CHAPITRE V. — LE CULTE DE SAINT JOSAPHAT DE 1763 A
Dans Taulomne de 1790, un gentilhomme des environs de Bîala, veneur de la terre de Mielnik et commissaire de la république de Pologne pour cette contrée, nommé Luc Turski, vint demander un soir l'hospitalité au P. Timothée et à ses confrères, et leur raconta qu'au mois de juillet précédent, étant malade et complètement abandonné par les médecins, il avait réuni autour de lui sa femme et ses petits enfants et s'était voué en leur présence au martyr de TUnion. Il avait reçu ensuite les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, et la santé lui avait été rendue sur-le-champ. II venait k Biala pour rendre grâces à son céleste bienfaiteur. Le lendemain, en effet, le pieux gentilhomme se présenta à l'église, reçut la sainte communion, remit publiquement au P. supérieur un récit de sa guérison et en attesta la véracité par un serment sur les saints évangiles.
Cette reconnaissance, si simple et si vive, valut à Luc Turski une seconde faveur de saint Josaphat. En 1794, le saint guérit le fils de ce bon gentilhomme, atteint d'un mal incurable. Ce jeune homme fit, comme son père, le pèlerinage de Biala, et séjourna plus d'un mois au monastère, où les Basiliens purent s'assurer par eux-mêmes de la réalité de sa guérison ^ .
Le P. Timothée Szczurowski donnait à tous l'exemple de la confiance la plus naïve envers saint Josaphat. Le P. Szymanski nous en rapporte un trait, qu'on ne peut appeler un miracle, mais qui nous peint au vif Taimable simplicité de ce vénérable religieux. Il désirait depuis longtemps faire imprimer un petit livre pour ses missions ; mais la pauvreté de son monastère ne lui permettait pas défaire cette dépense. Son frère Antoine, burgrave de Zakroczym, voulut bien s'en charger, et profita d'un voyage de Varsovie pour passer marché avec un imprimeur. Au retour de la capitale, le bon gentilhomme prit sa route par Biala et eut le plaisir d'annoncer à son frère la prochaine arrivée du livre tantdésiré.Ce fut une joie pour tout le monastère. Le lendemain, le burgrave sortit pour aller en ville. Au retour, il s'aperçoit qu'il a perdu une bourse contenant cinq ducats de Hongrie. C'était une somme : le bon gentilhomme en était tout chagrin. « Mon cher frère, lui dit aussitôt le P. Timothée, si le « bienheureux Josaphat notre fondateur a agréé l'offrande