Ibid., Miracul. 20 et
malades placés sous sa protection. Quelques instants après, sans qu'elle se rendît bien compte si elle veillait ou si elle élaU endormie, car la douleur lui ôtait pour ainsi dire le seoliment d'elle-même, un évéque revêtu de la chasuble des Orientaux apparut devant elle. Elle n*avait jamais vu Josaphat ; elle le reconnut cependant à sa ressemblance avec les images qui le représenlaient. « Levez-vous, lui dit-il, allez près de « votre mari, avertissez-le de s'abstenir de telle faute », et le Saint désigna un péché dans lequel Massalski retombait souvent à rinsu de sa femme, « et il sera guéri ». Après ces paroles, le martyr disparut, laissant Catherine toute tremblante. Elle se lève cependant, court au lit de son époux et lui rapporte sa vision. Massalski est stupéfait de celte révélation soudaine d'un vice que lui seul pouvait connaître. Il promet de se convertir, réclame la protection de Josaphat, et guérit en peu de jours ^
La Pologne, émue par Téclat et la multiplicité de ces miracles, suppliait le Saint-Siège de placer le martyr de Polock sur les autels. Le roi Sigismond, la reine Constance d'Autriche, son épouse, le prince royal Ladislas, avaient écrit au Pape et réclamé la béatification de Josaphat comme une faveur pour leur maison et pour la Pologne. Les Ordres du royaume joignirent leurs prières à celles du souverain. Quelques seigneurs ne se contentèrent pas de cette démarche faite au nom de toute la noblesse, et voulurent écrire eux-mêmes au Souverain Pontife. De ce nombre furent le grand-chancelier Léon Sapieha, jaloux de réparer sa conduite envers le saint archevêque par untemoi* gnage éclatant de sa vénération ; Janus Skumin Tyszkiewicz,. palatin de Troki, principal représentant de la noblesse uniate dans le sénat polonais, et fils spirituel de saint Josaphat ; et le prince Albert Radziwill, seigneur d'une piété fervente et d'un dévouement sans bornes à TËglise. Il devait succéder à Sapieha comme grand-chancelier de Lithuanie, et nous le trouverons toujours prêt à servir la cause de FUnion. Les gentilshommes d<^s palatinats de Polock et de Vitebsk, le métropolite uniate et fiée ^ufTragants, Farchevêque de Gnesen et les évêques latins sollicitèrent, de leur côté, une grâce qu'ils regardaient tous comme un immense bienfait pour TËglise et la patrie.
i. Susza, Miracul.^' 64.