‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 88 sur 316 · CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE

décret pour permettre Touverture du procès arrivé de Polock «t enjoindre la continuation immédiate de la cause, « parce « que, disait-il, ce serviteur de Dieu a été archevêque du rite « grec, qu'il a travaillé à la réunion de FEglise grecque et de « TÉglise latine, et qu'il a souffert pour la foi du Christ * ».

En conséquence des ordres du Pape, le dossier volumineux que le P. Nowicki avait apporté de Pologne fut ouvert en présence du cardinal-préfet de la Congrégation des Rites, du promoteur de la foi, d'un protonotaire apostolique et de divers témoins appelés pour la vérification des sceaux et des écritures. Des usages, modifiés plus tard par le pape Innocent X, conféraient aux auditeurs de Rote la mission d'examiner les enquêtes faites au nom du Saint-Siège en vue d'une béatification, avant qu'elles fussent soumises à la Congrégation des Rites. Le doyen du tribunal de la Rote était alors un canoniste éminent, Jean-Baptiste Coccini, qui déploya une profonde érudition et une habileté consommée dans plusieurs procès de béatification, et laissa dans Rome une mémoire longtemps célèbre. Assisté de deux de ses collègues, Philippe Pirovani et Clément Merlini, il commença Texamen de la cause de Josaphat, ■et quatre années s'écoulèrent avant qu'ils eussent achevé ce travail *.

Dès les premiers pas, des difficultés surgirent. L'archevêque de Polock et ses assesseurs avaient négligé par ignorance plusieurs formalités usitées dans les enquêtes de béatification. Des interrogations, prescrites par le promoteur de la foi, n*avaient pas été régulièrement posées aux témoins. Le procèsverbal ne constatait ni leur âge, ni le serment qu'ils avaient fait de dire la vérité. Les dépositions avaient été faites, non pas en particulier, mais publiquement ; et plusieurs témoins avaient comparu ensemble, au lieu d'être entendus séparément, comme le voulait la loi. Les notaires avaient eu le tort de résumer les dépositions, tandis que les règles prescrivaient de les écrire absolument telles qu'elles étaient prononcées.

1. Décret. Urban. VIII, Ti jan. 1629, ap. Bened. XIV, De Beatif, Serv. Dei, 1. II, c. 54, n. 5 et 6.

2. Sur le rôle des auditeurs de Rote dans les procès de béatification, V. Bened. XIV, op. cit. 1. 1, c. 18, n. 6-13. Avant l'institution de la Congrégation des Rites, ils examinaient seuls les procès, et ils en faisaient la relation au consistoire des cardinaux.

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La présence même de Tévéque de Méthoa^ aux séances de h commissîoa apostolique était relevée comme contraire am loU canoniques, ce prélat n'étant institué juge qu*au défaut de Tarchevéque de Polock.

Ces vices de forme pouvaient amener l'annulation de Fenquête de Polock. Le 8 avril 1630, une longue discussion eut lieu k ce sujet devant les auditeurs de Rote. Les postulateurs de la cause présentèrent un bref du Pape, qui permettait aux juges de fermer les yeux sur ces irrégularités, si le fond leur paraissait suffisamment prouvé ; plusieurs explications atte^ nuaienL, d ailleurs, la gravité apparente de toutes ces fautes do procédure. Néanmoins le procès resta suspendu. Il ne fuL repris que sur de nouvelles instances, au milieu d'éprouvés douloureuses pour rEglise uniate ^

1, Reiat. audit. Rot, p. i. — Les actes de cette première enquête, dédu^ vicieuse ^ caiume nous le verrons dans la suite, sont aujourd'hui compïf l^ ment perdus. Le P. Gontieri, postulateur de la canonisation de saint Ic*saphatf Le» a vainement cherchés aux archives de la Propagande ; mais ou partie notable des pièces qui les composaient ont é\é réunies au px^in^ de la âecoDde enquête à titre de jura compulsatoria ; et naus AVi>m |>^ lea consulter pour cette histoire.

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