‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 267 sur 316 · CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

touchaote unanimité de la population dans la résolution qu elle a manifestée de vouloir rentrer dans le sein de l'Eglise mère. Je nepeuxm'empécher de reconnaître à cette occasion combien je dois savoir gré aux personnes qui par leur tact si fin et par leurs procédés délicats, ont contribué à Theureuse issue de cette grande œuvre.» Comment un prince loyal et clément, dont le nom passera à la postérité avec le titre glorieux de libérateur des paysans de son empire, pouvait-il être aveuglé par les illusions de sa politique et trompé par les rapports de ses subordonnés au point d'écrire de bonne foi de semblables lignes?

Le tzar avait invité le gouverneur et l'armée des employés de tout grade à travailler pour achever Theureuse conversion des grecs unis de Podlachie et pour la rendre inébranlable. Tout Tarsenal des lois russes fut mis en mouvement pour ôter aux malheureux uniates tout moyen de participer au culte catholique et de communiquer avec l'Eglise romaine. Un prêtre latin qui leur administrait les sacrements était par ce seul fait passible de la déportation en Sibérie. Les soldats enlevaient de force les nouveau-nés des bras de leurs mères pour les porter au baptême schismalique, et quand une famille se refusait à fréquenter Téglise orthodoxe, des garnisaires placés dans la maison et vivant à ses dépens, la ruinaient, la maltraitaient à leur gré et finissaient à la contraindre, de guerre lasse, à l'acceptation tacite du régime nouveau ^

Malgré tout, des milliers d'uniates ont préféré Tabstention complète de tout culte public k la participation aux cérémonies schismatiques. Un Russe orthodoxe a vu une femme briser la tête de son nouvean-né contre un mur plutôt que de le laisser baptiser par le pope. Ailleurs, des parents se sont asphyxiés avec lenfant qu'on voulait baptiser de force. Quand l'heure du mariage a sonné, des jeunes gens préfèrent être considérés par la loi comme concubinaires que d'accepter pour leur union la bénédiction du pope. Ils savent que s'ils se présentaient devant lui, ils livreraient d'avance à l'Eglise orthodoxe les âmes de leurs enfants : ils aiment mieux atteadre l'occasion de se faire marier secrètement par un prêtre catholique. Us passent pour cela la frontière et viennent demander à l'Autriche une heure trop courte de liberté religieuse pour se

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