CUAPITHE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES
sans cesse renaissantes de l'Eglise, malgré les échecs de mille généreuses tentatives, il croit au salut de TOrient et il veut à tout prix lui préparer un clergé savant et dévoué. La fondation du nouveau collège ruthène a permis au Souverain Pontife de donner une nouvelle organisation au collège deSaint-Athanase, réservé exclusivement désormais aux élèves grecs de rite et de langue, et pour seconder ses généreux et grands desseins, Léon XIII n'a pas cru trouver un meilleur auxiliaire que le prélat intelligent et énergique auquel il a confié déjà le grand collège de Saint-Anselme et la charge nouvelle de primat de rOrdre de Saint-Benoît. Le Rme p. q. Hildebrand de Uemptime, mis en possession du collège grec, y a appelé déjà quelques moines pour en prendre la direction, et bientôt cinquante élèves y seront réunis autour d'eux pour se former à la science sacrée et à l'apostolat. Ce sont des élèves du collège grec qui ont été les meilleurs auxiliaires de saint Josaphat, les organisateurs de l'Eglise uniate et de l'ordre Bdsilien en Ruthénie. Sous la direction des Bénédictins, cette maison sera de nouveau, nous en avons la confiance, une pépinière d'hommes puissants en œuvres et en paroles, et TOrient grec va recevoir enfin les apôtres de son rite qui lui manquent depuis si longtemps. Dieu veuille surtout qu'on en voie sortir non seulement des prêtres, mais des moines, assez courageux pour relever quelqu'une des antiques laures de la Grèce, de la Macédoine ou de TAsie Mineure, et assez fervents pour en faire un centre de vie chrétienne et d'apostolat. Alors les grands desseins du Souverain Pontife seront envoie d'être pleinement réalisés, et 1 Eglise romaine aura rendu à ses filles de la Grèce le plus grand service qu'elles puissent recevoir de sa maternelle sollicitude.
Pendant que des actions de grâces et des cris d'allégresse retentissaient dans la Galicie, ceux de la douleur ne cessaient de se faire entendre de l'autre côté de la frontière autrichienne, dans ces contrées de même langue et de même religion, récemment arrachées à l'Eglise catholique. Dans la Ruthénie blanche, la Lithuanie et à plus forte raison dans les provinces méridionales, le centenaire de l'Union de Brzec passa inaperçu pour la masse de la population. Pour le clergé, imbu déjà de l'esprit soi-disant orthodoxe, il ne pouvait être considéré que comme une date néfaste dans les annales de l'Eglise et de