CHAPITRE Vil. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES
leuse ardeur et onl produit des fruits extraordinaires au milieu d'une population pour laquelle le zèle sacerdotal était chose inconnue. Sur dix monastères, six possèdent des paroisses, J*une de 5,000 âmes. Les moines en ont déjà pris le gouvernement et y ont fondé des écoles populaires. En 1889, ils ont commencé à donner des missions, avec un zèle et une abnégation d'autant plus méritoires que les prédicateurs sont tous surchargés de travail, étant déjà hégoumènes, professeurs ou administrateurs de paroisses. Dans Tannée 1897, par exemple, dix-huit missions ont été données. Chacune d'elles a été suivie d'une communion générale des paroissiens et quelquefois de milliers de fidèles accourus des alentours. Ces pauvres gens, en se présentant au saint tribunal, avouent aux missionnaires basiiiens qu'ils ne savent pas se confesser, qu'ils n'ont jamais entendu de sermon, qu'ils n'ont presque aucune instruction religieuse, et il faut un long et pénible travail pour les disposer à Tabsolution. La fatigue est écrasante pour les moines, mais des résultats merveilleux couronnent leurs efforts. Dans plus d'un village, le cabaret qui regorgeait de monde avant la mission est désert après sa clôture, et le Juif qui le tenait est obligé de se transporter ailleurs, faute de clients. Dans la ville de Steryi, tout infectée de socialisme, les 5,000 habitants ont rejeté ces fausses doctrines. Partout de nombreux mariages sont légalisés, des concubinages prennent fin et l'on voit la vie chrétienne renaître dans ces populations encore pleines de foi, mais si déplorablement abandonnées.
Le clergé séculier ne voulait pas tout d'abord entendre parler d'une réforme des Basiiiens. En 1882 il envoyait à Rome des protestations contre la lettre apostolique qui la prescrivait, et à Vienne des députations, pour que l'on en arrêtât l'exécution ; il réclame maintenant avec tant d'empressement le concours des moines pour des prédications et des missions que ceux-ci sont obligés d'en refuser la moitié. Les nouveaux disciples de saint Josaphat ont commencé également par des retraites un apostolat très fruclueux, dans les séminaires ruthènes d abord, fK Léopol et à Przemysl où ils donnent les exercices deux fois par an. A Léopol également et à Dobromil ils réunissent plusieurs fois chaque année 20 et 30 prêtres séculiers à la fois pour les exercices spirituels. Souvent ils se rendent dans une ville de province, et là tous les prêtres du doyenné se rassem-
blent autour d'eux daus le même but. A Léopol encore ils d(»aent des retraites spéciales pour la jeunesse des collèges, la élèves dupelit séminaire, les écoles déjeunes filles, mêmepow les employés et les professeurs, la classe lettrée, pourl» hommes et les femmes. A la suite de chacune des retraites il y a 130 confessions sérieusement préparées. Les zélés missioinaires se transportent à Przemysl, Tarnopol, Buczacz et ùttnowitz pour y prodiguer aux âmes les mêmes bienfaits.
L'apostolat par la presse est commencé depuis le mois de 1897, par la publication d'un petit journal intitulé le Musionnaire. Il est déjà tiré à 15,000 exemplaires, lorsquWciiM publication ruthène n'avait pu jusqu'à présent dépasser le chiffre de deux mille abonnés. Quelques livres populaires c* été imprimés et vendus, de petites brochures ont étécoaposées et semées à profusion. Le monastère de Zolkienp«' sède déjà une imprimerie, deux prêtres Bulgares enfin et m Russe, fils d'un pope deKiew,sont venus s'enrôler sous la basnière de saint Basile et de saint Josaphat dans Tespoir df travailler un jour au retour de leur nation à Tunité catholique. De pareils résultats obtenus en quinze ans tiennent du prodi^f et proclament hautement le zèle et Texpérience apostolique des Pères de la Compagnie de Jésus, qui ont commencé l'œumel qui en gardent encore à l'heure présente la direction suprême
La Règle de saint Basile est presque exclusivement ascétique, et l'observance et l'organisation des monastères ont besaii d'être déterminées par des statuts plus précis. Nous avons sois les yeux le sommaire des constitutionsproposéespar les Jésuil» à la jeune famille Basilienne. Elles sont rédigées avec unegraiA connaissance de la vie religieuse et une concision admirable. Les jeunes Pères n'ont pas besoin d'autre manuel pourcoBnaître et pratiquer les devoirs essentiels de leur état. On peut regretter que le côté monastique et oriental de l'inslilnl dJ soit pas plus nettement accusé. Là est l'écueil pour la réforoc nouvelle. Les besoins sont si grands en Galicie que lemiDi** 1ère extérieur tend à absorber entièrement les Basiliens. Facilement ils deviendraient une famille de clercs réguliers, d'oae vie exemplaire et mortifiée, récitant quelques offices en coiftmun,mais ne pouvant pas faire des exercices delà viemoDistique, l'œuvre capitale de leur vie. Si cette tendance venait * prédominer, leur rôle se réduirait àcelui qu'exerce dansnotrt