Relat Auditor, Rot, p. iv
2. Act, Commiss, Apost, — Susza, Cursus vitœ S, Josaphat, p. 103.
3. Kognowicki, Vies des Sapieha^ 1. 1, p. 116-118. — Morochov, Vita S, D, Josaphal,
La douleur que les habitants de Polock et de Yitebsk ayaient témoignée après le meurtre du saint archevêque^ n'était pas une de ces émotions passagères que le temps emporte avec lui. Ces larmes étaient le fruit d'une contrition sincère. Le siège archiépiscopal de Polock ne tarda pas à être occupé par un disciple de Josaphat, Anastase Sielawa, alors coadjuLeur de Tévéque de Pinsk ^ Quand le nouveau pasteur fit son entrée dans la ville épiscopale, il y trouva les schismatiques en plus petit nombre que les Uniates n'y étaient à l'arrivée de son saint prédécesseur, et il n'eut qu'à recueillir dans l'allégresse la moisson que Josaphat avait semée dans les larmes et arrosée de son sang.
La fidélité des villes de Yitebsk et de Polock résista à l'épreuve des années. Jusqu'aux concessions fatales que le roi Ladislas IV accorda aux schismatiques, en 1632, le culte catholique fut célébré seul dans ces deux cités. « Nous étions tous « convertis à l'Union, disait en 1637 le notaire de Polock Dziahi- « lewicz ; il n'y avait ici, commeàVitebsk, qu'un seul troupeau « et un seul pasteur, et nous serions tous restés fidèles, si le roi « n'avait pas permis aux schismatiques de construire une église '< à Polock *. » Il y eut alors des défections dans cette ville ; mais Yitebsk resta inébranlable dans sa fidélité à TËglise catholique et & la mémoire de saint Josaphat.
Le contre-coup de ces mouvements se fit sentir promptement au delà des limites de la Ruthénie- Blanche. A Yarsovie, dans les conseils de la couronne, l'attitude des ministres et de la noblesse devint toute différente par rapport à l'Ëglise uniate Léon Sapieha donna l'exemple. La mission qu'il venait de remplir à Yitebsk l'avait contraint d'examiner avec attention la conduite réciproque des deux partis, et surtout les actions de Josaphat. Étonné de n'entendre alléguer aucune charge contre un homaie qu'il avait blâmé avec tant de sévérité ; frappé des éloges qu'il avait recueillis jusque de la bouche des assassins, il ne voyait plus seulement en lui un innocent, dont le meurtre criait vengeance, mais un saint, Hont l'intervention était toute- puissante auprès de Dieu.
1. Rutski désignait ce prélat au choix du roi, dans sa lettre auvice-chancelier de Lithuaxiie du 26 novembre 1623.
2.Relat* Audit. Rot. p. m et iv. — Act. Commiss, Apost, Deposit. Joan. Dziahilewicz, n. 6 et 16.