‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 93 sur 316 · CHAPITRE lïl. — COiNVEKSlON DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE lïl. — COiNVEKSlON DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI

En même temps qa'il se préoccupait da choix de son coadjateur, Rutski préparait la fondation d'un séminaire pour le clergé ruthène. Aussitôt après TUnion de Brzesc, Clément VIII avait décrété rétablissement d'une maison de ce genre ; et il allait y mettre la main, lorsque la guerre de Ferrare détourna son attention et absorba les ressources qu'il destinait à cette entreprise. Le principal motif du voyage que Rutski avait fait à Rome, dès sa promotion au siège métropolitain, avait été de demander au pape Paul Y Texécution du projet de son prédécesseur ; mais il n'avait réussi qu'à obtenir quelques places pour des étudiants ruthènes dans les collèges de Rome etd'Àllemagne.

Rutski désirait davantage. Il voulait créer en Ruthénie .un séminaire, destiné plus spécialement à former des prêtres séculiers,qui accepteraient la loi du célibat, è l'exemple du clergé latin. En 1622,il soumettait ce projet au cardinal Ban dini, protecteur des Ruthènes auprès du Saint-Siège, et demandait que la direction de cette école fût confiée aux Basiliens de Lithuanie, qui avaient déjà attesté leur fidélité à TEglise romaine par l'effusion de leur sang, et étaient dignes à ce titre d*une pareille mission. Le pape Grégoire XV, qui venait d'établir la Congré- :gation de la Propagande , accueillit ce projet avec faveur et décréta la fondation d'un séminaire ruthène ; mais la mort ne lui permit pas d'exécuter son dessein.

Les favorables dispositions d'Urbain VIII à l'égard des Ruthènes et des Grrecs encouragèrent Rutski à activer ses démarches, dès l'élection du nouveau Pontife. «Il faut, écrivait « le métropolite au P. Adrien Podbereski, que nous achevions < toutes nos affaires sous ce Pontife ^ » ; et il envoyait à son jeune auxiliaire une série de lettres, d'instructions, de projets divers^ destinés à faire comprendre l'importance de cette

nion Lithuanienne f t. II, p. 360) que Korsak était déjà associé aux travaux de Rutski à la fin de Tannée 1626. Il portait encore le titre d'évêque de llalicz en 1629, quand il prit part à Tenquête de Polock pour la béatification de S. Josaphat Nous avons trouvé, dans le manuscrit de Léopol tant de fois cité, rengagement pris par Rutski envers la Congrégation basilienne, quand Korsak lui fut désigné pour coadjuteur. Cette pièce est du 4 aoàt 1632. Le 8 novembre de la même année, Korsak signait une pièce officielle Episcopus Pincensis coadjutor metropolita Kioviensiê. V. Theiner, Monum. Polon. t. III, p. 402. i. /. Rutscii episL ad P. Adrian, Podbereski, 1 mai 1624.

fondation, « Que Votre Paternité, disait le métropolite au recrt leur du collège grec, daigne nous aider pour l'érection du « séminaire que la Congrégation de la Propagande nous a pro- H mis.On pourrait envoyerici une colonie, tirée de votre collège, a pour établir les études grecques. Que savons-nous? Les jugent ments de Dieu sont si extraordinaires! Cette nation grecque, M qui a été si célèbre, la plus illustre même de toutes les nations <t de l'univers, qui a éclairé de la lumière de la foi une grande « partie de TOccident et du Septentrion, qui sait si elle ne sera « pas aidée par d'autres nations plus humbles, qu'elle mépri- « sait autrefois et traitait dédaigneusement de barbares*?»

Rulski espérait surtout procurer, parles élèves de son séminaire, la conversion des pays gréco-slaves, voisins de la Pologne, de la Moldavie, de la Valachie et de la Moscovie. Il voyait arriver la fin de la trêve conclue par la Pologne avec cette dernière nation ; et convaincu que le prince Ladislas allait réclamer, les armes à lu main, le trône des tzars, il voulait former au plus vile des apôtres, qui marcheraient à la suite du fils de Sigismond III et profileraient de ses victoires pour ramener les Moscovites au sein de TÉglise. Dans Télan de son zèle, le métropolite s'offrait lui-même pour cette entreprise; et Tardeur de sa jeunesse se réveillait tout entière dans Tespérance qu'il lui serait donné bientôt de travailler à la conversion du pays de ses pères.

L'argent manquait pour cette grande entreprise. Rutski demandait qu'on appliquât au futur séminaire quelques-uns des bénéfices enlevés par les seigneurs latins à FÉglise ruthène. De nobles dames, héritères- d'une partie des immenses domaines du prince Gonslantin Ostrogski, avaient chassé de leurs terres les moines et les popes schismatiques ' ; mais elles retenaient sans scrupule les bénéfices que cette exécution a\'uit rendus vacants, ou les donnaient au clergé latin. Rutski réclamait avec raison ces biens comme le patrimoine de son Église* Nous ne savons quel accueil fut fait à cette demande ; mais le cardinal Bandini essaya, par Tordre du Pape, d'exciter

i. /. HuUcii episf. ad. P, Andrseam Eudemium S. J, 17 oct. 1623.

S. 11 s'agit iei d'Anne de Stemberg Kostka, veuve d'Alexandre, le plu» jeune fils du prince Constantin Ostrogski, et de leur fille Anne d'Ostrog, veuve de Fhetoifln Chodklewjcz. On désignait ordinairement la mère sous h titre de ducbesge d'Iaroslaw, et la fîUe sous celui de palatine de Vilna.

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