‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 38 sur 316 · CHAPITRE rv. — SITUATION DÉSESPÉRÉE DE l'ÉGLISE UNIATE · texte numérisé non relu

CHAPITRE rv. — SITUATION DÉSESPÉRÉE DE l'ÉGLISE UNIATE

Ces agitations semblaient indiquer que l'esprit religieux s'affaiblissait dans la congrégation de la Sainte-Trinité. Pour donner à ce corps de nouveaux éléments de vie, le métropolite revint à son projet d'y attirer des latins. Se rappelant les promesses qu'on lui avait faites à Rome en 1615, il supplia le général des Carmes déchaussés de lui céder quelques-uns de ses religieux.En même temps, Rutski pressait le Souverain Pontife d'opposer une digue au courant qui emportait vers TÊglise latine Télite des Uniates et les Basiliens eux-mêmes.

En terminant son rapport de 1623, il renouvelait cette

demande, qu'il avait déjà présentée enl622 au cardinal Ludovisi,

neveu de Grégoire XV. « Que Sa Sainteté,disait-il,examine cette

« affaire, quelle prononce et nous tende une main secourable.

« Quoique nous combattions tous dans la même armée et sous

« le même chef, il ne doit plus être permis à un soldat de

« passer d'un bataillon dans un autre, au moins jusqu'à la

« défaite des schismatiques contre lesquels nous luttons. Si

« cette mesure parait trop rigoureuse, qu'on permette le chan-

« gement de rite, mais avec le consentement des deuxévêques

« latin et uniate. Nous demandons en outre qu'aucun de nos

« moines uniates de la congrégation de la Sainte-Trinité de

« Vilna ne puisse passer dans un ordre religieux du rite latin,

a à cause du dommage qui en résulte pour TËglise uniate, et

« aussi parce que notre ordre est plus sévère que "tous ou

« presque tous les ordres religieux latins. Celui qui veut en

« sortir semble toujours poussé par le désir d'une vie plus

« commode. La fidélité de cette congrégation au Saint-Siège

« apostolique, ajoutait Rutski avec une noble fierté, est vraie,

« sincère et durable. Elle Ta attestée parle sang qu'elle adéjà

« donné pour la cause de l'Église et par les tribulations sans

« nombre qu'elle subit dô la part des schismatiques*. »

Rutski attendait la réponse à cette double demande, comme la sentence de vie ou de mort de l'Église uniate. Dans la triste extrémité où il se voyait réduit, il adressait au Général des Carmes déchaussés et aux cardinaux de la Propagande des supplications pleines de larmes. « Prosternés à vos pieds, leur c disait-il, nous empruntons, dans notre détresse, les paroles « de notre Père saint Basile aux évêques des Gaules et d'Ita-

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