CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES
du schisme. Ce n'est point à nous de nous en faire Thistorien. Notons seulement l'importante réunion d'un concile célébré à Léopol en 1891. Il n'est pas de notre rôle de résumer ni d'apprécier ici les sages lois édictées par cette assemblée et approuvées par le Saint-Siège. Mais nous devons dire que le concile a pris à tâche de relever le culte de saint Josaphat en ordonnant de chômer sa fête chaque année et de la célébrer avec vigile nocturne. Au chapitre de la vénération des saints, nous lisons: m Parmi les saints, la vénération des Ruthènes doit s'adresser d'une manière spéciale à ceux qui ont supporté les plus grands travaux pour notre conversion et notre langue liturgique. Comme les saints Pères Cyrille et Méthode, saint Josaphat, tout récemment canonisé par le Siège apostolique et proposé aux hommages de l'Eglise catholique entière. En particulier quant à ce saint hiéro-martyr Josaphat qui a scellé par son sang rUnion, il a plu au concile de transférer son office du 16 septembre au 12 novembre, jour de son martyre. »
Dans les conseils adressés aux prêtres sur la sainteté de leur vie, le synode leur dit : « Les prêtres, en toute occasion, par l'intégrité de leur vie, s'efforceront d'être des chasseurs d'âmes, â l'exemple des saints Josaphat et Gaëtan qui méritèrent d'être ainsi appelés par leurs peuples a chasseurs et ravisseurs d'âmes ». Le concile enfin louait l'œuvre de la réforme basilienne et le zèle des jésuites qui en étaient chargés.
L'année 1895 ramenait le troisième centenaire de l'Union de Brzesc, c'est-à-dire du pacte qui avait réconcilié l'Eglise ruthène avec celle de Rome . Un des indices de l'esprit nouveau qui souffle en Galicie fut l'empressement manifesté pour la célébration de cet heureux anniversaire. Un comité fut formé à Leopol sous la présidence du doyen du chapitre métropolitain ruthène, et il adressa un appel pressant aux Ruthènes et aux Polonais pour les convier à célébrer •ensemble de la façon la plus solennelle cette date qui rappelait un des événements les plus heureux de l'histoire des >deux nations et des deux Eglises. Quelques jours après, les -autorités autrichiennes, manifestant par cette démarche l'heureux changement opéré dans les régions officielles, écrivaient .^ tous les fonctionnaires civils de la province pour les inviter ^ prêter leur concours aux fêtes projetées. « L'administration centrale de la province de Galicie, disait la circulaire, considère
comme un devoir d'appuyer chaleureusement lappel di comité, car elle voit dans la célébration solennelle de c«t aoniversaire l'apothéose des idées sublimes et salutaires qii ont animé les auteurs de TUnion de Brzesc et qui peodaei trois siècles ont inspiré les hommes soucieux de travailler i la prospérité de TEglise et de leur patrie. Et puisque I Ueiûi de Brzesc si importante dans la sphère purement ecctésiastiqiie a eu aussi un retentissement profond dans Je dotnaine as relations politiques, que la célébration commune de cet anm versaire soit le signe de Tunion fraternelle des deux nalioDï polonaise et ruthène, non seulement sur le terrain reli^eci. mais sur toule.rétendue du champ de Tactivité Daiionale dais la communauté du travail. »
11 y a loin de ces nobles paroles aux machinations pprfilr que les mêmes autorités dirigeaient quelques années aupars vant.et on est heureux de les citer pour montrer quel pmtPr s'est opéré dans la politique autrichienne. Cependant d^ voix discordantes ne pouvaient manquer de s'éï*^ver pouprotester contre un mouvement essentiellement catholique Il suffira de citer un journal ruthène, organe du parti de Saini Georges, il était question de faire des collectes daas îe h d'offrir un don au Saint-Père, comme tribut de la fidèlth- > iVuthènes. Ce journal s'éleva contre cette pensée : « Il v^ mieux, disait-il, s'abstenir d'aller en pèlerinage à Rome et porter des dons au Saint-Père, pour consacrer toutes t^ ressources des fidèles à la construction de nouvelles ê^li*^ uniates en Galicie et à la restauration de celles qui nieoac*!^ ruine. » Judas raisonnait de la sorte devant la pir^ Madeleine.
Ces sophismes ne furent pas écoutés et un pèlerin^* national à Rome fut l'acte le plus significatif des fêles projr i\ cause de l'hiver, il fallut renoncer à le faire coïncider . la date mémorable du 23 décembre, jour auquel ClémeDi reçut dans le consistoire la profession de foi et robédienc^? dideux évéques, Hypace Pociey et Cyrille Terlecki, délégué? Ji métropolite de Kiew et de ses suffragants. Les pèlerifc partirent de Pologne à la fin d'octobre et la Rome cathoïjqileur fit un accueil enthousiaste. Ils ne pouvaient allendnr uréceptions publiques, les honneurs civils et militaires qt Clément VIII fit rendre à leurs devanciers dans la plénitude d