‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 285 sur 316 · CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

a Sire, seigneur autocrate très souverain, très gracieux, disent les paysans des villages de Sabnie, Grodzisk, Holov^rienki et Suchodol du district de Sokolow, les plus humbles sujets de Votre Majesté se prosternent à vos pieds en vous priant d'entendre leurs suppliques et de leur faire justice. Depuis des siècles, nos ancêtres ont toujours professé la foi grecque catho« lique et nous Font transmise ; mais depuis Tannée 1875, on a commencé à nous forcer à embrasser la foi orthodoxe et à détruire nos convictions religieuses. Nous très humbles paysans, nous n'avons pas voulu accepter la religion orthodoxe ; alors le gouvernement s'est mis à nous tourmenter de toutes les manières : nous recevions des coups de knout sur le corps nu pendant des giclées terribles ; nous supportions de longues étapes sur la neige et nous souffrons depuis ce temps une profonde douleur dans nos âmes pour être obligés de vivre si longtemps sans nous confesser. Nos mariages se font en cachette et de l'autre côté de la frontière. Les enterrements de nos morts se font sans bénédictions et nous vivons tous comme des païens. Ne pouvant changer nos convictions religieuses, nous désirons rester le troupeau fidèle de notre Eglise grecque catholique ...»

Pour mieux toucher le tzar, ces pauvres gens ajoutent dans leur simplicité ces mots dont ils ne comprennent pas la portée : « Nous savons cependant que la foi orthodoxe n'est pas contraire à renseignement de Jésus-Christ, » et ils concluent : « Nous tous donc, très humbles sujets de Votre Majesté qui désirons rester dans la foi catholique de même que nos ancêtres, nous nous jetons aux pieds de Votre Majesté en la conjurant avec des larmes de sang de nous laisser nos croyances religieuses qui étaient aussi celles de nos ancêtres et de nous libérer des tourments que nous souffrons ^. »

Nous ne pouvons résister au désir de reproduire ici dans son entier une supplique signée, le 16 mars 1895, par 22 chefs de famille du village Stolpno, au nom de tous leurs concitoyens. Elle fut écrite fidèlement d'après les paroles des suppliants et, en suivant un brouillon fait par eux-mêmes. Elle peint au vif la situation et les sentiments de ces pauvres Uniates qui ne mar-

i, A S. M, V Empereur des Russies, pétition des catholiques, Cracovie, Imprimerie du Gzas, 1896, p. 43.

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chandeDt pas, oq le verra, à Tempereur, le dévoûment et la coDfiaDceet qui sont exempts de toute aspiration polonaise: « La nouvelle de Taffreux malheur qui nous a tous frappés, nous |. fidèles sujelsde Sa Majesté, notre cher empereur Alexandre IIl,

lorsque ses jours ont été interrompus d'une manière si terf... rible par la volonté insondable de Dieu, cette nouvelle dou-

loureuse nous a tous ébranlés jusqu*au fond de nos cœors^ russes. Versant des larmes du fond de Tàme, pénétrés de sentiments de soumission et de fidélité, nous sommes prêts à nous agenouiller aux pieds du Tout-Puissant, à prier devaDl l'autel de son temple pour la paix de Tâme pure de notre père bienaimé, afin d'exécuter en cela du moins le désir de Votre Majesté et de prouver que nous sommes fidèles au tzar et à. la patrie. ^i . Mais hélas I nous sommes sous une contrainte perpétuelle ;

^^' toujours persécutés, nous n'avons même pas de temple, ni

^ d'autel, ni de choses saintes ; nous errons comme un troupeau

p, sans bergerie, égaré et privé d'asile, n'ayant d'autre toit que

les deux, sous le coup d'une terreur qui nous menace dans nos Âmes, dans nos biens et dans nos vies.

<( Depuis bien des générations nous avons suivi selon la tradition de nos ancêtres la religion grecque unîale dans l'Église catholique romaine, et à cause de cela nous souffrons depuis bientôt vingt ans. Nous n'oublierons jamais l'année fatale de 1874 dans laquelle le gouvernement nous obligea à loger Tarmée dans nos maisons. Les Cosaques nous tourmentaient par leurs inquisitions ; ils faisaient soufi'rir nos femmes et nos enfants; ik nous infligeaient des châtiments corporels en plein air par une gelée de plus de quinze degrés au-dessouâ de zéro. Ils ont tué et mangé tout notre bétail ; en un mot, c'était pour nous un désastre complet, et sans parler de cela, on nous a repris nos églises paroissiales et nous sommes restés privés de temples. « Nous nous sommes adressés plus d'une fois au noionarqne très auguste en implorant sa pitié, mais il paraît qu^on n a point laissé nos plaintes et nos gémissements parvenir jusqu'à feu l'empereur notre cher monarque qui était accablé de tant de souffrances, ou bien les résolutions de Sa Majesté noasonl été dissimulées, car jusqu*à présent nous n'avons point reçu de nouvelles. Rien que de nouvelles douleurs qu'on nous fait souffrir, d

Les suppliants énumèrent ensuite les châtiments dont ils sont

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