CHAPITRE III
GONTBRSION M HÉIiÉTIirS SMOTRTCKI.
Le métropolite Rutski obtient du Pape et da roi la permission de se choisir un coadjuteur. — Mort prématurée d'Adrien Podbereski, choisi d*abord pour cette dignité. — Elle est donnée 4 Raphaël Korsak. — Le concile de la métropole de Riew assemblé àKobryn (1625). — Actes de cette assemblée. — Fondation d'un séminaire à Minsk. — Rutski prend en main l'administration de l'église de Ghelm et visite celles de Wolhynie. — Ses entretiens avec le duc Alexandre Zaslawski. — Conversion du P. Fabien Sakowicz. — Retour de Smotrycki en Ruthénie. ^ Résultats de son voyage en Orient. — Ses rapports avec Cyrille Lucaris. — Le duc Zaslawski lui refuse Tarchimandrie de Derman. — Efforts du duc pour le convertir. — Smotrycki prête obéissance au métropolite uniate (6 juillet i627). — Lettres de Smotrycki et de Zaslawski au Souverain Pontife — > Saint Josaphat véritable auteur de cette conversion. — L'abjuration de Smotrycki reste secrète.
Pendant que Polock voyait commencer la grande œuvre de la canonisation de Josaphat, la Ruthénie méridionale était le théâtre de graves événements, qui ajoutaient un nouvel éclat à la gloire du saint martyr. Avant de les raconter, mentionnons certains faits que nous avons passés sous silence pour ne pas interrompre le cours de notre récit.
Usé par le travail et de continuelles infirmités, le métropolite était vieux avant Tâge, et sentait la nécessité de remettre une partie de son fardeau à un auxiliaire jeune et vigoureux. En 1625, sur ses instantes prières, Urbain VIII lui permit de se choisir un coadjuteur et se chargea de solliciter lui-même le consentement du roi de Pologne à cette élection. Le Pape fit remarquer au prince que cette mesure épargnerait à TËglise métropolitaine de Kiew les hasards d'une vacance, après la mort de Rutski. « L'archevêque actuel, lui disait-il, a été ainsi « créé coadjuteur de son devancier, et Texpérience a montré
t que Ton ne pouvait trouver une précaution plus utile pour le « maintien de TUnion ruthène *. •
Sigîsmond ill promit de bonne grâce la nomination royale pour le sujet quo lui désignerait Rutski. Le choix du métropolite était déjù. fjxé sur un jeune moine, nommé Adrien Podbereski.qui venait d'achever ses études au collège grec de Rome Durant lesépreuvesdes années précédentes, Rutski avait entretenu une correspondance avec ce fils bien-aimé, qu'il regardait comme la meilleure espérance de l'Église ruthène. « Priei Dieu », lui disait-it en 1622, après lui avoir raconté les peines que lui causaient certains moines pusillanimes, « priez Dieu tt dans les saints Heux de Rome, afin qu'il ne nous laisse pas <c exposés à la tentation et surtout que nous ne soyons pas vainm eus par elle. Et puis, étudiez avec ardeur, afin d'accourir le « plus tôt possible pour nous aider, nous qui gémissons si fort « de n'avoir personne pour nous soulager. A Texception d'nn tt petit nombre, et qui ne sont pas encore des premiers. Ions K disent, en face de nos malheurs : t Qu'est-ce que cela nous « fait 7 » Que ces nouvelles excitent votre courage et volei « rapide comme l'aigle. Après Dieu, mon espérance est en