CHAPITRE IV. — SAINT JOSAPUAT TRANSPORTÉ A BIALA
présentèrent des réclamations à la cour du czar. Ils demandaient au moins une indemnité pour les ravages commis dans leurs monastères, et surtout dans la cathédrale de Polock» Les Moscovites avaient entassé, dans cette église, des vivres et des munitions de guerre ; et au moment* de leur retraite, ils IV vaient presque complètement détruite. Pierre nia les faits allégués; et en 1770, les Basiliens attendaient encore une réparation ^ .
Cette première intervention du civilisateur de la Moscovie dans les affaires de la Pologne aurait pu apprendre à cette nation quelles étaient les visées de son dangereux allié, et par .quels moyens il comptait réaliser ses projets; la leçon ne fut pas comprise. LMnûuence moscovite s'accrut chaque jour; et la Pologne devint bientôt une sorte de province, sinon annexée à l'empire des czars, gouvernée du moins par leurs ambassadeurs autant que par son propre roi.
Pierre le Grand se posait déjà comme le protecteur des schismatiques polonais; et presque chaque année, il appuyait auprès du gouvernement de Varsovie leurs plaintes contre les Uniates 011 le clergé latin. En 1.720, Auguste II eut la faiblesse de lui accorder le rétablissement de Tévôché schismatique de Mohylew, auquel on attribua un grand nombre d'églises et de monastères situés dans. la Ruthénie-Blanche et la Lithuanie. Le roi garantit en même temps aux désunis le libre exercice de leur religion dans toute la Pologne. Cette concession ne satisfit pas le czar; ses réclamations continuèrent, etil eut, dit>on, Taudace de les porter jusqu'à Rome et de se plaindre au Souverain Pontife InnocentXlU des prétendues violences, dont le clergé catholique des deux rites se rendait coupable envers les schismatiques *.
La fatale influence conquise sur la Pologne par son plus mortel ennemi était un signe avant-coureur d'une ruine déjà presque inévitable ; mais, au prix de cette humiliation, on avait obtenu la paix. Aux termes de la convention passée entre le prince Radziwill et les Basiliens, le corps de saint Josaphat aurait dû être restitué à la cathédrale de Polock, aussitôt après la
i. Relatio P. Kaparski supeinoris cœnobii Polocensis ad SS, Clemeu^ tem XI, ap. Turgueniew, Uistorica Russiae monimenta, t. II, p. 298, 302. 2. Uarasiewicz, Ann, Ecc, Ruthen,, p. 417.
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retraite des Moscovites ; mais le prince chercha miUe]»réilexiêi pour éluder cet engagement. Durant la guerre, 11 avait éproni à plusieurs reprises la protection miraculeuse de saint ktt phat% et il voulait garder ses reliques comme la sauvegardée sa maison. Quelque injus'te que fût celte prétention, les finliens n'étateftipas assez puissants pour s'op|K>seraaK>volQiyi d'un des principaux seigneurs du royaume. Au lieu de ratoi à la cathédrale de Polock, le corps du martyr fut porté k Btth en Podlachie, petite ville appartenant aux Radziwill, etpbei dans la chapelle du château.
Les Basiliens possédaient d^'à «n monastère à Bîala. Le piîM concéda au supérieur de cette maison le droitde conserterni des clefs du coffre dans lequel furent ren&rmées les saiiiftcsnfr ques. La châsse d'argent, doottée par Léon-^]lasHnir SifMh avait été transportée à Zyrowice, et te corps de saint JoiayU n'y fut jamais replacé.
Le prince Charles Radziwill, .grand-chaiiceiier.de Utimaiie, mourut en 1711 ; mais sa veuve et son fils refusèrent eommeis de se dessaisir d'un trésor qu'ils estltnaâefnt au phis haut pm. Les Basiliens se réservëreort de faire valoir leofs droàts ai des circonstances plus opportuines, et veiHèxienl atteotiveiNii ài la conservation de ce dép<>i:sacré. Il fallait Leur oonsentoiit pour en distraire la moindre partie. Le M octobre i7i5« ktif" vincial de laCîongrégation basilîenne de Liilihuame donnail ff^ tance au prince fiadeiwill pour une relique de la « joa» p» che de saint Josaphat», accordée aux .Jésuites de Yanovi' Elle fut déposée dans l'église de leur maison professe. Qn^ année, le 26 septembre, oo célébrait la foie du saiot mai^tyraitf solennité dans ce sanctuaire, et le peiiipie vetnait en foule bvas la précieuse relique *.
1. En 1708, la peste ftévit en Pologne. Saint Josaphat fut apécialesu^ invoqué contre ce fléau,
2. Joseph- André Zaluski, évêque de Kiew, et Joseph Boncza MiaskovA évoque de Varsovie, en reconnurent l'authenticité, le premier en fW» le second en 1803. Un ancien élève des lé^uitea, le cbsnoine fras^ Paprocki, attesta le «mite que Ton rendait à cfette redique avant te impression de la Compagnie.
Le P. Szymanski, auquel nous empruntons ces détails, avait sous 1* yeuï un DirectoHum afflcti dtvim pm Painbus Societatùs Jeau ftw** Mazoviœ ann. 1772. La fête du B. Jo«aph«t, -patron du trajraiiinede i^ gne, y est marquée du rite double pour •toute la province : timtieCré