‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 278 sur 316 · CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

Occident, en France, par exemple, telle pieuse et utile Congrégation de missionnaires diocésains. LTglise attend d'eux autre chose. La vie qui anime encore TEglise grecque, les Eglises gréco- slaves en particulier, est entretenue par les monastères. Il n*y a plus de vie surnaturelle intense que dans ces asiles où Ton trouve encore des pénitents et des hommes de prière, et s'il reste encore dans ces corps décrépits un peu de vie intellectuelle et d'instruction, c'est dans les monastères qu'on les trouve, sauf de rares exceptions. Pour le Grec, pour le Russe, les laures du mont Athôs, de Troïtza ou des Cryptes de Kiew sont les images vivantes de la Jérusalem céleste, et c*est en les contemplant que sa foi reste invincible. Quand les Basiliens de Galicie posséderont un véritable monastère, dans lequel les offices de leur rite seront célébrés avec la même splendeur que dans ces sanctuaires vénérés ; quand à la vie laborieuse qu'ils mènent avec tant d'édification, ils pourront unir les exercices de la vie claustrale dans toute leur ampleur ; quand, en un mot, tout Slave du rite grec qui visitera leurs demeures reconnaîtra, même à leur costume, qu'ils sont en tout les fils légitimes de saint Basile et de saint Josaphat, les admirateurs enthousiastes de leur rite, les conservateurs les plus zélés de la tradition non seulement ruthène mais orientale et gréco-slave, alors les préjugés tomberont et un seul de ces monastères, par le fait même de son existence, sera la preuve palpable des intentions loyales de TEglise romaine à l'égard de ses sœurs du rite grec et de son zèle sincère pour le maintien de leurs traditions parfaitement compatibles avec la soumission au Pontife romain.

Pour montrer ce que peut même de nos jours une famille religieuse pauvre, peu nombreuse, persécutée mais fidèle à sa vocation et conservant avant tout le caractère monastique dans sa vie et dans ses œuvres, qu'il nous soit permis de citer le nom de D. Guéranger, notre Père, et de l'abbaye de Solesmes, notre monastère de profession. Pie IX a dit à l'Eglise entière que de cette humble maison lui était venu le secours décisif dans quelques-unes des entreprises les plus difficiles de son pontificat, la restauration de la liturgie romaine en France, la proclamation des deux dogmes de l'Immaculée Conception delà très sainte Vierge et de Tlnfaillibilité pontificale. Que nos Frères, les Basiliens ruthènes, soient avant tout des moines, et

Dieu seul sait ce qu'ils peuvent opérer dans le silence de leor cloitre pour le bien de TEglise I

ïls né doivent abandonner aucune des œuvres auxquelles ib se sont voués avec tant de zèle ; mais il est nécessaire qu'ils aient ai besoin le courage d'en arrêter l'essor pour nsainknir et développer le caractère contemplatif, essentiel k leur tù. S'iïs se bornaient à reprendre les traditions de leurs père^df la fui du xvii" et du xviii" siècle, ils s'épuiseraient bien tite par une activité trop peu soutenue par la prière, et ils tromperai a les espérances que TEglise fonde sur eux pour Tapostolald? rOrient.

Autour d'eux des âmes simples et généreuses aspirent àl:. paix du cloitre, à une vie pénilente et laborieuse, auxffu^p tiens prolongés avec Dieu, à une séparation absolue du inj:i'i. Qu'lts leur ouvrent bien vite un asile sans entraver leuri?^^ r par dt^s études prolongées et difficiles. Les savauts et le? prêtres eux-mêmes n'étaient qu'une faible minorilé parmi crf centaines de moines qui peuplèrent le Mont- Cassin, Sain l-ijaif et Cîuny aux grandes époques monastiques. Qn^elle viat mà^ chAleîLUx ou des campagnes, la masse était peu lettrée, el cel^: elle cependant qui faisait le monastère nombreux et puisf^anL fiuî le soutenait par sa fidélité à l'observance, la ferveiirde^ prière el l'exactitude de son obéissance. Les pri-treseï If^ savants enseignaient cette masse plus ou moins înculle. ^ dirigeaient, lui administraient les sacrements, étaient en un mat te ferment qui l'animait et la fécondait; et labbaye ain^i constituée était le centre de la vie religieuse d'un pays, eim peut dire pour le Cli>ny du x« et duxi« siècle, de toute ia clireiienté. Un vrai monastère basilien, établi d'après cette donûè^. devieudrait le lieu de préparation et de repos des missiDC' naires, une pépinière de saints évéques, une école de scienÉS sacrée, la manifestation tangible de la vie chrétieûne daosïa forme la plus élevée, et par là même un foyer d^aposlolatdon. Taclion rayonnerait bien au delà des frontières de la Giù-^^

Quoi qu il en soit de l'avenir, pour le présent la réforme des UasilieDS a provoqué un mouvement de réaction de fe^pn! catholique au sein de l'Eglise ruthène. Ce serait une iïlusiiB de cioiro que le péril a cessé, queles préjugi-s auticalhoïiqiies î^e sont dissipés ; mais il y a un travail dans les espnls ei fav^iur de l'Union et une résistance aux intrigues des faol^iff

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