‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 229 sur 316 · CHAPITRE IV. — SAINT JOSAPHAT TRANSPORTÉ A BIALA · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — SAINT JOSAPHAT TRANSPORTÉ A BIALA

« bares s'étaient révoltés. J'espère y aller une autre fois, et j'ai « grand désir de voir cette ville très femeuse et le Pape « suprême *. JTai connu en Pologne son prédécesseur. Celui-là « était dès ce temps avancé en âge ; cette fois on Fa choisi « jeune. » Le Pr Recteur répliqua : « qu'il n'était pas vieux, « mais incomparable >y ; et comme le czar lui demandait quelleis « étaient ses principales qualités, le Père ajouta que, depuis « plusieurs siècles, on n'avait jamais vu un Souverain Pontife « aussi saint et aussi savant. Le czar montra qu'il en était « convaincu * » ; et il se leva pour porter la s^nté de Clément XI.

Sincères ou affectées, ces démonstrattons eurent un plein succès. L'impression produite par l'horrible drame des jours précédents fut effacée. Le P. Recteur de Polock, homme de piété, de doctrine et de prudence, resta convaincu des bonnes dispositions du czar pour la religion catholique ; et nous avons deux rapports, écrits au Saint-Siège sous l'inspiration de ce religieux, qui font concevoir les meilleures espérances pour la conversiou de la Moseovie'.

Le 25 octobre suivant, Pierre le Grand eut une conférence chez les Bernardins de Grodno en Lithuanie, avec le vice-chancelier du Royaume et d'autres seigneurs polonais. Il parla beaucoup de ses sentiments envers les Polonais ses nouveaux alliés, et la religion catholique ; puis, tirant à part le vicechancelier et révéque nommé de Cujavie, référendaire du grand-duché, il leur dit dans le réfectoire du couvent, devant

1. oc 11 sommo Papa. » ^ Le Pape alors régnant était Clément XI, successeur d'Innocent XII Pignatelli, qui avait été nonce en Pologne.

2. Relazione di Moscovia an. 1707, ap. Theiner, Monuments de Russie^ p. 412. L*autear de cet écrit est un jésuite, occupé à la mission de Mo»corà, et qui écrit d'après des renseignements fournis par le P. Recteur de Polock. Ce récit est confirmé par une autre relation du même genre, ib. p. 414.

3. Le rédacteur d'une de ces pièjes prend même le soin de faire remarquer que le péché du czar a été moins grand que ceux du saint roi David et de l'empereur Théodose, c Dopo haver chiarito non doversi spegnere le nostre speremze per questa mania passaggiera dalla quale si lascio rapire col solo reato deU'antecedente ubbriachezza, minore del delitto del santo ré Davide nell'ordinare Tuccisione di Uria, et del gran Teodosio nella strage di Tess&lonica, passo ad annoverare i fondamenti délia mia speranza, DAp. Theiner, 1. cit., p. 4i4.

f 4U SAINT JOSAPHAT. — LIVRE Vlll

1^ Ti mage du crucifix : t Je sais que le malheur de Polock ni

. û rendu odieux à quelques seigueurs de voire imiîon et à m

V partie du peuple, moins bien ioslruile de ce qui s'ebl passe. ^ J'en prends à témoin Notre-Seigneur crucifié, doBt Toia «( l'iïiiage : je n*ai agi dans cette rencontre ni par uo maj\ li » dessein prémédité, ni par haine contre la foi catboli^ïiw: tt partout ailleurs, les Uniates n'ont rien eu à souirrir de myi ^ La cause du mal a été la réponse de ces religieux, qi € m'ont dit en montrant un hérétique : « Saint Josaphal a ^fll <f mis à mort par des hérétiques tels que celui-là, »

Le czar multipliait les protestations de repeoUr et prùEns. tait de rendre la liberté aux Basiliens de Polock, de pn ai^' môme la défense et la protection des Uniates el de leurs église dans tout le royaume. « Que Dieu me punisse, disait- il, etn# « me laisse pas revoir mes États, s'il est vrai que je sois eaùt I u dans cette église des Basiliens avec Tintentlun de faire if

I ï mal! • Touchés de cette contrition si vive, les ministres po-

lonais consolèrent le czar. « Puisque Votre Majesté, lui dit k « vice-chancelier, confesse devant Dieu du fond du cœur £i^ ti événement de Polock, j'ai bonne espérance que la diiiï* « bonté vous pardonnera tout par son infinie miséricorde, * Pierre renouvela ses promesses en faveur des capucins, elûl expédier sur-le-champ, par son ministre Golowine, des lellm "^^^^ pour la délivrance des prisonniers de Polock et la sOreté it

cuite uniate dans toute la Pologne.

Ces engagements ne l'empêchèrent pas de fairô poursuis le métropolite Zalenski et ses sufi'ragants. L'évèque réceiiiiB«iit converti de Luck. Denys Zabokrzycki, qui eut le malheur è. tomber aux mains des soldats du czar, fut chargé de cha; n- i ' traîné en Moscovie, où il mourut. Les autres prêtats rulhèni? parvinrent à. esquiver les embûches de leur implacable b^ nemi ^ ; mais les instances du roi Auguste II, l'allié du czar, et dt Clément XI, ce pape pour lequel le prince moscovite professiti un si profond respect, ne les préservèrent pas de la persèct»lion.

Lorsque des arrangements définitifs mirent fin à taules i^ contestations que les troubles avaient fait surgir, les Ba^iiiéQ^

1* V. Theiner, Monuments de la Russie j p. 397.— Id, Hianum. fc-* l IV, p- 60. — Kulczynski, Specim, Ecc. Ruthen,, p. 137.

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