‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 45 sur 316 · CHAPITRE V. — LE MARTYRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LE MARTYRE

gnaTintention de raccompagner. L'archevêque le remercia: « Je ne veux, dit-il, exposer personne au moindre péril, et « surtout à la mort. Je n'ai besoin ni d'amis, ni de défenseurs. « Mes domestiques me suffisent. Quel si grand malheur ai-je c donc à redouter? La mort? Mais je viens de donner des « ordres pour qu'on me prépare un tombeau. » Et levant les yeux au ciel, il ajouta en langue ruthène : t Puissé-je, Seigneur, « être digne de verser mon sang pour l'Union et l'obéissance au c Siège apostolique » ! Â ces mots, Tyszkiewicz comprit que toute instance eût été inutile et déplacée. Fondant en larmes, il prit congé de Parchevêque, convaincu qu'il ne devait plus le revoir *.

L'heure du départ était arrivée. Josaphat voulut visiter une dernière fois son église cathédrale. Là, entouré de ses serviteurs, au pied de ces autels qu'il avait restaurés, il dit à haute voix qu'il connaissait les desseins desscbismatiques. Il n'ignorait pas qu'en partant pour Vitebsk, il allait au-devant du trépas. <i Mais, dit-il, c'est avec joie que je marche à sa rencon- « tre ». Autour de lui, ses prêtres et ses domestiques fondaient en larmes. Il essaya de les consoler ; et pour leur donner du courage : « Rassurez-vous, mes enfants, leur dit-il, s'il arrive « quelque malheur à Vitebsk, ce ne sera qu'à moi seul. Aucun a autre ne périra *. »

Avant de sortir, il examina le tombeau déjà commencé dans la muraille de Téglise, à droite de l'autel. Josaphat avait choisi lui-même cette place, « trouvant juste, comme saint Ambroise, « qu'un pontife reposât là où il avait coutume d'offrir le sacri- « fice '. » — « Je serai bien heureux, dit-il, quand j'apprentt drai Taché vement de ce tombeau. » Par l'ordre formel de l'archevêque, le P. Gennadius resta àPolock, afin d'accélérer le travail. Quand il fut terminé, cet ami fidèle s'empressa d'en avertir Josaphat. Le prélat reçut cette nouvelle avec une joie extraordinaire, et écrivit aussitôt au P. Gennadius pour le remercier. Il le priait en même temps de lui envoyer à Vitebsk,

1. Susza, Cursus vitm, p. 77. — Verissimiiin quidem est quia volui cum illo ire Vitebscum, quando pro occisione a Domino Deo vocatus est, sed quia indignusfui aliquid pronomine Jesu pati, remansi demi, me nolente, Josaphat solo renuente. Act, Commiss. Apost, Deposit. Mich. Tyszkiewicx.

Page 1