ENTERREMENT DE S. DE BROSSE IO
et sépultures du Consistoire de l'Eglise réformée de Paris, détruits avec tant d'autres documents précieux dans l'incendie des archives de l'Hôtel de Ville en 1871 :
(( Salomon de Brosse, ingénieur et architecte des bastiments du Roy, natif de Verneuil, enterré à Saint-Père le 9* décembre mil six cent vingt six. »
« Du 9^ jour du mois de décembre 1626 a esté enterré Salomon de Brosse, architecte de la reine mère, au cimetière Saint-Germain. »
« Salomon de Brosse, nati (sic) de Verneuil, ingénieur [et en surcharge], architecte des bastimens du roy, a esté enterré le maircredi 9* jour de désembre mil Vl c 26 assisté de deux archers du guet (i). »
Nous avons eu occasion de le rappeler à propos d'un autre service funèbre : au xvii^ siècle, d'après l'édit de Nantes et les règlements de la police parisienne, les protestants, quelle que fût leur notoriété, devaient être enterrés sans aucune cérémonie extérieure dans Tim des cimetières qui leur étaient accordés dafts les faubourgs de la capitale ; il était interdit aux parents et amis de former aucun cortège à cette occasion, et cette règle était plus rigoureusement observée en 1626 qu'une dizaine d'années plus tôt, où nous avons vu quelques amis accompagner le cercueil d'A. du Cerceau ; d'autre part la discipline reformée n'était pas favorable, à cette époque, à la célébration d'un service funèbre par les pasteurs ; c'est donc en présence des seuls archers du guet que le corps de l'architecte du temple de Charenton, lut conduit à sa dernière demeure le mercredi 9 décembre 1626, soit de très bonne heure le matin, soit au contraire à la nuit tombante, toujours suivant les règlements du temps. Le cimetière mentionné est celui qui se trouvait au faubourg Saint-Germain en face la chapelle Saint-Père, il cessa d'être utilisé après la révocation de l'édit de Nantes (1685) et disparut au xviii" siècle, mais son emplacement (2) est
(i) Registre d'octobre 1624 à août 1627 ; — registre de 1626 à 1641 ; — pièce originale ; Bull. hist. prot., 1855 p. 633, n. 2 ; 1863, p. 280 ; Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tirage à part, page 16.
(2) Bull. hist. prot., 1906, p. 252. Voir ci-dessus plan page 37 et note 4 de la page 38.
facile à reconnaître aujourd'hui encore : c'est la grande cour de l'imnieuble qui porte le n^ 30, rue des Saints-Pères, auprès de TEcole des ponts et chaussées. Là reposent Conrart, le fondateur de l'Académie française, Isaac Lemaistre (père de Lemaîstre de Sacy), Saumaise, plusieurs des Gobelin, et bien d'autres protestants qui, au XVII* siècle, comme Salomon de Brosse, ne furent pas seulement de fidèles membres de l'Eglise réformée de Paris, mais prirent placé, avec honneur, dans l'histoire des arts, des sciences et des lettres françaises.
Le cercueil de S. de Brosse n'avait pas eu un long chemin à faire pour être porté jusqu'au cimetière, car il demeurait alors dans ce quartier, probablement même dans cette rue.
MAISONS A PARIS lOQ