CHAPITRE V. — LE CULTE DK SAINT JOSAPHAT DE 1763 A
Le zélé sapérieur rendit un service plus grand encore à son monastère, en veillant avec un soin jaloux à ]a conservation du corps de saint Josaphat. Les libéralités indiscrètes de ses prédécesseurs et des provinciaux de TOrdre basilien pouvaient faire craindre que Biala ne perdit peu à peu son trésor. Pour éviter ce malheur, le P. Serafînowicz résolut de faire constater authentiquement Tétat des saintes reliques et d'empêcher qu'on en pût distraire à l'avenir la moindre parcelle.
Le 9 janvier 1780, il se rendit à Torokanie auprès du protoarchimandrite de sa Congrégation, et reçut de lui Tautorisation de visiter les reliques de saint Josaphat, après avoir prêté serment de n'en prendre aucun fragment.
Le 20 février 1780, la châsse fut ouverte en présence de tous les moines de Biala, et Joseph de Karres, médecin du prince Radziwill, fit la revision anatomique du saint corps. Il constata Tabsence de la main et d'une partie du bras gauche. L'os radius du bras, et les autresjusqu'à la paume de la main, étaient à Vitebsk ou à Polock, et la main presque entière dans Téglise des Jésuites de Varsovie. Le bras droit fut trouvé entier, mais dégarni en dedans de la peau et des chairs. Le doigt annulaire de la main droite avait été coupé par Tévéque latin de Yilna, Brzostowski, nous ne savons à quelle occasion, et était conservé dans cette ville. Les vertèbres du dos et les côtes avaient été également enlevées, ainsi que l'os caicanéum, le tarse, le métatarse et les phalanges des doigts aux deux pieds. Cette revision achevée, le P. Serafinowicz ferma soigneusement la châsse et la scella avec le sceau du proto-archimandrite.
Le jour même où le pieux sjapérieur procédait à cet examen, le pape Pie VI faisait droit à une requête qui lui avait été présentée en son nom et ordonnait que la châsse de saint Josaphat serait fermée â l'avenir par deux clefs, dont l'une serait conservée par le proto-archimandrite des Basiliens, l'autre par le P. Serafinowicz et ses successeurs dans son emploi. Celte sage précaution rendit impossible toute distribution indiscrète des reliques*.
Le 21 septembre de cette même année 1780, le Chapitre pro-
1. Y. aux pièces justificatives l'acte de cette rerisiou, dressé par le médecin du prince Radziwill. Nous Tarons trouvé, ainsi que le rescrit fie Pie VI, dans Szymanski, t. II, p. 298, 296.
vincial des Basiliens, réuni àTorokaoie, s*occupa d'aupmt'ji r la fondation de Biala et le culte de saint Jasaphal On cki désiré qu'une partie des revenus accordés autrefois par la rois de Pologne au monastère de Polock, uniquempnl pot Thonneur du saint martyr, fussent appliqués à 1 église quip» sédait son corps ; mais cette mesure était presque ineiécitabie, puisque Polock appartenait à la Russie. On cmigoa^ on outre de froisser le métropolite Jasoa Smogorrewski. <^ avait retenu le gouvernement de rarchevêché de Polock elç« prenait chaudement à cœur tous les intérêts. Des délègnèi furent choisis pour traiter cette affaire avec ce prélat ; mah • ne semble pas que leurs démarches aient abouti à an rml'^ utile pour le monastère de Biala.
Le Chapitre provincial s'occupa en outre de la châsse da^ gent, de la lampe et des ex-voto précieux offerts h saiot hm phat. Ce riche trésor était déposé au monastère de Zjr wet on le réclamait pour Biala. L'assemblée ne voulut pai (ju ces richesses fussent placées dans une église Qial défeitiiar contre les coups de main des voleurs et des gens de pem Klle ordonna de dresser Tinventaire du trésor el de le laisser ï Zyrowice jusqu'à ce qu'on eût disposé à Biala uq endroit siS pour le recevoir. Cette condition remplie, on pourrait opémb translation de ces précieux joyaux, mais après avoir pn^ If consentement des princes Sapieha, donateurs de la chà-s-eà saint Josaphat. Nous ne savons ce qui arriva dans la suite ; mi^ ce trésor sauvé avec tant de peine par 1g métropolite KoleEd:^ ne fut jamais apporté à Biala, et il a été sans doute piii*^ ^' détruit par les Russes * .
Après ce Chapitre provincial, le P. Théophile Serafinowk: quitta le monastère qu'il venait de sauver d'une ruine in?^ table. Le gouvernement de son successeur immédiat n'a fe aucune trace dans les annales du culte de saint Josaphat ; n^^ en 1784 la charge de supérieur de Biala fut donnée à un seiT leur dévoué de notre saint martyr, le P* Timothée Szcznn^wsi Docteur en théologie et protonotaire apostolique, ce religi^^^
1, Excerptumex aclisCapituli Provincialis in tract u Capituli Gntft^ OrdinLs S. Basilii M. Congregationis Ruthenœ^ die 2i sept, et sêqq. '^•--i Torocaniis an. 1780. Tiré des archives du monaatére de Bwtii P^^ P. Szymanski, t. II, p. 336.