‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 43 sur 316 · CHAPITRE V. — LE MAHTYRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LE MAHTYRE

« Monseigneur, répondait le timide Cantacuzène, je ne veux « pas mourir.— Mais, mon frère, répliquait le Saint, nous « irions plus vite au ciel *. »

Josaphat n'avait pas besoin d'aller àKiew pour y chercher des bourreaux. Il allait en trouver dans cette armée de popes et de petits bourgeois que Smotrycki avait soulevés ; et il n'avait aucune illusion sur leurs mauvais desseins. Prêchant un jour dans Téglise Saint-Sauveur, à Polock : « Je n'ignore « pas, dit-il, que Ton me tend des embûches et que l'on pré- « pare ma mort. Vous devriez savoir que mon plus grand désir « est de donner ma vie pour la sainte Union et le chef suprême « de l'Église 2. » Avec ses familiers, il parlait à tout propos de sa fin prochaine. Quelques-uns de ceux-ci se plaignirent d'entendre ces tristes annonces, même durant les repas : « Personne ne vous empêche de manger,leur répondit le Saint, 0 personne ne m'empêchera non plus de mourir pour mon « Dieu et pour la sainte foi catholique ^. »

Des nouvelles alarmantes arrivaient de Vitebsk. Le fanatisme des habitants était de plus en plus exalté, et on parlait tout haut d'en finir avec l'Union et rarchevêque,fallût-il acheter par un meurtre cette triste victoire. On était dans la dernière moitié d'octobre; Josaphat annonça aussitôt l'intention de se rendre à Vitebsk. Le bruit de son départ jeta les catholiques de Polock dans la consternation, car ils savaient tous qu'en allant àVitebsk, l'archevêque courait au-devant de la mort. Les principaux habitants, nobles et bourgeois , cherchèrent entre eux les moyens d'empêcher ce voyage. Le vice-juge de Polock, le notaire Dziahilewicz, l'avocat Dankowski joignirent leurs instances aux prières des serviteurs de Josaphat pour lui faire abandonner ce dessein. Tout fut inutile, a Je ne crains

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