CHAPITRE VI. — CANONISATION DE SAINT JOSAPHAT
Depuis Clément IX, les Souyerains Pontifes n'ont pas coutume d'inscrire un Bienheureux au catalogue des Saints, à moins qu'un procès en forme ne démontre la réalité de deux miracles au moins opérés par ce serviteur de Dieu depuis sa béatification. Pie IX, qui avait dispensé de ces longues procéd lires pour les martyrs japonais canonisés en 1862, était disposé à accorder la même faveur au bienheureux Josaphat. Le promoteur de la foi fut chargé d'examiner Tétat de la cause ; et il conclut qu'Urbain YIII^ ayant déjà déclaré, le 22 novembre 1642, que Ton pouvait procéder à la canonisation solennelle du saint martyr, il suffisait de consulter une dernière fois la Congrégation des Rites sur Topportunité du décret dit de tutOy qui termine les procès de canonisation entrepri s devant ce tribunal. Le 8 janvier 1865, le Souverain Pontife réunit en sa présence, au palais du Vatican, tous les membres de cette Congrégation et leur posa la question d'usage : « Peut-on pro- « céder en toute sûreté à la canonisation solennelle du bienheua reux martyr Josaphat ?» La réponse fut une affirmation unanime. Cependant le Saint-Père voulut attendre et prier encore avant de publier un décret conforme à l'avis de la Congre* gation.
Ces actes préliminaires n'avaient pas échappé à l'inquiète surveillance des agents russes à Rome. L'alarme fut donnée à Saint-Pétersbourg ; une campagne contre le bienheureux Josaphat commença dans les journaux du gouvernement ; et la diplomatie multiplia les démarches auprès du Saint-Père pour empêcher la canonisation. Le ezar et ses ministres entreprirent, dit-on, d'éclairer la conscience de Pie IX et de lui prouver que Josaphat n'était pas digne d'être inscrit au catalogue des saints ^
i. La lettre de LéoaSapiehaà saint Josaphat fut exhibée en cette occa* sÛMa comme une preuTC sans réplique.*
Dans la presse périodique, le feu fut ouvert les 13-25 décenabre 1864 par «m grand article fourni par M. Koyalowitch à V Invalide russe. Ce lourd Iftctum eût peut-être passé inaperçu, grâce à Tabsence complète de talent qtd caractérise son auteur; mais M. Katkof le signala à l'attention du public, dans sa Gazette de Moscou^ le journal le plus important de la Russie. De nombreux articles, publiés dans diverses feuilles périodiques, feproduisirent les mêmes accusations contre saint Josaphat. Nous les avons dé] A discutées dans le chapitre y du livre III de cette histoire.
Plusieurs écrivains catholiques tinrent à honneur de défendre saint
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Pendant que les journalistes de Moscou et de Sainl-Péler?^ bourg prodiguaient les injures au saint martyr de l'Union, les catholiques polonais faisaient parvenir au pied du trône apostolique leurs prières pour la prompte canonisation de leur saint compatriote. Une adresse avait circulé dans ïe duché di PosenJaGalicie et les principaux autres centres de rémigratioîi polonaise. On y voyait, à côté des signatures des Czarlarysli. des Sapieha, des Sanguszko, desZamoyski, des Rzewustijes noms de généreux citoyens, que leur courage et leur détona ment à la patrie ont placés dans le respect de la Pologne aa niveau de la vieille aristocratie, le général Clilapowski, fe^ donné Zaleski, le général Breanski, Th. Morawski, etc. (^ n'avait demandé aucune adhésion dans Tempire russe, h peur de provoquer des persécutions nouvelles ; mais Jes anlecfi de celte pièce pouvaient se donner, à bon droit, comme kî fidèles interprètes des vœux de toute leur nation, lorsqnl parlaient au Pape.
a Pénétrés de reconnaissance pour les bienTailssaos nomtr a de Votre Sainteté, disaient-ils, nous venons nous jeter à f^^ « pieds, Très-Saint-Père, pour obtenir une nouvelle faveur, li « canonisation du bienheureux Josaphat, mis à mort pai îc^
Josaphat. La Civilta cattolica im^nm&j le 4 novembre 1865^ un enyM' article sous ce titre : // B. Giosafat calunnialo dai sdsmatii^i. Le B- P' Martinow et M. Edmond de THervilliers publièrent deux bîo^pliiif* ^' saint martyr. Le journal le Monde donna, les 27, 29 juin et 3 juUld <8^ trois articles composés par l'auteur de ce livre, que le Jouirai de S™- .relies et tous les journaux polonais reproduisirent. M. KoyaJowitch r^pt qua en annonçant la publication d'une série de documents, qui Imfsi toucher du doigt le caractère oppressif de la propagande uniate ta i^ siècle. Après quelques mois d'attente, on vit paraître une colI«tif>niî pièces, sorties, pour la plupart, de la plume des schismatiques et<s:*' nues depuis longtemps par tous les historiens de rUnion. Quatre ou ^ seulement se rapportaient de près ou de loin à l'époque et nus triTM' de Josaphat. Il n'en est pas une s^le que nçus n'ayons citée et disciri^ dans eei ouvrage.
Le lecteur jugera lui-même de la valeur de ces pières, quand uou* J^ en aurons donné l'indication : n* xv, l'acte du concile de Braesc el 1» protestation des schismatiques ; n' xvi, discours du prince OslrogïtJ * l'occasion des persécutions contre les Orthodoxes et de la raîfs en ^a^^tion de Nicéphore ; n« xvii, règlement de l'Assemblée de Vilua^ *'^ ■ no xvni, discours de Félix Herburt sur le peuple rulhène ; n'uip^^"^^ adressée à la Diète de 1623 par les gens de la religion grecque. Td ^^ '^ dernier effort de la science schismatique contre saint JosaphM*