‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 29 sur 102 · MAISONS A PARIS III · texte numérisé non relu

MAISONS A PARIS III

pHces », qui « luy auroient donné un coup de halebarde et ung coup d'espée dont il est grandement blessé et offensé » ; Delaunay, au contraire, assurant que « Paul Brosse et ses alliez et complices, estans au nombre de deux cens et plus, seroyent venus en son logis avec armes offensives pour le tuer ». Un « maistre barbier chirurgien » du quartier se borne prudemment à certifier qu'il a « pansé et niédicamenté une petite plaie à la main et plusieurs meurtrissures au bras »

fie Paul de Brosse Deux mois après, celui-ci se trouvant « au bas-

timent de Thostel de Luxembourg », l'aubergiste vient y réclamer « quelques deniers » qui lui sont dus par les ouvriers, « le jour ordinaire que se faict le payement des sepmaines ». Paul de Brosse s'écrie qu'il faut V « épousseter », et le malmène quelque peu. Sur ces entrefaites survient notre Salomon de Brosse, que nous voyons là surveillant le travail sur les chantiers proches de sa maison et cherchant à apaiser la querelle : u Le père dudit Brosse les auroit fait cesser, s'estant informé de leur différend, tant dud. jour que du passé, lui auroit promis qu'au retour d'un nommé Gamard qu'il a voit envoyé audit Change il le rendroit comptent et luy feroit rendre toutes les choses qu'il disoit lui avoir été mal prises. » (Delaunay se plaignait qu'on eiàt fait du dégât dans son auberge). C'est tout ce que nous savons de l'intervention de S. de Brosse. Delaunay « voyant par luy que ce n'estoit parolles que de leur faict et non d'exécution » fit mettre Paul de Brosse en prison au Petit Cliàtelet... Sur quoi w les parents et cousins dudit Brosse, avecq les sergens assistés de sept

ou huict cens hommes luy auroient faict un grand scandale » Nous

lie savons comment finit cette petite histoire de batteries et d'attroupements qui mit en rumeur la rue de Tournon il y a trois cents ans. Retenons-en seulement cette image de V « architecte » et « entrepreneur » (S. de Brosse est ainsi qualifié), entouré de « parents et cousins » nombreux au milieu d'ouvriers beaucoup plus nombreux encore, et ayant sans doute plus d'une fois à intervenir dans de menus incidents de ce genre pendant la construction du palais près duquel il habitait.

IMus loin dans le faubourg Saint-Gemiain S. de Brosse possédait îue des Saints-Pères deux terrains, dont l'un avec une maison ; après

sa mort tous deux furent successivement vendus au filleul de S. de Brosse, autre architecte originaire de Verneuil, Salomon de la Fonds.

D'abord le 20 mai 1632, Paul de Brosse, architecte, ses frères et sœurs, (( et Jean de Rucquidort, écuyer porte-manteau ordinaire dti roi (i), au nom et comme curateur de damoiselle Judith de Brosse » ont, ainsi que « feue dame Florence Metivié » vendu « à Salomon de la Fondz, m^ maçon bourgeois de Paris », pour 4700 livres « une place dans laquelle y a une petite maison bâtie qui étoit de la succession desdits sieur de Brosse et sa femme, sise à Saint-Germain des l'rés lès Paris, rue Saint-Père (2), ayant issue par derrière sur la rue du Plessis (3). »

En outre S. de Brosse et sa femme possédaient dans leur « domaine commun » « une grande place et fonds de terre sis à Saintu Germain des Prés rue Saint-Père proche l'hôpital de la Cha- « rite (4). » Pour 9000 livres Judith de Brosse — depuis 1632 mariée à Jean de Sorbière et devenue veuve — la vendit le 12 février 1639 à S. de la Fonds (5).

La plupart des biens immobiliers de S. de Brosse étaient situés hors Paris, dans son pays natal. En 1613, s'intitule « sieur des fiefs de Royaumont et de Colombier sis à Verneuil sur Oise », dans un ensaisinement où il fait acte de suzerain relativement à des terres situées à Heumont et Maubuisson. Or, Royaumont est à quelque distance, sur là rive droite de l'Oise (6), à une lieue à l'ouest de Verneuil ;

(i) Parent de Marguerite de Ruquidort, femme de Baptiste du Cerceau et tante de S. de Brosse.

(2) Cette rue ne figure pas sur le plan de Gomboust, une vingtaine d'années plus tard. Serait-ce la petite rue qui joignait la rue des Deux Anges à la rue du Colombier (aujourd'hui Jacob) ? Ce terrain aurait alors occupé l'emplacement actuel de la cour d'entrée de l'hôpital de la Charité.

(3) Papiers Ch. Read, acte du 17 mars 1634, conservé dans l'étude de AP Simon.

(4) Ibidem.

(5) Une vue de ce quartier à cette époque se trouve dans le recueil de Marot (l'Hôpital de la Charité) et est reproduite dans la Topographie hist. de Berty, t. III, p. 219.

(6) Hameau de la commune de Nogent-sur-Oise (naguère Nogent-les -Vierges).

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