‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 281 sur 316 · CHAPITRE VU. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

per vos spero aliquando Orientem totum ad catholicam unù iatem reversurum.

Déjà le bruit circulait dans la ville que le métropolite Sembratowicz était désigné pour les honneurs suprêmes de la pourpre romaine. En effet, dans le consistoire du 2 décembre 1895, Léon XUI le proclama cardinal. C'était la quatrième fois que le chapeau cardinalice était décerné à un prélat du rite grec. Les prédécesseurs du cardinal Sembratowicz étaient le grand Bessarion et le non moins illustre Isidore de Kiew, chef de TEglise ruthène au temps du concile de Florence, et enfin le cardinal Lewicki, métropolite de Léopol, créé prince de r Eglise romaine par Pie IX. Selon Tusage, un ablégat partit pour remettre à l'empereur d'Autriche la barrette cardinalice que François-Joseph imposa à Mgr Sembratowicz le 7 décembre dans la chapelle du palais impérial de Vienne.

La rentrée du nouveau cardinal à Léopol, le 12 décembre, fut l'occasion d'une manifestation imposante. A son arrivée le canon tonna, les cloches de toutes les églises sonnèrent en volées et toutes les autorités de la ville et de la province groupées autour des deux suffragants de Przemysl et de Stanislawo attendaient à la gare le nouveau prince de l'Eglise. Il n'y avait en ce jour de fête aucune distinction entre Polonais et Ruthènes, et le maire de la ville, en félicitant Tarchevêque, pouvait lui dire : « C'est avec une joie extraordinaire que nous saluons Votre Eminence en qualité de cardinal. Cette dignité suprême est la récompense des grands services rendus par Yotre Eminence à l'Eglise catholique. Votre tact et votre sagesse ont fait immensément pour Tunion fraternelle de deux nations. » Après un long échange de salutations et de discours avec les principales corporations de la ville et de la province, le cardinal fut conduit en procession à sa cathédrale, où Tattendaient les deux archevêques latin et arménien et des députations de toutes les communautés religieuses de la ville, sans distinction de rite, et tous ensemble rendirent grâces à Dieu pour la nouvelle faveur accordée à TEglise ruthène.

Quelques mois après, le 25 juin, le cardinal Sembratowicz recevait à Rome le chapeau cardinalice des mains de Léon XIII. Une trentaine de notables ruthènes et quelques chanoines de Léopol raccompagnaient. Au nom de leur Eglise et de leurs

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compatriotes, ils offrirent au Souverain Pontife une adresse de remerciements revêtue de milliers de signatures. Le Pape, vivement touché de cet hommage, exprima le bonheur qoll Éprouvait de recevoir une députation d'élite qui lui était doublement chère. Le long voyage qu'elle avait fait pour venir à Rome témoignait de son dévouement et elle représentait ea môme temps un rite de TOrient auquel le Pape accord* spécialement toute sa sollicitude. Léon XIII se réjouie avec ses fils des honneurs conférés à leur archevêque ; il était heureux d'avoir pu récompenser les vertus et les mérites di cardinal Sembratowicz.

11 n'est pas possible de raconter ici les manifestations (k piété et de dévouement à TEglise romaine qui marquèrent ea Galicie cette année jubilaire de TUnion. Ces rejouissanr.es m provoquèrent pas sans doute Tenthousiasme unanime qu'elles auraient dû susciter. L'esprit de désunion et de haiD^ Tapathie religieuse d'un trop grand nombre ne pouvaient être vaincues en un jour; mais cette date mémorable restera inscrite dans les annales de TEglise ruthène et rappellera un progrès sensible dans le réveil de Tesprit catholique. Dn congre* catholique réuni à Léopol les 7, 8 et 9 juillet rassembla encore une fois les catholiques des trois rites, et dans une union p8^ faite de sentiments et de doctrine, on les entendit tour à toar parler, aux applaudissements les uns des autres, de Thistoire^ des aspirations et des besoins de leurs différentes Eglises. Le cardinal Sembratowicz présidait, ayant à ses côtés les ai* chevêques latin et arménien, et plusieurs orateurs ruthène* prirent la parole et furent entendus avec une universelle syo* pathie.

A la fin de l'année jubilaire, le 10 décembre, le cardiaal Sembratowicz réunit autour de lui une grande assemb^ ecclésiastique composée de ses deux suffragants et de délégués de tous les décanats des trois diocèses. L'objet de la rénnioa était d'unir dans une action commune tout le clergé ruth^ contre les trois tendances qui menacent de ruiner la foi cbA^ lique dans la nation : la tendance ultra-libérale, la tendance antireligieuse et la tendance schismatique. Une associattos politique et religieuse a été formée sous le patronage di cardinal et publie un journal quotidien pour donner l'impuisiofl à ce mouvement. Parmi les mesures adoptées par rassemblée,

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