‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 282 sur 316 · CHAPITRE Vil. — PERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. — PERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

nous devons mentionner la résolution de propager le culte de saint Josaphat en lui consacrant toute les églises neuves en construction dans le pays et en érigeant dans chaque église un autel ou tout au moins une image en son honneur.

L'épiscopat et rassemblée reprirent alors pour leur compte une œuvre déjà entreprise par le R. P. Valérien Kalinka, de la congrégation du Saint-Rédempteur. Cet homme éminent, l'un des premiers écrivains de la Pologne contemporaine, a été en même temps Tun des patriotes les plus complètement dévoués au bien de la nation. Après avoir travaillé pendant quatre années à préparer cette histoire de saint Josaphat, il avait compris que le meilleur moyen de servir son pays était de renoncer à cette politique généreuse mais stérile qui l'avait absorbé jusque-là et de se donner tout entier à TËglise. L'étude du passé lui avait appris que la question de l'Union était le grand problème de Tavenir de la nation polonaise. Il rêvait pour la Pologne une revanche telle que les grands hommes et les saints peuvent seuls la concevoir. 11 entrevoyait la cou- Tersion de la Russie par les Polonais dévoués au salut de leurs propres bourreaux, et par la Russie convertie il voyait TAsie évangélisée. Pour atteindre ce magnifique triomphe, il fallait avant tout par d'humbles dévouements maintenir la foi catholique dans l'Eglise ruthène et pour cela la doter d'un clergé digne de ce nom.

Entré dans la congrégation polonaise de la Résurrection et ordonné prêtre, le R. P. Kalinka se consacra donc à fonder à Léopol un petit séminaire pour les Ruthènes. Il était nécessaire, en effet, de commencer par Fenfance, pour donner aux futurs prêtres l'amour de l'Eglise romaine, des habitudes de piété, l'idée de la vertu et du zèle sacerdotal. Fils de popes pour la plupart, les enfants du rite grec destinés à la cléricalure ne voient ni n'enlendent malheureusement dans leurs familles rien qui puisse leur, donner à cet égard un idéal élevé. Le sacerdoce est pour eux une profession comme une autre, à laquelle ils sont voués par le hasard de leur naissance et qui leur donnera le moyen de vivre et d'élever leurs familles : tout ce qu'on peut demander aux meilleurs d'entre eux, c'est le désir de l'exercer honorablement. Quant à la sainteté sacerdotale, ils n'en ont pas même la notion. A de sérieuses habitudes de piété, à des sentiments généreux, il

fallait ajouter pour Téducation des futurs caadtdais au sacerdoce une culture littéraire qui les plaçât au niveau de h société distinguée du pays; autrement ces enfaiiLs devenos des hommes resteraient toujours dans une conditioa modale inférieure et sans influence sur la partie élevée de la nation. Grâce au crédit que ses travaux et son palriotisme avaiea; acquis au R. P. Kalinka, il avait pu intéresser à son œum l'aristocratie latine et recevoir d'elle des secours suflisaûis pour Tentretenir. Mais après la mort du zélé religieui, &oi entreprise avait périclité. Les évéques la reprirent k Uw compte et annoncèrent qu'ils fonderaient sous le tilre dlnsr tiiut de Saint-Josaphat un petit séminaire pour les futurs t\éf^ de leur Eglise. Dieu veuille que cette œuvre prospère dans m véritable esprit catholique, que le séminaire ihéalogiqae devienne à son tour une pépinière de prêtres vraimeat pieux et dévoués au Siège apostolique, non moins qu*aitacbés aux rites et aux traditions de TEglise orientale. Alors le cierge ruthône sera la lumièrOi des clergés orientaux, du clergé rns^ê en particulier.

Poursuivant cette pensée, le Pape Léon XIII vient de réaliser la réorganisation du collège ruthène à Rome. Grâce au concours généreux de l'empereur d'Autriche, le Souverain Pon* tife a pu disposer pour lui des bâtiments qu^occu paît aatrefo;^ la Procure des Basiliens ruthènes dans le quartier de Monii et de la petite mais gracieuse église de la Madoâna dti Pascolo qui y est contiguë. Ce sanctuaire, on se le rappelle, s été construit pour abriter une copie de l'image de Notre-Dam^ de Zyrowice, si chère à saint Josaphat et â ses disciples. L'iN lustre métropolite Raphaël Korsak et plusieurs autres prélats ruthènes reposent sous le pavé de Téglise. Tout, dans ce liea saint, parle aux jeunes étudiants des gloires et des épreuvei de rUnion. Puissent-ils y puiser dans la prière et l'étude ua dévouement courageux et constant à cette cause sacrée ! Espérons que dans un avenir prochain ce collège ue receTrs. pas seulement des élèves ruthènes, mais que, selon le désir dn Souverain Pontife, toutes les Eglises gréco-slaves y euverrooi des disciples, qui seront plus tard les généreux apôtres dé rUnion dans toute l'Europe orientale.

Le zèle de Léon XIII ne connaît pas délimites, et malgré les difficultés qui Tenserrent de tous côtés, malgré les épreuves

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