CHAPITRE V. — LE CULTE DE SAINT JOSAPHAT DE 1763 A
avait exercé les deux charges importantes d'auditeur du métropolite et de maître des novices à Byten. Actif, zélé et rompu aux affaires, il continua avec succès l'œuvre de restauration commencée par le P. Serafînowicz. Dans des temps moins malheureux, le courage et Thabileté de ces deux hommes eussent suffi pour faire fleurir le monastère de Biala; mais, à Tépoque désastreuse où ils vécurent, ils devaient s'estimer heureux de aiaintenir et de consolider une fondation qui avait toujours été chancelante.
Le but principal des efforts du P. Timothée fut la reconstruction du monastère de Biala. Saint Josaphat lui était apparu en songe à Brzesc et lui avait ordonné de mettre la main à ce grand travail. Le pieux supérieur obéit, et parvint à recueillir pour cette œuvre des sommes importantes. En 1788, au Chapitre provincial des Basiliens, tenu à Zydyczyn, Tévêque de Ghelm, nommé à la métropole de Kiew, Théodose Rostocki, prit rengagement de fournir chaque année 10,000 florins sur les revenus de sa nouvelleéglise. Le supérieur des Basiliens de Minsk, Joseph Artecki, donna de son côté 10,000 florins une fois payés, pour Thonneur de saint Josaphat. Le P. Timothée avait provoqué lui-même ces libéralités, en annonçant qu'il donnait 6,000 florins au monastère de Biala pour Tentretien et l'éducation de quatre enfants « qui chanteraient les « louanges de Dieu devant les reliques de saint Josaphat * . »
Le pieux supérieur veillait avec le plus grand soin sur le saint trésor confié à sa garde. Le 9 février 1785,il assista, dans un nouvel examen des reliques, le P. Lucidus Woynillowicz, archimandrite de Kobryn, délégué pour celte revision par le proto-archimandrite de TOrdre basilien. Le saint corps fut irouvésans corruption et dans le môme état qu'en 1780.
Deux ans après, le 13 février 1787, lendemain de la fête de j
saint Basile, le P. Timothée eut une pénible alerte. On vint lui dire que la châsse du saint martyr avait été violée durant la nuit. Il constata en effet que la serrure et les sceaux avaient été brisés et quelques joyaux enlevés ; mais le saint corps était intact. Ce malheur ne servit même qu'à augmenter la gloire du saint martyr ; quelques mois après, les joyaux furent restitués
1. Acta Capituli Provincialis Zydyczinensis ^ ap. Szymanski, t. II, p. 340.
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SAINT JOSAPHAT. — LIVRE vm
par le voleur lui-même, et Tévêque de Przemysl, Maximilki Kyllo, fit recouvrir la châsse d'une riche étoffe de velours crimoisi, et la garnit à Textérieur de lames et de fleuroas d*8gent *.
Une description du P. Timothèe Szczurowski nous représente exactement l'état du corps à cette époque : « Lesreliqies M de saint Josaphat, dit-il, reposent dans un cercueil de bas K argenté et ciselé, fermé à trois clefs et scellé du sceau du Ptd- 4t vincial de notre Ordre. Il y a quatre ouvertures vitrées dau « le cercueil. Le saint porte une mitre d'une étoffe lamée â*or, Ci ornée d'une croix, une aube, une chasuble rouge, un hooA- ■ phore tissu d'or, une chaîne avec une croix sur la poitrine, dei « bas de soie et des souliers brodés d'or, et au doigt naasMU H garni d'un saphir. Le corps par devant est entier, à Texcefn tion de la main gauche et de Tavant-bras La niaîn droite i *i perdu un doigt. On a détaché également la peau de la plaoU ti des pieds et del'intérieur de la main ^. »
La dévotion des fidèles envers saint Josaphat avait toaioiBs [lugmenté, depuis que ses reliques étaient exposées publiquement dans l'église de Biala, et presque chaque année de aoaveaux miracles attestaient la puissance du saint thaumaturge. Le 12 juin 1786, Ignace, fils de Michel et de Catherine Mateezinski, âgé d'un an à peine, venait de mourir dans d'atroces convulsions. Desespérée, la mère prend le cadavre dans sfê bras, court à l'église des Basiliens, dépose ce corps inaoîDè miT l'autel du bienheureux Josaphat, et fait célébrer immédiatement une messe votive du saint martyr. Avant Tépitre. aa moment où le prêtre achevait l'oraison de saint Josapkat, Tetjant revint à la vie. Douze ans après (1798); son père atiesUH ce miracle • sur sa conscience et la foi du serment ». L'en£ui vivait en parfaite santé *.
1. Le manuscrit de Szymanski contient de nombreux détails sur cd érénement et sur les précautions prises par le P. Timothèe pour coasUteï, à cette occasion, l'intégrité des saintes reliques. On y trouve encofe deux procès- verbaux de Prosper Skarbek Wazynski, provincial de Ulliuanie et archimandrite de Zydyczyn, puis évêquede Ghelm, de iTSSel n89, relatifs à la visite des saintes reliques.