‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 94 sur 316 · CHAPITRE lU. — CONVERSION DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE lU. — CONVERSION DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI

le zèle du clergé latin pour la fondation du séminaire ruihène.

Ces efforts n'eurent pas de résultat sérieux; sauf peut-être quelques subsides du Saint-Siège,Rutski n'obtint aucun secours efficace, et pour fonder son séminaire, il dut recourir aux seules ressources, déjà si bornées, de son Eglise. 'En 1624, il demandait que le nonce de Pologne reçût Tordre d'assembler les évéques ruthènes et d'exiger d'eux une contribution annuelle en vue de l'œuvre projetée. Ses sufifragants étaient loin de montrer tous le même empressement pour cette fondation ; mais après une injonction du Souverain Pontife, ils ne pouvaient pas refuser les sacrifices que le métropolite s'apprêtait à leur demander ^

L'année s'écoula sans qu'aucune mesure* efficace fût prise dans l'intérêt de cette œuvre capitale. En 1625, Urbain VlU ordonna la tenue du concile provincial pour la métropole de Kiew, avec injonction de le célébrer à l'avenir tous les quatre ans. L'usage du royaume ne permettait pas aux évêques ruthènes de tenir un synode sans l'approbation du roi. Elle leur fut accordée au mois de mars 1626, et le concile se réunit dans les premiers jours de septembre à Kobryn, sous la présidence du métropolite. Les six évêques de Poluck, de Wlodimir, de Luck, de Smolensk, de Pinsk et de Przemysl étaient présents.

La principale affaire qui les occupa fut la fondation du sémi* naire. On décida qu'il serait établi sans retard ; et pour y attirer les enfants de la noblesse, on promit de recevoir gratuitement un certain nombre de gentishommes pauvres. Les prélats s'occupèrent aussitôt de former la dotation du nouvel établissement. - Le métropolite donna l'exemple de la générosité, et promit dix mille florins en quatre ans. Les évéques s'engagèrent, les uns pour deux mille, les autres pour mille ou cinq cents florins» suivant leurs ressources. Les représentants de la Congrégation basilienne promirent la huitième partie des revenus de tous leurs monastères, et offrirent celui de Minsk, avec la totalité de ses biens, pour y établir le séminaire. Ils s'engagèrent en outre à fournir des professeurs capables d^enseigner les lettres latines et les sciences ecclésiastiques en langue ruthène. Les contributions des évéques devaient être réunies dans un délai de quatre

1, Epist. Rutscii ad XJrhan, VIII, Cardin. Bandinium^ Adrian. Podbereski, Andrœam Eudemium S. J. etc. an, 1623, 1624.

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ans, etcoûsacréesà Tachât d'un domaine rural pour le futur collège.

Chaque évéque pouvait envoyer dans cette maison un élère par chaque centaine de florins versée dans la contributioQ commune. Les autres places restaient à la disposition du mélFOpolite. Le gouvernement de la maison fut remis au protoarchimandrile des Basiliens, assisté par des proviseurs nommés pu les évéques. Les proviseurs ne devaient rien faire sans Tordre de Tarchimandrite; et Tarchimandrite devait, k son tour, pendre compte de sa gestion au concile provinctaL

Toutes ces résolutions furent consignées dans les actes du concile, et des peines portées contre les évêques qui refuseraient de payer la contribution promise. Réduit à ces proportions modestes, le séminaire établi à Minsk état bien loin de répondre aux projets conçus d'abord par Rutski. Mais dans l'Ëglise, les œuvres qui produisent les plus grands résultats sont d'ordioaire celles dout les débuts sont humbles et laborieux, La fondation de cet élablissement était un heureux événement pour 1 Eglise ruthène, et on pouvait en attendre de grands fruits. Ces espé^ rances, hélas! ne furent pas réalisées; et ai de bons prêtres sortirent de cette maison, elle ne fournit jamais à la Huthénie les éléments d'un clergé vivant dans le célibat*-

L'assemblée s'occupa ensuite de porter remède à divers abus que rexpérience avait révélés. Pour éviter les malheurs occasionnés par la dispersion des archives ecclésiasUqaes, le concile ordonna que les titres de fondations et les privilèges des l'glises seraient confiés à la garde des évéques, qui en délivTeraient un reçu aux prêtres, et se tiendraient toujours prêts à les leur fournir en cas de besoin.

1. Une lettre de Rutski au P. Adrien Podberciki, du 7 mai 16i4, nout apprend comment était organisé renseignement donné aux futura popeà k Mmak et dans Técole établie pour eux à Nowogrodek. On leur expliquait en langue vtilgaire, le matin les controverses, le soir les cas de conscience. Pour camplt'ter cet enseignement, Rutski voulait prendre pour base le* livres de la Foi orthodoxe de S. Jean Damascène traduits en staron, et s*en servir cumme d'un canevas auquel on rattacherait toute la théologie, à Texemple des professeurs qui commentaient dans tes universités let livres lies Sentences de Pierre Lombard. « Les Rulhènes verront par là, â disait Rutski, que nous sommes de vrais Ruthènes et que nous avom € notre langue en honneur. »

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