‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 253 sur 316 · CHAPITRE VI. — CANONISATION DE SAINT JOSAPHAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — CANONISATION DE SAINT JOSAPHAT

n*esi-il pas de se sacriOer pour le salut de ses frères ? Les Polonais, si prodigues de dévouement pour le service de leur patrie, n'en seraient-ils avares que lorsqu'il s'agit des intérêts de l'Eglise et de Jésus-Christ ?

11 était écrit que l'Union ruthène serait, jusqu'à la fin, une oeuvre dédaignée par ceux-là même dont elle était la sauvegarde. Il était facile de prévoir en effet qu'après avoir détruit l'Église uniate, le czar viendrait facilement à bout de l'Église latine dans les provinces polonaises de son empire ; mais rien ne pouvait ouvrir des yeux fermés par des préjugés séculaires.

Grâce à une disposition merveilleuse de la Providence, le seul évéché de Ghelm échappa à cette ruine totale de l'Ëglise uniate dans les États de l'empereur de Russie. Le pays de Ghelm était resté terre polonaise jusqu'au dernier partage ; et quand il passa aux mains de l'étranger, il fut attribué à TAutriche. En 1809, Napoléon Tincorpora au grand-duché de Varsovie, et Tévêque uniate prit rang, en qualité de sénateur, parmi les dignitaires de ce nouvel Etat. Après les traités de Vienne, le grand-duché de* Varsovie devint le royaume de Pologne; le czar n'osa pas enlever à Tévéque de Ghelm les prérogatives dont il jouissait ; et ce lambeau de Tancienne Ruthénie fut préservé en partie de la persécution, grâce à son incorporation à la Pologne latine. Les moines basiliens restèrent en paisible possession de leur monastère de Biala , et aucune entrave ne fut apportée au culte de saint Josaphat.

Durant ce long intervalle de temps, les reliques du glorieux martyr furent examinées plusieurs fois par Tautorité ecclésiastique. Prosper Skarbek Wazynski, ancien porto-archimandrite des basiliens, devenu évêque de Ghelm, accomplit cette visite avec une grande solennité le 25 mai 1797 et le 26 septembre 1800.

En 1826, Tévêque de Ghelm, Ferdinand Giechanowski, reçut nne magnifique chasuble archiépiscopale onsaccos* de couleur rouge brodée de fleurs blanches. Elle avait appartenu au métropolite Joseph Rutski et portait encore ses armoiries avec les initiales de son nom et de ses qualifications. Le posses-

1. Le Saccos est une sorte de dalmatique semblable à celle que porte le diacre dans l'Église romaine, mais plus ornée. L'usage en esl réservé dans rÉglise grecque aux seuls métropolites.

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seur de ce précieux vêtement eut la totichante pcthi faire hommage au bieufeeureux Josaphat, et pria l'évéqwtf« revêtir le corps du saint martyr. €iechaMowfiki vôulul accaiplir avec solennité cette pieuse mission, et se fit accompajBB à Biala par tous les dignitaires de son chapitre, au n^jàn desquels était le P. Paul Szymanski, l'infatigable toW^dim des monuments de Thistoire de saint Josaphat. Ud grand m^ bre de prêtres tant latins que ruthènes se joigainTil 1 cortège.

On descendit la châsse de Josaphat du îieti élevé od û était placée ; et après avoir brisé les sceaux apposés en par Tévêque Wazynski, le doyen du chapitre, Tardiidiacrt «I le chancelier de TÉglise de Cheim déposèrent le saint aiji sur une table et lui ôtèrent tous ses vêtements.

L'évèque l'examina et le toucha lui-mémo ; puis il fitnetto'^ le visage, le cou,le bras droit et la chemise, souillés parUi» d'une lampe cassée. « Les prêtres latins comme les u^l^ « dit le rapport officiel, se sont convaincus par leurs pnp « yeux que Dieu aime ses saints et qu*i/ préservç i^vtt « ments^ de telle sorte que pas un d'eux nVîf ^rMé^On a trouvé non pas une figure de cire ou des ossemeûtspoi « comme le disaient des blasphémateurs, mais desreH^ « liées ensemble par des muscles et des veines couveriez J^^ « chair à peine flétrie et d'une peau intacte *. »

Le P. Szymanski aida à nettoyer le saint corps. « Qn^^f a pris les pieds du Saint, dit-il, pour ôter et pourno fî^î' " a suite les pantoufles, j'y sentis l'élasticité des corps vinv-^ « J'ai eu la même impression en touchant les bras, en rcW « le corps, en le mettant presque sur le séant pendant qu#/ « changeais les vêtements. Pour essuyer l'huile répandue «r « le cou, j'ai découvert le buste jusqu'à la moitié de îi a trine; j'ai vu et j'ai montré à tous les assistants h à^ •c entièrement conservée ; on pourrait dire vi^^nte, si elk s'"^ « tait pas flétrie. Les cheveux et la barbe sont tombés, ^^ « par ailleurs le visage, le front, le devant el le derrière «l* ^ « tête sont intacts. Le nez est desséché i Textremité elj^

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