CHAPITRE VI. — CANONISATION DE SAINT JOSAPIIAT
Le canon du château Saint- Ange et les cloches annoncèrent que la sentence tant désirée était rendue ; et un cardinal-diacre adressa, au nom de l'Église entière, la première supplication aux nouveaux saints. «Priez pour nous, saints Josaphat, Pierre, « Nicolas et vos compagnons, Paul, Léonard, Marie-Françoise c etGermî^ine». Le peuple répondit: « Afin que nous devenions « dignes des promesses du Christ. » Le Souverain Pontife chanta une oraison dans laquelle tous ces serviteurs de Dieu étaient invoqués à la fois ; puis il commença le sacrifice de la messe, durant lequel il fit mémoire des nouveaux saints*.
A Toffertoire, les cardinaux de la Congrégation des rites présentèrent, selon Tusage, au Souverain Pontife cinq cierges ornés de brillantes peintures, deux petits barils, Tun d'eau, Tautre de vin, et trois volières renfermant, Tune deux tourterelles, Tautre deux colombes, la troisième quelques petits oiseaux, symbole des vertus des saints canonisés . Ces offrandes sont portées par les personnes qui ont entouré dans la procession la bannière de chacun des saints canonisés. Pour saint Josaphat, cet honneur revint donc aux Basiliens de Grotta- Ferralaetau P. Dombrowski. Le Pape avait enjoint de leur associer quelques-uns des prêtres ruthènes présents à la cérémonie ; la maladresse d'un officier subalterne empêcha malheureusement l'exécution de cet ordre.
Sur le soir, toute la ville fut illuminée, et, parmi les édifices les plus brillamment éclairés, on remarqua le collège grec et Téglise de Saint-Athanase, Téglise etla maison de Saint-Claude des Bourguignons, dont les décorations étaient spécialement consacrées à saint Josaphat ^.
Après une canonisation, Rome se réserve le droit d'honorer la
1. Mgr Dominique Bartolini, qui, en sa qualité de secrétaire de la Congrégation des Rites, a eu la part principale dans les travaux de cette canonisation, en a publié lea actes en deux magnifiques volumes in-4', aussi remarquables par l'élégance du style que par la splendeur de Tcxécution
\ typographique. Ce monument est vraiment digne de la fête incomparable dont il a pour objet de perpétuer le souvenir.
2. L'église de Saint-Claude des Bourguignons est une fondation française '<iu'un de nos ambassadeurs avait confiée aux religieux de la Résurrection» fondés par des Polonais et Polonais eux-mêmes pour la plupart. Lors des travaux qui ont remanié cette partie de la ville, les Résurrectionistes se «ont retirés et Téglise a été occupée par les Pères de la Congrégation française du T. -S. -Sacrement.
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première chacun des nouveaux saints par un lriomptiepa?t culier. Un mandement du Cardinal- Vicaire fixa celui desaïaJ Josaphat au 13 juillet; et, en y conviant le peuple romatiuî Tinvitait à demander, par Tintercession du glorieux marlyr.fe retour des nations schismatiques à Tohéissance du Saint-Si^ L'église de Saint-Athanase, choisie pour cette fête, futdticflfiî de draperies d'or dans le style grec; et sur Ticonostase, ip ferme le sanctuaire, on plaça Timage de saint Josaplial, eu dans la gloire.
Le premier jour de la fête, le sacrifice de la mesrîe ful€él*i dans le rite gréco-slave par Tarchevéque ruthène de lé<ïp4 assisté par Tarchevêque de Nazianze, Semhratowîci, Tèv^p des Bulgares, quatorze prêtres ruthènes et deux diacr^j. Ci chœur de musiciens exécuta tous les chants en langue slave?ff un rythme plein de majesté. Le soir, les prâtres rulhènes ch^ tèrenteux-mêmesles vêpres, et Tarchev^^que de Léopoï pr' i: ' ' en langue ruthène le panégyrique de saint Josaphat,
Le second jour, les offices furent célébrés poulificaleai^iL selon le rite latin ; et le P. Jérôme Kaji^iewicï, supérieurgec!^ rai delà Congrégation de laRésurrection^pronoaça un discwfll en langue polonaise. Vétéran des guerres de l'indt^pendance^ fondateur d'une congrégation qui a produit déjà de ^rauè fruits de salut dans l'émigration polonaise, ce Ténérabi^ rJ^ gieux avait conquis, sur les deux champs de bataille de b guerre et de la charité, le droit de faire entendre à ses i^m^ triotes ces sévères leçons doiît la Pologne a besoin. Si ^^* qu'un l'eût accusé d'être un détracteur de sa patrie. lec'Ci^ geux prêtre eût pu répondre en montrant la glorieuse \^'^ qui sillonnait son visage, et lesrides profondes que les fatin^ de l'apostolat avaient creusées sur son front. « La patrie ' ^^ « il pu dire, qui donc Ta plus aimée que moi ? ■ En -^"^ occasion, le vaillant orateur avait devant lui les représeniac* de ces deux branches de la famille polonaise, que des ^n\^ et des intrigues déplorables mettent en garde Tune cûiW l'autre. Il sut leur dire la vérité avec uue énergique fraot^îii'^
Le P. Kajsiewicz esquissa d'abord à grands traits lii ^^■ de saint Josaphat, moine, apôtre et martyr, et rappela \H^^ dont Dieu avait honoré sur la terre son serviteur. Cesdeaspfî^ mières parties suffisent pour faire de ce discours le plusk** monument consacré jusqu'à ce jour en langue pobûaise à 1*