CHAPITRE m. — CONVERSION DE MÉLÉTIUS SttOTRYCKI
La simonie» cette vieille lèpre de TÉglise ruthène, reparaissait toujours dans les ordinations, Tadministration des sacrements, la transmission des bénéfices et des églises. Les évèques s*engagèrent de nouveau à les combattre sous toutes ces formes, et à appliquer les peines canoniques contre les coupables. Pour établir Tunité dans le gouvernement de la métropole, il fut décidé que les évèques et le proto-archimandrite rendraient compte chaque année de leur administration au^ métropolite, qui enverrait ensuite à Rome une relation détaillée sur Tétat de l'Église ruthène. Si ce décret eût été fidèlement observé, Thistoire de PUnion ne présenterait pas les lacun S que nous rencontrons à chaque pas.
Une mesure plus sage encore coupa court à des abus, qui pouvaient créer de fâcheuses dissensions entre les moines et le clergé séculier. Les popes s'emparaient de certains monastères abandonnés et ne voulaient pas ensuite les rendre aux moines. Les moines, à leur tour, se faisaient attribuer des églises qui avaient toujours été desservies parles popes. Départ et d'autre on avait à se reprocher de véritables injustices, d'autant plus criantes à l'égard des popes, que les moines semblaient profiter de leur position privilégiée pour disputer à des pères de famille ^e pain de leurs enfants. Le concile ordonna à chacun des deux clergés de respecter le patrimoine de l'autre, afin que la zizanie ne fût pas semée entre eux. Enfin, pour assurer Tunirormité dans la pratique de la liturgie, les évèques convinrent de retenir auprès d'eux les prêtres nouvellement ordonnés, jusqu'à, ce qu'ils eussent appris les cérémonies du saint sacrifice et les rites des sacrements ^
Les actes du concile de Kobryn furent envoyés à Rome et reçurent la sanction du Souverain Pontife, le 6 décembre 1629,
1. Notons encore un décret qui défendait aux évèques de recevoir les moines de la Congrégation réformée, sans lettres de leurs supérieurs. Il parait que certains religieux montraient un fâcheux empressement à entrer dans les familles épiscopales pour mener une vie plus commode. Quelques-uns violaient même, avec une scandaleuse facilité, Tabstinence de la viande, si rigoureusement prescrite aux moines basiliens. En 1623, Urbain VIII ordonnait à Ruteki de veiller à la suppression de cet abus, et de faire observer Tabstinence, même par les évèques, quand leur santé ne ies dispensait pas de cette obligation. V. Theiner, Monum. Polon, t. III, p. 377.
après un double examen au sein des congrégations du Concile et de ïa Propagande. Avant cette approbation, Urbain VIll avait déjà donné son assentiment au projet du séminaire, et accorde mille écus d'or pour sa fondation. Il écrivit au métropoli Le et aux évéquesrullièûes, qu'il appelait les sept chandeliers de rÉglise noiale, et leur annonça qu'il voulait < bâtir avec « eux cette tour fortiriée» afin de défendre la vigne confiée à <t leurs soins, el établir une citadelle pour briser les efforts du « diable, dans ce Nord où Timpiété cherchait à placer son * Irône* b.
Oo a pu remarquer que TÉglise de Chelm ne fut pas représenlée au synode de Kobryn. Son évéque, Athanase Pakosta, était mort en 16^5t et tiutskilui avait donné pour successeur Théodore Mileszkicwicz, « un très excellent petit vieillard», nous dit Susza^ u qui avait bien mérité, durant longues années, ■ de rÉglise de Wlodimir par la prédication, renseignement de « la jeunesse et d'antres services signalés ». Il reçut la consécration épiscopale avec l'archevôque de Smolensk, Léon Kreusa, le jour des SS, ap^'jlres Pierre et Paul. Il était déjà malade : un ao après, jour pour jour, il mourut à Theure même où le métropolite lui avait imposé les mains ^.
Au lieu de nommer un autre évéque, Rutski résolut de mettre à exécution un projet qu'il méditait depuis quelques années. Le diocèse de Lilhuanie n'exigeait plus de son pasteur la même surveillance qu'autrefois. L'Union y était solidement établie, et uu clergé déjà nombreux pourvoyait avec zèle au service des fîmes, il n'en étaït pas de même dans la Ruthénie méridionale, où le défaut d'ouvriers évangéliques avait paralysé presLjue entièrement le dévouement des évêques. Rutski prit la résolution de se donner durant quelques années à cette partie délaissée de son troupeau. Il demanda et obtint du roi
i.Breite Urban. Vill, 22 aug. 1626, ap. Theiner, Monum. Polon. t. III» p. 379*
2. Sus^ai, De laboHbm nnUoi'um, ap. Harasiewicz, Ann. Ecc.Rulh, p. 309. — Nous trouvons daDS Theiner (Monum. Polon. t. III, p.380)uii bref d'Urbain Vlll à Sîgismond lH, (Ju 7 nov. 1626, dans lequel le Pape se plaint de i;ertaines irrègularUéa commises dans l'élection de l'évoque de Ghelm, contraire ment aux privilèges des évêques ruthènes. Il s'agit soit de la nomination de MileazkiewicZj soit de Tadministration confiée au métropo* lite, mais nous ignoroûs à quels abus cette pièce fait allusion.