MAISONS ET TERRES A VERNEUIL II
Maubuisson et Heumont sont sur l'autre rive, dans le hameau dit ta rue des Bois, au nord de Verneuil, à la lisière de la forêt. Le Colombier est à Montlaville, au sud de Verneuil (i), et plus loin encore dans cette direction, nous verrons S. de Brosse devenir possesseur de divers fiefs. De Heumont au Plessis-Pommeraye, comme de Royaumont à l'Argillière, il y a environ six kilomètres à vol d'oiseau. S. de Brosse avait donc des intérêts sur des terres sittiées dans un rayon assez étendu, tout autour de son village natal (2).
Ses principales acquisition immobilières sont postérieures à ses travaux pour l'hôtel du duc de Bouillon, qui, sans doute, furent bien payés (3), et à sa nomination d'architecte général. Les principales datent des années 161 5 et 1617. S. de Brosse commença par agrandir l'héritage de Jean Brosse — propriétaire, nous l'avons vu — depuis
Là, à Monllaville, entre le rîi Alacard et la principale rue, sur la pente du coteau exposée au nord-est, se trouvait à côté du bien de Jean Brosse une autre terre roturière, celle de Rieul Tirlet (4), puis le petic fief de Saint-Quentin. Salomon de Brosse les acquit avant 161 5, car à la date du 15 février de cette année-là la marquise de \'erneuil déclare entre autres « un fief appartenant à noble homme Salomon de Brosse, architecte du Roy, appelé le fief de Saint-Quentin, con-
(i) Il y a aussi dans le voisinage de l'Oise, vers la « voierie Saraterir s
Noues, un autre lieu dit le Colombier.
(2) Nous publions (pièces justificatives X-Xl, p. 267-268) trois documents inédits que M. le marquis de Luppc a bien voulu rechercher pour nous, et nous communiquer (Archives du château de Beaurepaire, fonds Lamcth). On remarquera dans la première que l'acquisition faite par Charles de Lameth, seigneur c;e Beaurepaire, date de 1610 et que l'ensaisinement par S. de Brosse est seulement de 1613 ; les témoins sont deux beaux-frères de S. de Brosse : Israël Loisclcur alors « sergent traversier en la foret de Halatte » dont Verneuil, Maubuisson et Heumont longent la lisière occidentale, et Antoine Mctivicr. Iji lettre S de la signature de Brosse porte bien le petit trait transversal caractéristique que nous avons reproduit ci-dessus page i;
(3) Voir ci-dessus p. 46.
(4) Archives de Chantilly, terrii : .iprès pauc .;i (22 juillet 1578).
sistant en maison, cour et jardin, etc., au lieu dit Montlaville, tenant d'une part audit de Brosse, à cause de l'acquisition qu'il a faite, d'aultre à la rue qui mène au t\x (i). » S. de Brosse a fait hommage à la marquise suivant les us et coutumes du baillage de Senlis.
Les constructions, les unes faites, les autres remaniées par S. de Brosse sur ces divers terrains contigus sont sommairement décrites, après sa mort, dans un aveu fait par le fils de la marquise de Verneuil, Henri de Bourbon, évêque de Metz. Cette pièce, déposée aux archives de Chantilly (2), énumère entre autres redevances dues au seigneur de Verneuil par les héritiers de S. de Brosse : « Le premier jour de mai un mai vert planté devant la porte du château avec deux flacons de vin, l'un blanc et l'autre clairet », « au jour de Noël deux chapons » et « au jour Saint-Remy vingt deux sols parisis ».
L'(( hôtel seigneurial » consistait en « grand et petitte porte, court, ung grand corps de logis construit en thuille et un pavillon couvert d'ardouaize, cave, cuisine, rang d'estable et rang d'escurie, pigeonnier, poullier », bref toutes les annexes d'une belle ferme ; d'autre part sont les jardins et un clos « dans lequel y a un vivier à poissons ».
La même pièce mentionne 20 arpents de terre et 3 arpents de pré. Le tout appartenait au gendre de S. de Brosse, François de Hotman, écuyer, sieur de la Tour, à la date de cet aveu (1642), moitié en fief, moitié en roture (3), et la plus proche voisine était la sœur de S. de Brosse, Madeleine, veuve de Israël Loiselcur.
(i) Aveu cité par M. Read (Fr, prot., 2" éd., t. III, col. 200, avec cette trop brève indication : « Archives nationales » ; cf. notes de M. Flammermont dans les papiers de M. Read pour lequel il avait compulsé les archives de Chantilly).
(2) Voir appendice, p. 256.
(3) D'après une pièce du même dossier que l'aveu de 1642, aux Archives de Chantilly (carton 114, n" 16, GG), au conseil du 26 mai 1710 il est mandé « que le s' Lalouette a acquis la ferme et terre de Saint-Quentin sise à Verneuil moyennant 7500 livres dont partie montant à 2240 1. est en fief et 5260 1. en roture », et voici un nouvel état des lieux, quelques années plus tard (vente du 28 février 1714, à P. Dauvergne : Etude Horde et de Saint-Leu, notaires à Senlis ; M* Delaunay à Senlis possède beaucoup d'actes signés de ces deux notaires) : « Une maison sise à Verneuil-sur-Oise lieu dit Mont-la-Ville appelée