CHAPITRE V. — IB «ARTYRE
« Ne savais-tu pas depuis longtemps que tout ceci devait « vous arriver un jour ou l'autre * »?
Sans prendre le temps de répondre, le fidèle domestique cherche encore à protéger la chambre de son maître. Déjà le palais est tout entier aux assaillants, le piUage commence, et les serviteurs, surpris dans leurs retraites, sont accablés de coups. Leurs cris tirent Josaphat de l'oraison où il est absorbé Il se lève, ouvre la porte de sa chambre et se présente aux assassins : « Dieu soit avec vous, mes enfants, leur dit-il ; « pourquoi frappez-vous mes serviteurs î quelle offense vous « ontMls faite ? que vous doivent-ils ? Si vous avez quelque « chose contre moi, me voici ! Laissez mes gens en paix et ne « les tuez pas » ». Et sa main s'étendit pour bénir ses bourreaux.
« A la vue de leur évoque, les assassins reculent d'eux- « mêmes. On eût dit qu'un vent violent les refoulait vers la « porte. Il y eut un moment d'hésitation».. Aucun de ceux qui ont entendu les paroles du prélat n'ose lever la main sur lui Mais tout à coup deux hommes se précipitent d'une chambre voisine : . Frappez, s'écrient-ils, tuez ce latin, ce papiste ! . C en est fait. Josaphat joint les mains, lève les yeux au ciel • 1 un des assassins le frappe à la tête avec un bâton ; l'autre' armé d une hache, lui ouvre au front une large blessure. A là vue du sang, la fureur des autres se rallume. Us se précipitent tous sur le martyr, le frappent, le blessent, le foulenl aux pieds. Tout son corps, la tête surtout, ne présente plus forme humaine. Pas une plainte ne sort des lèvres de la victime. Ce Silence fait croire aux assassins que leur œuvre est achevée • Ils se jettent sur les serviteurs, pour les punir de la fidélité qu Ils ont gardée à leur maître. Mais un cri poussé par l'archevêque leur montre que la vie ne l'a pas complètement
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2. Pro more suo dulcissime alloquutus hostes • « Fil oliT,«r! f ,