‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 276 sur 316 · CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

parSzczepkowski, complètemeni dévoué à cette œuvre, comme ses devanciers les Jésuites de Vilna, maîtres de saint Josaphat. Les novices qui se présentèrent étaient presque tous des adolescents âgés de 14 à 16 ans, qui avaient parcouru à peine la moitié de la carrière des études littéraires. Après le noviciat et la première profession, il fallut leur faire achever les humanités et la rhétorique, de telle façon qu'à la fin du cours littéraire, ils possédassent le grec avant tout, puis le latin et les langues polonaise et allemande ; la philosophie commença ensuite et retint ces jeunes gens durant deux années. Le cours de théologie acheva leur éducation, et alors le jeune moine devenu prêtre était en état de servir TEglise dans le ministère apostolique.

A côté de ces adolescents, un jeune homme portant un nom illustre dans la noblesse polonaise et tout spécialement cher à l'Eglise ruthène, le jeune comte André Sczeptycki, s'est enrôlé dans la milice basilienne, et donnant l'exemple aux Latins, il n'apas reculé devant l'apparente humiliation d'un changement de rite si opposé à tous les préjugés de lasocîété aristocratique au sein de laquelle il avait grandi. L'Eglise ruthène conserve avec honneur le nom des deux métropolites de Kief, Sczeptycki. Espérons que le généreux sacrifice de leur arrière-neveu sera agréable au Seigneur et trouvera dans les rangs de la jeune noblesse de courageux imitateurs II faut pour l'honneur et le salut de la Pologne que l'indifférence parfois criminelle, les dédains, les persécutions même d'autrefois soient effacés par un dévouement sans borne à cette Eglise ruthène tant méprisée aux jours de prospérité et si complètement abandonnée à ceux de l'épreuve. La noblesse polonaise ne peut plus combattre, le sabre à la main, pour la cause nationale ; mais le vaste champ de l'abnégation et du sacrifice reste ouvert devant son cœur généreux. Elle aurait pu dominer autrefois toute la race slave et la souder du même coup à l'Eglise catholique et à son empire ; elle n'a pas su le faire. Qu'elle prenne aujourd'hui sa revanche, et après avoir perdu les combats qui donnent la domination de ce monde, qu'elle tourne son activité vers ceux qui assurent les triomphes du ciel.

Léon XIII répète la parole fameuse d'Urbain VIII : « Par vous, ô mes Ruthènes, je convertirai l'Orient, i Pour que les Ruthènes puissent répondre à cet appel du Souverain Pontife,

il faut que leurs rangs soient renforcés ; il faut que les descadanls de ceux qui les abandonnèrent par vanité et esprtl tn-îtdain aient 1 abnégation chrétienne de descendre jusqu'à em *! di: revenir au rite délaissé par leurs pères. Quand on verra 1^ c toi ires basiliens peuplés par des gentilshommes polonais, 1 aitagonisme créé par la politique d'abord, et excité ensuite par Tesprit schismatique, disparaîtra de lui-même, et Tordre B» lien reprendra dans la société et dans TEglise une situatitïi qu'il ne connut guère même dans ses plus beaux jours.

Ces espérances, nous le souhaitons, ne seront pas un rêTe: en lout cas, la réforme des Basiliens a déjà produit des fruiii. Cette famille qui date d'hier, qui s'est recrutée péniblemiËi et qui a dû passer par d'obscures années de préparation, doute des signes éclatants de sa vitalité. En 1890, après huit ano^-i si!ulement de travail, la Congrégation comptait déjà 1 4 mciin*^ prtHres, profès de vœux solennels ou, comme dirent les Grecs, 14 hieromonachi, 43 jeunes profès éludianls é 23 Frères convers. Son catalogue de 1897 enregistrait les noms de 46 moines prêtres, de 40 étudiants et 2o0 frères coQv**r^ Neuf colonies sont parties déjà de Dobromil pour repeupler \t moDastères de Lawrow (1884J, Léopol. (1887), Crislinop'j (1888), Zolkîew (1891), Krochow (1892), Buci^awz (1893 liaukowre (1896), et Drohobycz (1897). Une fondation [ . nouvelle même a été faite en 1895, à Michalowka, près d^ frontière russe. I.es anciens Basiliens, réduits à une vinçlainr n'occupent plus que cinq monastères. Des dix possédés pe les réformés, trois seulement sont encore sous la direction d> Jésuites. Un religieux de la même Compagnie, le PO: Mydeslki, exerce le pouvoir de Provincial Protohégoumène, r cinq ou six de ses confrères sont encore occupés en qualil^ d supérieurs, de professeurs de théologie, ou de maître d novices. Mais dans sept monastères Tautoritc est déjà dan§ l. mains de jeunes moines. Après le noviciat fuit à Dobromiï i^ passe à Lawrow pour y étudier la philosophie d*aprrprincipes de saint Thomas, puis à CrisUuopol pour théologie: quelques sujets d'élite vont faire un cours supériei au collège de la Compagnie de Jésus, àCracovie et au reloQ sont en mesure d'enseigner la philosophie, la théologie âoi^ matique et morale.

Les travaux apostoliques ont été entrepris avec une mervci

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