CHAPITRE IV. — SAINT JOSAPHAT TRANSPORTÉ A BIALA
moscovite ne reconnaîtra pas un frère dans ce pope rasé, dans ce basilien habillé comme un moine latin, qui viendront lui prêcher Tobéissance au pape de Rome; et s'il entre dans leurs églises, il n'y retrouvera pas ces formes qui sont pour lui toute la religion. L'apôtre de l'Union ne sera à ses yeux qu'un espion, qui lui parle dans sa propre langue pour le mieux tromper. Mais pourquoi rêver les gloires de l'apostolat pour nos Ruthènes ? Ils ne les auront jamais. Le temps n'est pas loin Qù ils seront eux-mêmes violemment rejetés dans le schisme ; et la suppression de ces usages empruntés aux Latins sera le signal de la persécution, entreprise sous le masque du zèle pour la pureté du rite grec.
Le Concile de Zamosc donna encore le branle k une grande entreprise qui eut d'heureux résultats pour TËglise ruthène. La Congrégation basilienne de la Sainte-Trinité avait non seulement son centre, mais presque tous ses établissements dans le grand-duché de Lithuanie ; et quoiqu'elle possédât un certain nombre de monastères dans les pays de la Couronne, c^est à-dire dans les diocèses de Wlodimir, de Luck, de Chelm, de Léopol et de Przemysl, la plupart des maisons basiliennes répandues dans ces vastes contrées restaient indépendantes les unes des autres, et les anciens abus tendaient à s'y perpétuer.
Le Concile de Zamosc ordonna que tous ces monastères fussent réunis en une seule Congrégation, sermblable à celle de Lithuanie ; mais les évéques ne se prêtèrent pas de bon gré Ix rexécutionde cette mesure. Après leur réunion en congrégation, les monastères soumis jusqu'alors à la juridiction épiscopale devaient être placés désormais sous celle du métropolite ; etlesévêques prévoyaient avec chagrin cette diminution de leur autorité.
Le décret du Concile de Zamosc ne fut exécuté qu'en 1739, à. l'instigation de Benoît Xlll et du métropolite Athanase Szeptycki, l'un des plus dignes successeurs de Rutski. Ce prélat réunit k Léopol en 1739 un Chapitre général, où tous les monastères dispersés dans les pays de la Couronne furent représentés, et il les organisa en Congrégation sous le titre de la Protection de la sainte Vierge.
Dans la vie civile et politique, les querelles entre Lithuaniens et Polonais étaient continuelles. Dans la vie religieuse, les
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mêmes riTalités se produisirent entre ces deux Gongrégatioiii, dont les territoires n'étaient pas entièrement distincts. Foer ramener la paix entre elles, Benoît XIV, après avoir consohé les cardinaux de la Propagande, ordonna de réunir les im Congrégations en une seule, sous le gouvernement d'un pntoarchimandrite ^ et à cet effet, il prescrivit la tenue d'unQipitre général sous la présidence du métropolite, mais atee rintervention du Nonce, en qualité de délégué apostoliqne.
Cette assemblée, dans laquelle, comme nous Favoiis d^ dit, les reliques de saint Josaphat furent concédées aux hiïiwill, se réunit à Dubno, au mois de mai 1743. Athanase Szeflycki la présida, et le Nonce apostolique s'y fît représenter]» Tévêque de Zenopolis, Lascaris. Il fut résolu que les deo Congrégations n'en formeraient plus qu'une seule sous le Ito commun d'Ordre de S ainU Basile des Rutkènes^ avec deuxpffr vinces, Tune de Lithuanie, sous le titre de la Sainte-Trinitt, l'autre de Pologne, autrement de la Couronne, sousleUtrtfe la Protection de la sainte Vierge. Le proto-archimandrite elk procureur général en cour de Rome seraient choisis allemtl* vement dans chacune d'elles ; mais chacune aurait son pro^ cial, sea visiteurs, ses officiers propres. Cette organisation W confirmée par Benoît XIV, le 2 mai 1744, et elle n'a été détraiîe que par les vicissitudes politiques qui ont tout bouleversé ei Pologne.
Il serait intéressant de pénétrer dans ces monastères bailiens, d'en étudier la vie intime et les œuvres extérieures;* chercher dans ces fils de Rutski et de saint Josaphat les tniii qui rappellent leurs pères; mais une semblable analyses! serait pas à sa place dans nos récits, et nous n'en avons p» d'ailleurs les éléments entre les mains. Qu'il nous suffise * dire que ni l'activité, ni le zèle ne manquaient à ces hérititfi des grands apôtres de l'Union. Au nombre de six à sept ccnis dans chacune de leurs provinces, ils occupaient en Lithuaitf soixante-douze monastères; en Pologne, soixante-neuf*; et» dehors des obligations fondamentales de la vie monastique, 3$ exerçaient le ministère sacerdotal sous toutes ses formes, s^
1. Ces chiffres et les suivants nous sont donnés par des catalogue* ^ ciels dressés en 1714 et tirés par S. E. le cardinal Pitra, des archlTei* l'ancienne nonciature de Pologne.