‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 24 sur 316 · CHAPITRE m. — PRÉLUDE DU MARTYRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — PRÉLUDE DU MARTYRE

apostolat. L'arliQce était grossier. « Laissez- moi, répondit Jo- « saphat , je suis prêt à donner ma vie pour Tunité catholique * . »

'L'archevêque voyait d*ua œil ferme monter le flot qui devait Tengloutir. Il pouvait calculer les heures qui le séparaient de sa fin, et, au lieu de trembler à l'approche du dernier moment, il rappelait de tous ses vœux. La soif du martyre le dévorait. Depuis plus de deux ans, il s'épuisait en efforts presque inutiles pour rassembler autour de lui son troupeau révolté . Il n'avait plus qu'une ressource, l'offrande volontaire de sa vie. Quelque temps auparavant, après avoir expliqué en chaire les dogmes de la Procession du Saint-Esprit et de la primauté du Pontife romain, tout à coup il fondit en larmes, et d'une voix étouffée par l'émotion :« Oui, s'écria-t-il, oui, c'est là lafoi véri- « table ; pour elle je donnerais ma vie, pour elle je serais « heureux d'encourir la mort *. • Cette exclamation et ces larmes avaient produit un tel effet sur lauditoire, que plusieurs schismatiques s'étaient convertis sur l'heure. Quand on engageait le saint archevêque à éviter les embûches des schismatiques : « Je sais, répondait-il, qu'ils veulent me tuer; mais jesais « aussi que les saints Pères ont été mis à mort pour la foi. »

« Vous me haïssez à mort, disait-il aux schismatiques eux- « mêmes, et vous désirez m'enlever la vie, et moi, je vous porte « dans mon cœur, et je serais bien content de mourirpour votre € bien.» Depuis qu'il pouvait prévoir que l'honneur du martyre lui était probablement réservé, il appelait avec une sainte impatience l'heure de l'immolation. Ses désirs perçaient dans ses discours, dans ses lettres, même^à table, dans ses entretiens avec ses amis « Que ne puis-je », répétait-il, « donner ma vie « pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour la foi catholique, pour « la sainte Union I Puissé-je, pour le Christ, mourir au a monde ^. »

Au milieu de ces rudes épreuves, lorsque la bénédiction divine semblait refusée à son ministère dans son diocèse, Josaphat recueillait encore de nombreuses consolations quand il s'adressait à des âmes étrangères à son troupeau. Au mois de juillet 1623, étant à Ruta, chez le métropolite, pour le

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