CHAPITRE n. — SAINT iOSAPHAT THAUMATURGE
percluse des jambes. Elle était retirée dans Phôpital des Jésuites, à Polock, et c'était à peine si elle pouvait de temps à autre se traîner en rampant jusqu'à Téglise. Elle se fit porter au tombeau de Josaphat et pria le martyr avec larmes de lui rendre la santé. A Finstant même, elle se dressa sur ses pieds et descendit sans secours la colline sur laquelle s'élevait la cathédrale. Quinze jours après, elle était mariée, et jamais elle ne ressentit la moindre trace de son infirmité. Ce miracle si éclatant fut examiné avec un soin particulier dans le procès de béatification, et fut un des trois prodiges dont le Saint* Siège reconnut l'évidence*.
Enregistrons deux victoires signalées, que le saint archevêque remporta sur le démon. Une femme de Polock, nommée Reine, veuve d'un certain Michel, était tourmentée depuis un an par le malin esprit, qui ne lui permettait ni de prier, ni d'entehdre la messe en paix. Tantôt il lui arrachait des mains son livre, tantôt il la poussait violemment hors de l'église avant l'élévation de la sainte hostie. Les Pères de la Ck)mpagnie de Jésus l'engagèrent à visiter le tombeau de Josaphat, pour demander au Saint sa délivrance. Elle le fit, et dès la première visite, elle fut entièrement guérie. Jean, fils d'André, bourgeois de Polock, soufi'rait depuis beaucoup plus de temps. Il y avait dix ans qu'un breuvage magique l'avait mis sous l'action du diable, qui le tourmentait toutes les nuits. Ces vexations aboutirent à une très grave maladie, durant laquelle l'infortuné eut enfin la pensée de se recommander à Josaphat. Il vint au tombeau du Saint,lui offrit son propre portrait en cire ; aussitôt il fut guéri et mis hors de la puissance du démon '.
Dans la guérison de Luc Massalski, capitaine de Persztuny, Josaphat fut h, la fois médecin du corps et de l'âme. Une maladie d'yeux, accompagnée de violentes douleurs de tête, saisit ce gentilhomme dans le courant du mois de février 1628; et après quatre semaines de soufi'rances de plus en plus vives, il croyait toucher au terme de sa vie. Catherine Skorulska, sa femme, effrayée de son état, recourut au saint martyr, en lui rappelant toutes les guérisons quMl avait accordées à tant de