CHAPITRE III. — COiMVERSION DE MÉLÉTIUS SMOTRYGKI
difficiles affaires du changement de rite et de la fondation du séminaire, il montra un tact et une maturité au-dessus de son &ge ; et le métropolite lui en témoigna à plusieurs reprises sa satisfaction .
Mais le travail et Faction d'un climat étranger usaient les forces du jeune Podbereski. Les lettres de Rutski ne tardèrent pas à présenter la trace des plus vives inquiétudes, a Père tt Adrien^ lui écrivait-il, dans Tété de 1623, faites attention, « je vous en prie, à votre santé. Ce crachement de sang « m'épouvante ; j'aime mieux vous avoir ici vivant, quoîqiie a sans doctrine, que de vous voir mourir avec toute la science « du monde. Recourez souventau grand médecin, qui est dans « les cieux *.
Au commencement de l'automne suivant, le jeune homme était mourant. Rutski écrivait au recteur du collège grec pour lui recommander son cher disciple. Le métropolite eût désiré qu'on le renvoyât en Pologne. « Qu'on lui rende, disait-il, Tair <c natal ; il s'arrêtera, s'il le faut, en route. Nous payerons tous « les frais ; mais que nous puissions au moins recevoir ce père <c vivant. Avec l'aide de Dieu, on soignerait ici sa santé. » En même temps, le métropolite adressait au malade les lettres les plus affectueuses, et l'engageait à implorer le secours de la sainte Vierge et à promettre, en vue de sa guérison, un triple pèlerinage à Lorette, à Czenslochowa et à Zyrowice. « Que le « Dieu tout-puissant, ajoutait-il, que le vrai médecin vous *« donne une parfaite santé. Amen. Amen '. »
Adrien parut se guérir et put continuer ses études; mais, dans Tété de 1624, il retomba malade, et le recteur du collège grec prévint le métropolite que, de l'avis unanime des médecins, si le jeune homme prolongeait son séjour à Rome, on ne pouvait attendre pour lui que la mort.Rutski lui donna aussitôt Tordre de revenir en Pologne ; mais il était trop tard. Adrien Podbereski expira dans les États de l'empereur, avant d'avoir atteint la frontière de son pays. Le métropolite ne se consola pas de cette perte ; et jusqu'à la mort, il pleura ce fils bien-aimé, sur la tête duquel reposaient ses plus grandes espérances * .