CHAPITRE m, CANONISATION DE SAINT JOSAPHAT 4Q
retardé la glorification de Josaphat afin d'assurer un nouveau protecteur à l'Église dans des temps diffîciiles. « Une tourbe a d^hommes séditieux, disait le décret pontifical, agite presque « teutTunivers ets^harne en particulier contre cette chaire «c apostolique 4e Pierre : «'est l'heure pour le bienheureux « Josaphat d'accourir du ciel. Celui qui a courageusement « défendu la primauté du Saint-Siège par l'efiPusion de son « sang, confondra, par son intervention, les conseils ténébreux c( de oes conspirateiars. »
Le Pape fit publier <ensuite un second décret de même nature que le premier, concernant la béatification du vénérable Jean Berehmans, novice de la Compagnie de Jésus ; et dans une éloquente allocution, fl fit ressortir le contraste du caractère des deux saints personnages qu'il venait d'honorer. L^un n^avait vécu que quelques jours dans la paix d'une maison religieuse ; l'autre , au contraire, avait supporté vingt années de tribulations; tous les deux avaient cependant recueilli la même récompense ; et leurs vertus devaient également servir de modèle aux chTé tiens. Si les bourreaux qui, comme ceux de Josaphat, brisent la tète à coups de hache, sont devenus rares, ceux qui tuent les âmes par le poison des mauvaises doctrines deviennent chaque jour plus nombreux et plus pervers ; et contre ceux-là, tous doivent combattre avec l'énergie qui valut àFarehevéque dePolock la palme du martyre.
A ce moment, Rome se préparait déjà à célébrer le dix-septième anniversaire séculaire du martyre des saints apôtres Pierre et Paul. Le Pape résolut dès lors d'unir la canonisation de saint Josaphat à cette solennité. Honorer en ce grand jour un martyr de l'unité catholique et de la primauté du Siège apostolique, c'était rendre un nouvel hommage à la divine prérogative du Prince des Apôtres. Les dix-neuf confesseurs de la foi, immolés près de Gorcum, en Hollande, pour la défense du mystère de l'Eucharistie et de l'autorité dogmatique de l'Église, et le bienheureux Pierre d'Arbuès, mis à mort par les Juifs qu'il poursuivait comme inquisiteur de la foi en Aragon, , devaient être proposés en même temps à la vénération des fidèles.
Dans les deux années d'attente qui s'écoulèrent avant le glorieux anniversaire,le Souverain Pontife manifesta Tintention d'unir à ce groupe déjà nombreux de martyrs, deux confesseurs,
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le B.Paul de la Croix, fondateur des clercs réguliers de k Passion de N.-S. Jésus-Christ, et le B. Léonard de Port-Mami^, missionnaire de TOrdre des Frères-Mineurs de la stricte Ûbsevance, etdeux vierges, Marie-Françoise des Cinq-Plaies, di tiers-ordre de saint François, et Germaine Cousio, humlile bergère de Pibrac, près Toulouse .
Dès le 8 décembre 1866, Pie IX avait invité tous les évqua de la chrétienté à venir célébrer avec lui la fétc centenaire éa saints apôtres. Plus de cinq cents répondirent à cet appel; «t toutes les églises, tous les rites, toutes les contrées du glob* furent représentés à cette solennité d'un éclat incomparabk. Déjà la plupart de ces augustes pèlerins étaient arrivés àta^ lorsque la cause du bienheureux Josaphat fut portée àt\m\ li Consistoire.
Dans les anciens usages deTÉglise romaine, l'inalrudiûn ri le jugement des procès de canonisation étaient réseriés m cardinaux assemblés sous la présidence du Pape. Ledn)ilà Sacré-Collège est encore sauvegardé de àos jours ; et Jeproff;, conduit par la Congrégation des Rites et terminé par le àM dit de tuto^ n'estqu'une préparation au jugement solennel porte par le Consistoire, après lequel le Souverain Pontife read,^ sentence infaillible.Dans une première assemblée, tenue le3j[iii! 1867, les causes du bienheureux Josaphat, des martyrs ^ Gorcum et du bienheureux Pierre d'Arbuès, furent plaidw* devant le Pape et le Sacré-Collège par lavocat coni?i^i ru! François Morsilli. Le 12 du même mois, les cardinaux et^rès de quatre cents évoques, réunis dans le vestibule supérieari" la basilique vaticane, autour du Saint-Père, répondirect loEi unanimement que ces serviteurs de Dieu leur paraissaiec! mériter les honneurs de la canonisation.
Quelquesjours s'écoulèrent encore dans raticnte et la prière. Enfin, le 29 juin 1867, le canon du château Saint-Ange et 1?* cloches de toutes les églises saluèrent Faube de la fête uit désirée. Les cérémonies de la canonisation commeDceot ^ une procession de tout le clergé séculier et régulier de Rotû'' qui conduit le SouverainPontife du palais du Vatican h laba*^" lique de Saint-Pierre. L'usage est d*y déployer de gramlf^ bannières à reffîgie des saints qui vont être couroomi K l'Église. Celle du bienheureux Josaphat était portée par k^ membres de la confrérie des Cinq-Plaies de Notre-SeigDeur.el