CHAPITRE IV. — SAINT JOSAPHAT TRANSPORTÉ A BIaLA
Saint, marchait toujours dans la voie du progrès. Dans son sein, les vérités de la foi avaient reçu de nouveaux développements ; les lois disciplinaires et liturgiques étaient devenues plus précises et plus sûres ; «t si une maternelle indulgence les avait souvent mitigées, leurs lignes principales avaient été en retour dessinées avec plus de vigueur. La piété enfin s'était épanouie sous mille formes aussi attrayantes que variées.
Les Ruthènes avaient droit d'être mis en possession de ces richesses nouvelles. L'enseignement de la. foi pouvait leur arriver déjà aussi completqu'aux Latins L'acte même de l'Union avait fait disparaître les divergences doctrinales qui existaient entre l'Église ruthône et TÉglise romaine ; et tous les hommes qui étaient, enRuthénie, les principaux dispensateurs de la vérité, avaient étudié ou dans les écoles, ou au moins d'après les méthodes ^ et les livres des Latins. De ce côté les Uniates participaient déjà et de plus en plus largement à la vie complète de TÉglise, quoique la condition infime du clergé séculier entravât toujours la diffusion de la science sacrée.
Sous d'aulres rapports, de nombreux changements étaient nécessaires ; et leur exécution demandait d'autant plus de tact et d'intelligence qu'il fallait modifier beaucoup d'usages anciens, sans toucher cependant à l'intégrité du rite grec, si fortement recommandée par les Souverains Pontifes. Les règles liturgiques et disciplinaires de l'Église grecque rendaient, par exemple, la pratique fréquente des sacrements à peu près impossible pour les fidèles. Gomment approcher souvent du tribunal de la Pénitence, lorsqu'il était admis qu'on ne pouvait s'y présenter sans avoir jeûné pendant trois jours? Comment ne pas être effrayé par les rigoureuses satisfactions que le prêtre grec, le Nomocanon en main, imposait aux pécheurs? Et comme ce code, rédigé en réalité pour le for extérieur, ne parle à proprement parler que des péchés qui ont un caractère de délit, quelle règle devait-on suivre pour les autres?
La fréquentation du Sacrement de l'Eucharistie offrait des
1720, par ordre du pape Clément XI, sous la présidence de Jérôme Grimaldi, archevêque d'Edesse, nonce en Pologne. Léon Kiszka était alors métropolite. Tous ses suffragants assistèrent à cette assemblée avec les principaux dignitaires de TOrdre basilieu.
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difficultés du même genre, à cause du rite de la commonin I sous les deux espèces. Le culte surtout de ce divin myslât avait besoin de recevoir les accroissements qui Font dé?elop|è dans la chrétienté latine, depuis les hérésies du xp elà xYi' siècle.
L'Ëglise grecque, enfin, se faisait justement gloire d'at» retenu dans sa liturgie les formes majestueuses de raaiiqailt Pour administrer TExtrôme-Onction, par exemple, elle récit maitla présence de sept prêtres, et déployait toutes les poupes de la liturgie dans un office d'une beauté incomparable Le génie latin, plus mesuré et plus pratique, en conserraBlli gravité et le respect dû aux choses saintes, avait loatabréfé, de manière à rendre prompte et facile l'administratioa dtf sacrements et à en assurer la participation à toos ki fidèles.
Les Ruthènes ne pouvaient pas rester privés des immeasi secours que cet esprit maternel de TÉglise latine avait assim à ses enfants. Il fallait, sans détruire l'intégrité du rite gret, ouvrir plus largement ces sources de vie qu'il possédait entières, mais qu il ne laissait couler que goutte à gosUt Telle fut Tœuvre entreprise en Ruthénie, à la fin du iîm** dans la première moitié du xvni» siècle, et exécutée en partit par le Concile de Zamosc. Dans ce travail, saint JosapU servait encore de guide aux apôtres de TUnion. NousTava» vu préoccupé d'assurer à ses ouailles tous les secours spfl^ tuels dont jouissaient les Latins, de mettre en honneorli pratique des sacrements, d'animer son peuple par son eie» pie à un culte plus fervent de la sainte Eucharistie.
En outre, la surveillance d'une autorité légitime, et p« conséquent dirigée par T Esprit Saint, avait manqué àâ l'Église grecque ; et tout en se targuant d'un respect religi«« pour les usages de l'antiquité, elle les avait souvent corro» pus par grossièreté et par ignorance. Dans la Ruthénie, a particulier^ les Uniates avaient admis avec une déploratt facilité, des livres liturgiques imprimiés et même rédigés |i« les schismatiques. Une revision complète des textes ecclésii^ tiques eût été népessaire. Le Concile de Zamosc n'entrqs^ pas celte tâche immense ; mais il essaya de porter remède au plus graves abus ; et, allant plus loin, il n'hésita pas à sup^ mer certains rites, usités dans toute TÉglise grecque dcpi