victoires de Sobieski^ les sultai^ témoins du rapide déclin de leur propre puissance^renoncèpeiï* à toute politique d'agression envers la Pologne, Le traiiéit Carlowitz fut une paix définitive (1699), et mit fin à la lat^^ trois fois séculaire commencée dans les champs de Varoa, iî tranquillité de l'Ukraine fut assurée du même coup . La coloci sation reprit un rapide essor dès le commencement du xvttf sié' cle. Les apôtres de l'Union pénétrèrent librement daaslf

i. Theiner, t. III, p. 677, 729, 733, 747. 2 Kolenda n'en parle plus quand il fait Je tableau de la hïéfiiîï** ichismatique. Theiner, t. III, p. 601.

Sur Tévèque de Luck, v. ib. t. IV, p. 17.

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