‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 280 sur 316 · CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

ses droits souverains. Le Pape prisonnier ne peut plus contenter, à cet égard, les généreuses inspirations de son cœur, et les fêtes du centenaire ruthène furent restreintes de force à Tenceinte des églises.

Le métropolite Sylvestre Sembratowicz était à la tête du pèlerinage avec ses deux suffragants les évêques de Przemysl et de Stanislawo ; un groupe de chaùoines et de prêtres les^ entourait. Parmi les laïques on remarquait deux députés ruthènes au parlement de Vienne et des représentants de toutes les classes de la société, en particulier de nombreux artisans revêtus du costume national, en tout 130 personnes ; chiffre important quand on calcule les distances et les difficultés d'un pareil voyage. Comme premier hommage, on offrit aux pèlerins une de ces séances académiques dans lesquelles les collèges de Rome savent mêler avec tant d'agrément la poésie, Téloquence et la musique. Elle fut célébrée par les élèves du collège grec ruthène dans leur église de Saint-Athanase brillamment décorée de tentures, de festons et de guirlandes. Deux grands portraits de Clément VIII, - Tauteur de rUnion ruthène, et de Léon XIII, son moderne zélateur, semblaient présider la fête. Quatre cardinaux et Télite de la prélature romaine, des députations du corps diplomatique, et les collèges orientaux et autrichiens étaient aux premiers «rangs de l'assemblée. Un discours d'ouverture en langue italienne, des poésies en langues ruthène, latine, grecque et polonaise alternèrent avec des chants habilement dirigés par un des meilleurs maîtres de chapelle de la Ville éternelle et reproduisant des mélodies nationales. L'histoire, les bienfaits et les épreuves de l'Union furent rappelés tour à tour ; les espérances que faisait naître cet heureux anniversaire furent exprimées également. Un très bel hymne au Pape et une touchante prière à Marie, reine du Rosaire, terminèrent la fête en résumant les sentiments qui animaient le cœur des assistants.

Le lendemain, i*' novembre, par un ordre spécial du Saint- Père, la basilique vaticane vit se déployer la pompe inusitée pour elle des cérémonies du rite grec. La fonction ne pouvait être célébrée sur le tombeau de saint Pierre dont l'autel est, par une loi plusieurs fois séculaire, réservé à l'usage exclusif du Pontife romain. On choisit, dans le transept droit de la

basilique, l'autel consacré à la Vierge mère de Dieu el à siial Grégoire, parce que l'image, qui y est vénérée, a été app-^rUe d*Orient. Le métropolite Sembratowic?., accompagné de wi deux suffragants, célébra pontifîcalement le saint sacnÊrt selon le rite ruthène avec les chants liturgiques de son EgliH, exécutés par les prêtres du pèlerinage. Les Romains étai^ accourus en foule à cette fonction unique en sod genre, i: Huthènes et Italiens, chrétiens orientaux et occidentauT, Gr^* Slaves et Latins confondirent leurs supplicatioQs pour d^ mander au ciel de rendre indissoluble runion de TEglis* é de la nation ruthène avec le Saint-Siège.

Le 3 novembre, le Pape reçut lui-même le pèlerinage ^ audience solennelle, dans la salle du consistoire. Léon XH avait tenu à donnera cette réception toute la majesté dont si Souverain Pontife est entouré aux plus grands jours. Le ii:^ n polite Sembratowicz, ancien élève de la Propagande, prit il parole en latin pour remercier le Pape de to'js !c?s btenfaiB reçus du Saint-Siège par TEglise ruthène et pour maoifefst*r!i désir et l'espoir du retour de tous les orientaux au sein è FEglise catholique.

Léon XIII répondit également en latin, témoîgnaDt la jet qu'il éprouvait d'accueillir les représentants de TEglfseet àtk nation ruthène, surtout à l'occasion de la fête commrmoraEn de leur union au Saint-Siège : « Cette union, dit-Il, a éU '^ sera toujours une source de biens incommensurables pour ti.o ceux qui la professent. Ils sont assurés de trouver en elle ^ vraie lumière, la paix et la fécondité delà vie de l'Eglise, taad^ qu'il n'y a que ténèbres, pleines de troubles et d'abaissemes pour ceux qui sont séparés de la communion de Pierre. - b Pape rappela ensuite les marques de bienveillance apostoîiqqu'il avait prodiguées à TEglise ruthène et ajouta que la ma:ficence de l'empereur d'Autriche le mettait en mesure -' réaliser un de ses désirs les plus chers : la fondation à R:' d'an collège réservé exclusivement aux Huthènes. !l terattii en exprimant Tespoir que les quatre million^ de Ruth->of^ représentés par le pèlerinage seconderaient les grandes eatr^ prises que sa sollicitude apostolique méditait pour la coot* : sion de rOrient^et les célèbres parolesd'Urbain VlIlluirevîLr?^ sur les lèvres: Par vous, ô mes Ruthènes, j'espère que l Vr.€t^ «ara ramené tout entier à l'unité catholique. 0 mei Ruik^h

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