Volumina Legum^ m
2. Y. aux pièces justificatives deux lettres de Rutski concernant cette Diète.
72 SAÎHT JOSAPHAT. — LIVRE V
Ruthénie, et lui en promettre de plus abondants encore pour Tavenir, s'il voulait se prêtera la réconciliation. En cas de refus, on devait le menacer d'arrêter tous les envoyés qui viendraient de sa part en Ruthénie, et de livrer aux latins les églises et les bénéfices possédés par les Uniates. On ne peut qu^admirer la candeur de ces braves gens^ qui se flattaient de transformer le patriarche de Constantinople en apôtre de FUnion- Rutski était trop sensé pour ne pas voir que ce projet n'était qu'un rêve d'une naïveté ridicule. Il n'osa cependant pas le repousser, mais il se réserva de consulter le Saint-Siège, afin que cette entreprise, si elle venait à recevoir un commencement d'exécution, ne tournât pas au détriment de TËglise * .
Au fond, Rutski était accablé de douleur. Peu de temps après cette Diète, il rédigea un long rapport à la Propagande sur l'état de TEglise uniate et les moyens de la secourir. Nous avons maintes fois cité ce document, d'une importance capitale^, dont chaque page porte la trace d'une larme, et chaque parole est un cri d'angoisse. Le vénérable métropolite signale les uns après les autres tous les obstacles qui arrêtent le déTOloppement de l'Union. Le premier est la résistance des protestants et des schismatiques, toujours coalisés. Rutski énumère leurs principales entreprises, et compte les ressources dont ils peuvent disposer. Elles sont immenses, grâce aux Cosaques et aux Confréries Cependant le danger principal ne vient pas de ce côté. Rutski est plus effrayé de la froideur des latins que des menaces des protestants et des schismatiques. Il vient de se trouver en contact, à la Diète, avec l'élite de la noblesse et du clergé latin de la Pologne ; non seulement il a trouvé la plus profonde indifférence pour le sort de l'Ëglise uniate, mais il a entendu mettre mille prétextes en avant pour justifier cette coupable apathie.
Les politiques lui ont dit que le salut de l'Etat doit être préféré à une entreprise dangereuse et inutile. Toujours dominés par la vieille répulsion des latins pour les Ruthènes, des hommes d'Eglise ont ajouté que la diversité des rites était in-
i. Inform. episc. ruthen. p. 261.
2. Informatio episcop. ruthen. ap. Harasiewicz, Ann. Ecc, Ruth. p. 254-293. Ce document fut écrit après la Diète, dans le courant de Tété de 1623.