‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 28 sur 102 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

État de fortune de Salcmop de Brosse.

Ses enfants

§7. — Maisons à Paris. — Maisons et terres à l 'crncuH.

Nous aimerions, pour terminer cette étude biographique, pouvoir donner des détails circonstanciés sur la vie privée, la famille, la fortune de S. de Brosse depuis son arrivée à Paris jusqu'à la fin de son existence. Il nous a été possible seulement de glaner un certain rombre de renseignements épars, parmi lesquels nous réunirons d'abord ce qui a trait à ses habitations, à ses propriétés, à ses ressources diverses.

Dans une « épître » de 1619, N. Piloust vante la « courtoisie » de son collaborateur : c'est le seul trait du caractère de S. de Brosse sur lequel nous ayons une indication (i).

Quant aux maisons qu'il a habitées à Paris, S. de Brosse nous apprend, dans une quittance de 161 3, qu'il demeurait alors rue des Viciîz AïKjHstins (2). Plus tard, peut-être dès l'année suivante, et au

(1) Ci-après, p. 146 : édition dt- la R^glc générale d'architecture.

(2) Les du Cerceau demeuraient rue des petits Augustins (auj. Bonaparte, ci-dessus p. 28) et au premier abord c'est près d'eux que S. de Brosse a <h*i s'établir. Il y a eu sur la rive droite une rue des vieux Augustins allant de la rue Montmartre à la rue Coquillière (aujourd'hui rue d'.Argout et rue Ilcrold) tout près de l'hôtel de Soissons. Mais les Augustins s'étaient étal>lis ensuite sur la rive gauche et c'est entre le quai et la rue- Saint-Andrc-des-Arts qu'on a cherché remplacement rht In^-^i»; rie s fl. P,rn»;';r rlii ■•' ' ' ; -- !rs jjrntid'; \nBn<tins

moins pendant la construction du Luxembourg, il occupa un logement dans les dépendances du palais ; (notons à titre de curiosité que plus d'un demi-siècle après sa mort, sa petite-fille, de passage à Paris, était encore logée « à l'hôtel d'Orléans », c'est-à-dire au Luxembourg (i). En 1616 et 1617 d'autres documents disent simplement — ce qui concorde d'ailleurs — que S. de Brosse demeurait « rue de Vaulgirard près de Saint-Supplice (2). »

Mais en 161 6 Paul de Brosse déclare habiter « en la maison de son père qui est en l'hostel de Lucenbour (3). » La plainte qu'il dépose alors, et la procédure qui s'ensuit, nous font assister à quelques scènes assez pittoresques, prises sur le vif. Rue de Tournon se trouvait une auberge <( où pendait l'enseigne de la ville de Francquefort ». Beaucoup d'ouvriers travaillant près de là au Luxembourg allaient y prendre leurs repas et leur logement. Or, l'hôtelier était en fort mauvais termes avec Paul de Brosse. Le 25 janvier 1616 ils se rencontrèrent dans une petite rue voisine et eurent une dispute puis une lutte comme il y en avait si souvent alors ; devant le bailli et son procureur chacun donna une version différente, Paul de Brosse prétendant avoir été « poussé rudement » par Delaunay et « plusieurs com-

actuel. Du temps de Gomboust elle s'appelait « rue des Augustins » tout court. ÎSous avons vu (page 83) que Brosse avait élevé un portail rue Pavée.

« J'avais cru, disait M. Read — à propos de cette quittance de 1613 publiée par M. Guiffrey, — j'avais cru jusqu'ici qu'il habitait rue des Grands Augustins. Nous nous sommes souvent arrêté avec M. Ad. Berty devant le n° 3 et surtout le n° 7 de cette rue, nous demandant si l'une de ces maisons n'avait pas été la demeure de S. de Brosse avant qu'il allât prendre possession de son logis d'architecte au palais du Luxembourg » (Bulletin de la soc. des antiquaires, t. IX, p. 149).

(i) Abjuration à Saint-Sulpice de Gédéon de Petau et Anne de Brosse sa femme, 1677 (France prot., t. III, 2* édition, p. 199).

(2) Archives du Musée Condé à Chantilly ; Clermont en Beauvoisis, carton 126, pièce V 2) acte du 20 juin 1616. Archives de l'Oise, H. 624-5, 27 juillet ï6i7, cf. Bulletin de la Société de l'hist. de Paris, 1883, p. 88.

(3) Cf. Paul de Brosse, architecte, fils de Salomon de Brosse, documents de 1616 publiés par AI. J. Guiffrey dans le Bulletin de la Soc. de l'hist. de Paris, 1909, p. 184 et suivantes.

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